Comment échapper individuellement à cette emprise cognitive ?
1. En utilisant IRC, qui en raison du peu de place prise par chaque message, sur la plupart des terminaux, traditionnellement en ligne de commande, rend la communication plus fluide, les échanges plus légers, et rendant tout déterrage de cadavre complètement inutile. J'y ai déjà tenu des propos insultants envers les artistes Bandcamp pendant une demi-heure, j'y suis revenu quelques mois plus tard pour présenter des excuses, une modératrice m'a fait remarquer, ni sèchement ni gentiment mais comme une simple information, que tout le monde l'avait probablement déjà oublié et donc que présenter mes excuses aussi tard avait probablement l'effet inverse.
2. En installant Emacs. Entre l'email, le commentaire, le SMS, le tweet, le toot, le message sur IRC, la publication sur Diaspora*, le billet de blog, le rendu universitaire, les notes personnelles, etc., tout écrire au sein d'une même interface et dans un même format de fichiers, Org-mode, dont les limites sont sans cesse repoussées et pouvant être exporté dans quasiment tous les formats existants – PDF, livre électronique, Markdown, texte brut, calendrier, flux RSS, Gemini, etc., et en permettant de faire à peu près tout ce que l'on peut réaliser avec du papier, de la liste de tâches à la prise de notes de cours, ce format permet de désessentialiser, de dé-sacraliser le rapport à la lecture et aux devoirs scolaires imposé par l'hideux système de notation scolaire, visant bien sûr à assigner les pauvres à une place dès leur enfance et leur adolescence, mais aussi à détruire leur rapport à l'écriture (et donc leurs dispositions planificatrices, leur rapport au milieu médical et à leur santé, etc.). (Il ne s'agit pas de résumer les pauvres à une forme de manque mais de souligner qu'une guerre leur est menée et qu'elle vise notamment à les marquer, à les discipliner, à former des dispositions.) À l'inverse, avec Emacs j'apprends très vite à considérer un texte (que je lis ou que j'écris) pour ce qu'il est : une ressource contenant des paragraphes et des idées, elleux-mêmes des ressources autonomes mais pouvant s'articuler en une ressource autonome, gouvernée par ses propres lois, et bien plus puissante.