Cela dit en passant – je mets en garde mes adelphes handi·es contre ce que j'appelle l'antivalidisme libéral, consistant à glisser de l'idée selon laquelle l'assouvissement de nos propres besoins anthropologiques (boire, manger, dormir, sortir, se laver, se divertir, socialiser…) et sociaux (faire des études, avoir des enfants, etc.) ne serait pas suffisamment considéré et soutenu par la société comme par nos proches – habiterait-on dans un logement sans douche ? – vers une idée d'emmerdement général des valides et de priorisation de la satisfaction de ses propres besoins, au détriment de ceux d'autres personnes valides et même (et surtout !) d'autres personnes handicapées. C'est non seulement une mise en échec de toute tentative de systématisation de l'antivalidisme, mais c'est aussi une violence intracommunautaire, particulièrement douloureuse et consubstantielle d'une forme de gaslighting.
Mais c'est aussi un travers que l'on retrouve fréquemment chez les pauvres, dont les dispositions populaires sont une conséquence parfois heureuse ou malheureuse d'une forme d'aliénation. Je vois à titre personnel de l'épuisement dans les dispositions populaires découvertes par Bernard Lahire.
Or, les réactions des cadres sur ce réseau social parmi d'autres à toute mention des logiciels libres ne sont pas seulement conceptuellement à l'intersection du validisme et de la classe sociale, c'est à la fois une violence handiphobe et de classe.