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Océane @oceane@peculiar.florist
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Je veux faire un billet pour être le plus claire possible : à quelques exceptions près, les gauchistes sur le microblog sont des manches. Mais je ne sais pas par où commencer… (Et je dois faire une grille d'entretien pour ce soir)

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Océane @oceane@peculiar.florist
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Je vois quatre raisons d'utiliser Mastodon :

1. Comme Eugen Rochko, vous êtes vraiment nostalgique du « bon vieux temps » de Twitter. Vous êtes l'équivalent d'un client du McDo et honnêtement, je ne veux pas entendre vos excuses.

2. Du point de vue de la conception de nos modalités de communication, Mastodon est à Twitter ce qu'une soirée Taboo avec des scouts bien bourrins et donnant 5 red flags par soirée est au même laps de temps consacré à ramer sur un radeau, avec des coupe-vents récupérés du camion, sous une pluie battante. Du coup vous en êtes arrivé·e à considérer que ces scouts étaient ce qu'il se faisait de mieux en matière d'expérience sociale.

3. La faiblesse des contenus consommés en tant que ressources, eux-mêmes produits du déni de vos abonnements, créent en vous un sentiment de dépression que vous convertissez en déni par un mélange d'addiction (plus ou moins maîtrisée) à des notifications d'approbation et de quasi-délire communautaire. Partager des contenus politiques, par exemple, crée en vous un sentiment de résistance à un environnement social biberonné aux médias bourgeois, vous donne le sentiment d'être au moins en bonne compagnie, avec des personnes qui politiquement vous protègent. C'est illusoire car une communauté est fondée sur la coprésence, ce que le microblog est conçu pour rendre impossible ou alors réservé aux personnes déjà insérées socialement (les messages privés sur une base d'invitations uniquement, il n'y a pas de salons publics sur Twitter).

4. Le mécanisme d'agrégation de Twitter/Mastodon, une copie particulièrement faible des flux RSS, vous est objectivement utile pour vous informer, et vous n'en connaissez pas d'équivalent.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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J'ai vu des communautés politiques décimées par Twitter, et j'ai d'ailleurs été maltraitée par des syndicalistes actif·ves sur les réseaux sociaux, sur Twitter, sur Discord ; lorsqu'une femme trans qui m'a d'ailleurs tenu des propos transphobes et particulièrement graves a dit à une camarade parlant à un autre camarade, cisgenre, ayant dormi dehors pour assister à un congrès local duquel il avait été exclu de lui dire que ses propos étaient indécents envers les personnes qui dormaient dans la rue, c'était Zuckerberg et Dorsey qui s'exprimaient à travers elle.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Bref, je sais pas comment le dire autrement mais mon ressenti par rapport au microblog est à peu près le même que cette affiche sur le covoiturage ayant tourné récemment : quand tu fais de la politique sur le microblog, tu fais de la politique avec Hitler.

Je pense littéralement que le terme « réseaux sociaux » ou autrement dit le techno-socialisme est au XXIe siècle ce que le national-socialisme était au XXe. Nous avons été détourné·es de plus de communication, plus de dialogue, plus de démocratie ; des blogs et des flux RSS par la même classe sociale pour le compte de laquelle ou en réaction à laquelle l'ensemble des crimes contre l'humanité est commis. Moins d'un an après le rachat de Twitter par Elon Musk, qui affiche le logo « KKK » sur celui d'un véhicule modulable, très rapide, et très résistant (voire dangereux), contrôlable et désactivable à distance, comprendre le techno-socialisme au prisme des réseaux sociaux donne une très bonne image de la dangerosité et de l'actualité du courant libertarien : de jeunes milliardaires, partis de quasiment rien, ayant exploité (comme Bolloré et tant d'autres) une addiction contemporaine pour s'enrichir, et de par leur éducation un peu rustre n'ont pas l'intelligence de faire passer leur idéologie fasciste par des séries de
proxies ou par des messages plus élaborés, comme en ce qui concerne le contrôle d'M6 par la famille Moln, chaîne de télévision donnant honte aux enfants de pauvres d'être à leur place sociale, et érodant en eux toute capacité de devenir une classe sociale pour soi, défendant donc les intérêts de la classe bourgeoise en rendant nos enfants dépressifs. La méthode Bolloré, ou Musk, est beaucoup plus franche et beaucoup plus ouverte, mais ce n'est que du point de vue de leur manque de discrétion que ces cas sont remarquables.

