Blogueuse. Usages du syndicalisme et des logiciels libres contre le terrorisme d'État. Conscience de genre et solidarité de classe. Ségrégation raciale, salariale, et surproduction de masse.
@Camille_Poulsard 2. Le protocole ActivityPub est par essence modulaire et productiviste, les récènes sont de toute façon productivistes, et Bonfire utilise ça pour proposer des affordances qui nous permettent d'agir, plutôt que de canaliser cette productivité dans la production d'un avatar picture perfect.
Les récènes en général ne nous fournissent que des affordances (des entités non-vivantes qui nous permettent d'agir) pour paraître, tandis que Bonfire nous fournit des affordances de création d'événements, de création et d'assignation de tâches, de boutiques en lignes, etc. pour être, dans le sens le plus simple de dignité humaine, en rapport justement à notre travail. Bonfire vise à nous faire nous réapproprier notre travail.
Je parle un peu de cette question du spectacle (Guy Debord, 1967) dans un PDF ci-joint.
@Camille_Poulsard 1. Alors, Diaspora* est basé sur un modèle dit OCAP, et sur une séparation stricte entre publication et commentaire.
Utiliser les mêmes types d'objets pour des publications et des commentaires, qui impliquent un effort et un rendement intellectuel très différents, est malsain car ça nivelle par le bas, on récompense les deux de la même manière ; et comme les récènes sont conçus pour être addictifs sur un modèle capitaliste, et qu'ils sont particulièrement addictifs pour des personnes confrontées à des plafonds de verre, l'addiction étant assouvie en étant récompensé·e par des notifications d'approbation, alors ils les empêchent d'incorporer du capital culturel (ça avec le déficit d'attention qui va avec).
Des intérêts numériques que je dirais directs, on pourrait parler de rationalité instrumentale, visent à maintenir les improductif·ves improductif·ves et à les empêcher de conceptualiser la maltraitance qu'iels subissent. Les limitations de signes ont notamment cette visée.
Des intérêts économiques que l'on pourrait dire axiologiques, rendant compte de l'adéquation de l'action à des valeurs, à la défense d'intérêts bourgeois communautaires, s'articulent aux récènes en les promeuvant, afin de nous empêcher d'utiliser l'internet pour développer une conscience de classe dans une organisation de la médiocrité, de manière plus générale (j'appelle « médiocrité » un état abstrait, inatteignable pour un être humain vivant, mais vers lequel les récènes et son organisation nous font tendre).
D'autres aspects de Mastodon, comme la mise en avant de biographies et de profils, rendent leurs utilisataires plus vulnérables à une souillure de leurs parts sociales, par une mise en contact avec ce qu'Émile Durkheim appelle le profane. C'est un dispositif de pouvoir (au sens de Foucault) dans la mesure où certaines personnes peuvent rester scotchées à leurs écrans en recherche de rites de purification (par exemple certains tropes autour de la sécurité informatique peuvent renvoyer à une séparation symbolique entre l'environnement AFK et une âme (au sens de Durkheim encore une fois) entièrement investie dans les TIC informatiques utilisées.
Désolée je veux dire par là que le délire du « Igor » bah c'est un délire sur la trisomie 21 et que faire des blagues dessus c'est faire des blagues sur des personnes trisomiques, ce qui est inacceptable pour moi.
Et on arrivera à rien tant qu'on ne pourra pas produire un discours unitaire contre les violences handiphobes, quels que soient les handicaps concernés
@Camille_Poulsard Haha c'est moi qui ai fait le néologisme, « les RSN » (« Réseaux Sociaux Numériques ») → « les récènes ».
J'avais besoin d'un terme pour neutraliser la fausse promesse d'un internet libre et de masse, et je devais donc surtout enlever le mot « social » (« média social » n'est pas satisfaisant non plus pour cette raison)
Pardon j'ai partagé un truc hyper validiste (j'ai retiré le partage) et c'est pas parce que je suis autiste et psychotique (et que j'ai douillé pour ça) que je peux me moquer des adelphes trisomiques
@tournesol Cwtch est un logiciel de communication sécurisée, chiffré de bout-en-bout, de pair-à-pair, et passant par Tor, mais les serveurs Cwtch peuvent héberger temporairement tes messages (si t'es déconnecté·e) et les conversations de groupe
Pour donner un autre exemple bah le PDG de CD Baby a posé une question embarrassante à Steve Jobs donc Steve Jobs a révoqué les contrats de ses artistes avec iTunes, et comme c'est un mec bien il a remboursé ses artistes des frais d'inscription sur iTunes, ça lui a coûté 200K dollars (mais il dit que ça l'aide à bien dormir).
Si t'es un·e artiste indé et que tu critiques Valve, tu peux te faire tej du Steam Store, je sais pas si ça s'est déjà fait mais ça choquerait personne lol.
Bah si t'es un·e contributaire à GNOME, que tu publies un billet de blog sur System76, en respectant le code de conduite, et que tu te fais tej du projet GNOME t'auras probablement une mega controverse et tu seras réintégré·e, on est un syndicat décentralisé lol
Les logiciels libres sont par exemple des espaces où la seule exigence quand un·e développeur·euse (comme par exemple Brainblasted au sujet de System76) dénonce un comportement problématique, par exemple dans la relation d'une entreprise à un projet libre, est de suivre le code de conduite et donc de ne pas parler au nom de l'organisation si ce n'est pas approprié, de ne pas faire d'attaques gratuites, etc.
Il me semblerait beaucoup plus compliqué, pour par exemple un·e salarié·e d'un petit studio indé, de call-out le comportement de Valve