Blogueuse. Usages du syndicalisme et des logiciels libres contre le terrorisme d'État. Conscience de genre et solidarité de classe. Ségrégation raciale, salariale, et surproduction de masse.
Donc oui, tout le monde peut coder, et tout le monde peut bien coder. Nos foies, cœurs, et cerveaux fonctionnent tous à peu près de la même manière : il faut lire des livres et pratiquer
Il y a une tendance pédante et pathétique à faire passer la programmation pour une sorte de savoir d'arcane, relevant quasiment de l'alchimie (au sens de Francis Bacon et plus tard de Cory Doctorow, c'est-à-dire avec un protocole expérimental extrêmement pauvre et non réplicable), que j'imagine émaner de personnes ne sachant pas, ou à peine, coder correctement
@N_Henin Et c'est parfaitement cohérent avec le délai de la mise en production de ses cybertrucks pour 2024, son développement d'interfaces de lecture dans les pensées, et avec des achats privés par des milliardaires en terres arables. Je l'avais prévu et je vois les différents éléments de ce génocide climatique à venir se préciser petit à petit.
« C’est ça pour moi le populisme méthodologique, cette notion rejoint ce que Giddens avait appelé agency, c’est-à-dire l’agencéïté, la capacité d’action que n’importe qui peut avoir, la marge de manœuvre de tout acteur. »
« Moi, j’étais dans un héritage plutôt de type Balandier. Georges Balandier avait plusieurs mérites, d’abord pour lui, il n’y avait pas de distinctions fondamentales entre sociologie et anthropologie, ce que je pense profondément. Et ensuite il a vulgarisé en France l’école de Manchester, c’est-à-dire toute une série d’anthropologues anglais qui ont travaillé autour de l’Afrique du Sud et qui, les premiers, ont parlé de la situation coloniale, ont parlé des interactions entre la domination coloniale et les populations locales, ont parlé des réseaux de migrants, etc. »
« Petit à petit, on s’est rendu compte qu’on était en train de lancer un labo important, mais au départ on voulait juste faire une équipe entre des gens qui s’entendaient bien et avaient une confiance mutuelle. »
Jean-Pierre Olivier de Sardan, « La rigueur du qualitatif », 2008.
Et je ne sais pas si ce fil plaira à tout le monde, mais il a pour mérite d'émerger d'une série de prises de notes sur mon RCP, Denote. Ce sont des réflexions réelles, tirées de mes observations du monde réel (c'est-à-dire de l'internet, et pas de réflexions sur des réflexions sur des réflexions sur, au final, plus grand-chose).
Le blog en lui-même a toujours eu pour vocation de fournir d'interface de réflexion et de structuration de notre vie personnelle. La timeline du microblog est conçue pour occuper indûment ce rôle. C'est sans doute pour cette raison que je n'utilise jamais mieux le microblog que lorsque je suis intellectuellement productive, puisque je suis déjà réflexive sur des événements du monde réel.
À l'inverse, être réflexif·ve sur sa TL, c'est commenter par exemple des événements complexes comme The Bad Space ou le conflit israélo-palestinien, en cherchant absolument et a priori soit à déterminer qui est le gentil et qui est le méchant, soit à proposer une nuance qui se réduira au final à une négation des responsabilités de chacun·e (« on est tou·tes ensemble contre Facebook, faites-vous des câlins »). Le microblog est littéralement conçu pour ça. C'est un phénomène systémique !
Quand je pense qu'il y a des élèves/étudiant·es qui font des hors-sujet car c'est à peu près leur seul endroit où développer des idées…
Mon blog est peut-être mauvais. J'y travaille ! Mais mon RCP me permet de me « décharger » en toute sérénité, pour ne pas euh, mettre dans mon partiel qu'une prof qui étudie la prison est complètement passée à côté de la maltraitance que subissaient les prisonnièr·es (j'ai eu 6/20). Même si c'était important, ce n'était pas le meilleur moment pour le dire.
C'est aussi la fin de notes de bas de page assassines dans mes prises de notes, ce qui au final m'embarrasse quand je les relis.
Avec un réseau de connaissances personnelles (RCP) comme Denote (cf. Emacs et sa communauté de blogueur·euses), Logseq, ou Obsidian, les hors-sujet sont une bonne chose puisqu'il suffit ensuite de le couper-coller dans un nouveau fichier et de faire un lien, et hop, tu as ajouté des connaissances à ton RCP.
Ça vous dit on se fait une partie d'échecs ? On indique juste les déplacements et les cases (pour l'accessibilité) et læ premièr·e à bouger une pièce joue blanc. Je suis une quiche à ce jeu ^^'
Bortzmeyer a dit un jour qu'Alda avait fermé witches.town sur un caprice, donc je tiens à rappeler que cette instance fournissait, à des personnes queer qui venaient de fuir une situation de violences domestiques, qui est littéralement l'usage de Twitter, un semblant de communauté et de solidarité.
Donc quand des personnes se retrouvent subitement dans des situations de forte solidarité elles sont animées par un besoin de faire des choses et aussi de le symboliser, notamment à travers des jeux, qui sont une situation de déstabilisation sociale dans le cadre d'une situation sécurisante (les règles du jeu).
Ce que Facebook a provoqué en envoyant des emails à des admins de grosses instances, c'est un appel à les déstabiliser, dans le cadre encore rassurant (mais à défendre) du fédivers et donc d'une non-fédération avec Facebook (ou avec Twitter). Ce qui a indubitablement limité les vagues de migration depuis Reddit, et sali l'image du protocole ActivityPub (qu'il faudrait renommer “protocole Standard” mais c'est une autre question – “hey, tu peux me retrouver sur le protocole standard à l'adresse @oceane!”).
L'oppression n'étant que de la maltraitance institutionnelle, et donc de facto plus ou moins perçue comme légitime, et la maltraitance n'étant qu'une arnaque impliquant une relation prolongée entre l'escroc et la victime, tout·e capitaliste sait qu'iel devra partir un jour ou l'autre avec l'argent accumulé avant de se faire prendre. Facebook était vouée à disparaître ; mais aucun escroc/maltraitant ne veut pour autant tuer la poule aux œufs d'or. Classique inversion des rôles, Zuckerberg, comme tout capitaliste, est la racaille que les bourgeois voyaient dans les plus pauvres des pauvres, état où iels “vivent de raclures”, dégradation morale de læ pauvre, ou peut-être des capitalistes et plus généralement de tout un modèle social, comme l'a montré Simone Veil : je ne crois pas que sa stratégie serait de porter atteinte au fédivers, car il en est incapable, sinon il l'aurait déjà fait ; sa stratégie est de meurtir nos communautés par tous les moyens pour repousser la chute de Facebook, raison pour laquelle je veux contribuer à le faire comparaître à La Haye.
Pour moi, en tant qu'étudiante en sociologie, la seule question est “comment gèrera-t-on le prochain jalon de la massification de l'internet libre?” “Comment empêchera-t-on une entreprise comme Facebook de salir ce protocole et de porter atteinte à nos communautés ?”
Il faudrait par exemple fournir un exutoire intégré à ce protocole, sous la forme littérale d'un jeu. Pourrait-on faire un tel jeu avec les outils existants ? Sous format textuel ?