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Océane @oceane@peculiar.florist
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Si les ordinateurs sous leur forme actuelle ne sont pas un empouvoirement de masse mais au contraire une aliénation de masse, alors Windows et le web 2.0 (avec les efforts discrets mais très actifs et déterminants de Google) n'ont rien démocratisé du tout ; ils ont popularisé la sous-traitance de dizaines de petites tâches administratives.

C'est contre cette informatique-là que nous nous battons.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Qu'un bon nombre de professions de cadres, dont les opinions, produits d'une introduction à l'écriture dans un environnement safe (qui n'était donc ni Twitter ni Mastodon), sont surreprésentées ici (comme les vécus et les expériences de victimes de maltraitance sont généralement sous-représentés dans la société civile) défendent l'usage de Windows pour faire tourner des progiciels est une chose, mais je pense qu'installer ce système d'exploitation devrait être une option parmi d'autres, pour ses études, au lieu d'être l'environnement par défaut.

NB : on trouve une continuité entre cette prédation notamment culturelle de Microsoft et la manière dont l'infocom en Europe est bouffée par des contrats d'exclusivité entre Microsoft et les universités européennes, en échange de financements ; donc indirectement par la doctrine Fioraso. Nos chercheur·euses sont formé·es sur Windows et se retrouvent à parler de "clictivisme", pendant qu'outre-Atlantique on lit Derrida.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Au sujet de Google, les premiers n'avaient pas de marché d'applications tierces, pas d'applications de réseaux sociaux, et pas de fonctionnalités de modification de documents, juste un clavier pour interagir avec l'interface et faire des requêtes dans Safari.

C'était l'année de l'introduction de l'iPhone par Steve Jobs, en 2007, que
a flairé le bon filon et a signé un partenariat avec le pour afficher les messages des participant·es, grâce au système d'étiquetage des posts développé par @chrismessina, sur un écran géant.

Les utilisataires ont donc commencé à utiliser
dans leurs navigateurs web, et surtout a introduit le Play Store dans , donc les "journalistes" tech ont commencé à critiquer les iPhone, amenant Apple a choisir, parmi d'autres options, de dégrader son UX et de s'aligner.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Cela dit en passant – je mets en garde mes adelphes handi·es contre ce que j'appelle l'antivalidisme libéral, consistant à glisser de l'idée selon laquelle l'assouvissement de nos propres besoins anthropologiques (boire, manger, dormir, sortir, se laver, se divertir, socialiser…) et sociaux (faire des études, avoir des enfants, etc.) ne serait pas suffisamment considéré et soutenu par la société comme par nos proches – habiterait-on dans un logement sans douche ? – vers une idée d'emmerdement général des valides et de priorisation de la satisfaction de ses propres besoins, au détriment de ceux d'autres personnes valides et même (et surtout !) d'autres personnes handicapées. C'est non seulement une mise en échec de toute tentative de systématisation de l'antivalidisme, mais c'est aussi une violence intracommunautaire, particulièrement douloureuse et consubstantielle d'une forme de gaslighting.

Mais c'est aussi un travers que l'on retrouve fréquemment chez les pauvres, dont les dispositions populaires sont une conséquence parfois heureuse ou malheureuse d'une forme d'aliénation. Je vois à titre personnel de l'épuisement dans les dispositions populaires découvertes par Bernard Lahire.

Or, les réactions des cadres sur ce réseau social parmi d'autres à toute mention des logiciels libres ne sont pas seulement
conceptuellement à l'intersection du validisme et de la classe sociale, c'est à la fois une violence handiphobe et de classe.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Dans le sens où leurs interlocutaires se sentent ineptes dans leurs chairs à la fois en tant que personnes pauvres et en tant que personnes handicapées.

C'est cool si vous vous éclatez sous Photoshop, mais l'aliénation de masse de Microsoft Windows vise tout particulièrement les pauvres et atteint plus grièvement encore les pauvres handicapé·es (notamment car l'informatique propriétaire, comme le capitalisme en général, repose stratégiquement sur des atteintes à tout sentiment de valeur propre chez leur "clientèle", avec des dépressions à la clé). Croyez-le ou non, mais vos ressentis n'ont pas plus de valeur que ceux d'une personne ayant rejoint Twitter en espérant qu'un millier d'abonné·es la soulage de sa dépression.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Que des cadres trouvant dans leur travail ce sens qui fait parfois honneur à cette PCS, qui dans tous les cas n'est pas un bras d'honneur à des enfants pauvres ambitieux mais réorientés vers des voies de garage, grâce à des logiciels propriétaires exclusifs à Windows et macOS est effectivement tout à leur honneur ; mais faites attention, s'il vous plaît, à la violence de vos réactions lorsqu'iels vous supplient d'investir des ressources, de l'argent, votre audience dans des alternatives insuffisantes mais libres et donc conceptuellement plus émancipatrices qu'aliénantes.
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