La même classe sociale ayant porté Hitler au pouvoir a aussi porté Trump au pouvoir, nous empêche de nous organiser face au chaos climatique à venir, nous empêche plus généralement de défendre nos droits, et a sans doute joué un rôle dans l'érosion de la masculinité en tant que communauté morale, la religion étant de ce point de vue une poche de résistance (mais quand même attaquée par la bourgeoisie, rien ne doit subsister). Les réseaux sociaux, comme chaque crash cinématographique de Disney, y jouent un rôle.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Comment échapper individuellement à cette emprise cognitive ?

1. En utilisant IRC, qui en raison du peu de place prise par chaque message, sur la plupart des terminaux, traditionnellement en ligne de commande, rend la communication plus fluide, les échanges plus légers, et rendant tout déterrage de cadavre complètement inutile. J'y ai déjà tenu des propos insultants envers les artistes Bandcamp pendant une demi-heure, j'y suis revenu quelques mois plus tard pour présenter des excuses, une modératrice m'a fait remarquer, ni sèchement ni gentiment mais comme une simple information, que tout le monde l'avait probablement déjà oublié et donc que présenter mes excuses aussi tard avait probablement l'effet inverse.

2. En installant Emacs. Entre l'email, le commentaire, le SMS, le tweet, le toot, le message sur IRC, la publication sur Diaspora*, le billet de blog, le rendu universitaire, les notes personnelles,
etc., tout écrire au sein d'une même interface et dans un même format de fichiers, Org-mode, dont les limites sont sans cesse repoussées et pouvant être exporté dans quasiment tous les formats existants – PDF, livre électronique, Markdown, texte brut, calendrier, flux RSS, Gemini, etc., et en permettant de faire à peu près tout ce que l'on peut réaliser avec du papier, de la liste de tâches à la prise de notes de cours, ce format permet de désessentialiser, de dé-sacraliser le rapport à la lecture et aux devoirs scolaires imposé par l'hideux système de notation scolaire, visant bien sûr à assigner les pauvres à une place dès leur enfance et leur adolescence, mais aussi à détruire leur rapport à l'écriture (et donc leurs dispositions planificatrices, leur rapport au milieu médical et à leur santé, etc.). (Il ne s'agit pas de résumer les pauvres à une forme de manque mais de souligner qu'une guerre leur est menée et qu'elle vise notamment à les marquer, à les discipliner, à former des dispositions.) À l'inverse, avec Emacs j'apprends très vite à considérer un texte (que je lis ou que j'écris) pour ce qu'il est : une ressource contenant des paragraphes et des idées, elleux-mêmes des ressources autonomes mais pouvant s'articuler en une ressource autonome, gouvernée par ses propres lois, et bien plus puissante.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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3. En se lançant dans un défi , consistant à écrire 100 billets en un an. Dans mon cas, les premiers billets ont été laborieux, longs à écrire, vagues, et j'ai peu dormi, mais j'ai reconquis mon rapport à l'écriture. Utiliser un clavier mécanique est une expérience encore très différente, travailler en tant qu'étudiante en sociologie est désormais un plaisir, alors que j'avais mis 8 ans à avoir ma licence, mais je peux désormais exprimer des idées de manière synthétique.

4. En s'informant avec Elfeed, une extension d'Emacs. Il n'y a pas à ma connaissance d'autre bon lecteur de flux RSS, on dit du bien d'Inoreader mais il est limité en nombre de flux, ou alors payant,
et inséparable d'un navigateur web ; les autres lecteurs fonctionnent sur un système de rubriques plutôt que d'étiquettes, ce qui nous empêche par exemple de dire très simplement, « affiche-moi tous les contenus multimédia (podcasts, vidéos) francophones sur le véganisme auxquels je suis abonné·e », ou encore « affiche-moi toutes les publications OpenEdition portant sur l'architecture auxquelles je suis abonné·e ». Encore une fois, il n'y a pas de violence symbolique, vous utilisez Emacs à votre rythme et vous ajoutez des flux universitaires si vous en avez besoin et quand vous vous en sentez prêt·e ; par ailleurs, personne ne sait utiliser l'ensemble d'Emacs et vous pouvez très bien le considérer simplement comme un excellent lecteur de flux RSS.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Je soutiens totalement la promotion de Mastodon à des personnes accro à Twitter afin de leur permettre de se désaccoutumer et de passer le plus vite possible à autre chose, mais il y a un monde entre ça et proposer des patches de nicotine à des personnes bien-portantes. Même sous une forme assainie et chimiquement pure, le microblog est objectivement nocif à notre résistance au chaos climatique, à l'autoritarisme, et de là à des dictateurs de tout poil et à leurs génocides.

Les anarchistes que je fréquente AFK ne prennent pas les réseaux sociaux au sérieux, et considèrent qu'il ne s'agit que d'auto-fichage politique. Un bon travail peut être réalisé avec des blogs (par exemple avec Secours Rouge, Ritimo,
etc.) mais l'intérêt du militantisme sur les réseaux sociaux se résume à vulgariser des idées qui autrement seraient inaccessibles à leurs utilisataires. Je ne veux pas enjoindre des personnes accro au microblog à utiliser mes outils, mais vous devez avoir conscience de la menace politique que représente ce mode de communication.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Pardon, je reprends ce fil pour répondre à quelqu'un, qui m'a posé une question en privé. Cette personne a associé son compte Mastodon à son identité réelle et poste donc tout en privé par défaut, ce qui est une bonne idée (Diaspora* et Movim/PubSub pemrettent aussi de faire ça) mais tant que le protocole ne sera pas associé à un système OCap similaire à celui développé par Christine Lemmer-Weber (l'une des co-autaires de Mastodon), ça me paraîtra plus nuire à l'UX des abonné·es de mes abonné·es qu'autre chose.

Bon. La personne me demande ce que je veux dire lorsque je dis qu'il n'y a pas de progrès de l'état de l'art possible. J'ai déjà évoqué ça dans mon billet « Comment a-t-on pu croire le microblog compatible avec les logiciels libres ? », publié au format PDF mais pas sur mon blog (donc évidemment c'est de ma faute, vous avez mieux à faire de vos journées que de faire défiler mes shitposts).

L'un des arguments avancés pour défendre les logiciels libres est que le code source (la recette) des logiciels propriétaires étant inaccessible, seule une communauté de développeur·euses appartenant à des organisations (généralement à des entreprises) peut y contribuer ; on ne peut pas non plus, évidemment, prendre le code source pour faire partir le développement dans une direction différente. C'est typiquement ce qui s'est passé avec Owncloud, dont l'un des fondateurs avait pris le code source pour fonder Nextcloud, ou encore avec FreeBSD, dérivé de BSD 4.4-Lite, lui-même dérivé de 386BSD. C'est de cette manière que les logiciels libres évoluent, par exemple Red Hat a développé systemd et des contributaires au noyau Linux y contribuent aussi car ce gestionnaire d'init facilite le packaging de distributions Linux. (Red Hat, par l'intermédiaire de quelques salarié·es, contribue aussi au noyau Linux, notamment au système de fichiers Btrfs, ainsi qu'à l'informatique personnelle avec Fedora, GNOME, Flatpak,
etc.)

À l'inverse, il est déjà difficile de débuguer certaines applications sur des OS propriétaires, et le projet Krita a fait un billet de blog à ce sujet ; on n'a pas accès au code source, on ne peut donc pas le récupérer pour son propre projet ni même y contribuer. C'est pour cette raison que si par exemple Facebook fermait, toutes les connexions établies sur cette plateforme disparaîtraient (tandis que Mastodon a pour mérite d'être décentralisé).

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Océane @oceane@peculiar.florist
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Or, comme les réseaux sociaux (copiés par Mastodon) sont conçus pour nous mettre en concurrence pour l'attention d'autrui, il est réciproquement difficile d'accéder à des informations pertinentes puisque notre propre attention serait une ressource alors plus abondante. C'est pour cela, AMHA, que de nombreux comptes Mastodon répète généralement la même chose, et plus encore sur les média sociaux traditionnels (Instagram, Twitter, etc.)

On sait que Bad Dragon est une entreprise peu fréquentable grâce à un post Tumblr mais ce service appartient d'une part à Automatic, le
lead developer de WordPress, ce qui signifie par exemple que les posts sont d'une longueur à peu près illimitée (il y a des travaux en cours pour implémenter ActivityPub sur ce service), d'autre part ce post a surtout tourné grâce au système d'URL, en particulier pas à travers le système habituel de « cinq sites web avec des captures d'écran des quatre autres ». Cette situation est voulue, c'est précisément pour ça que les Gafams dissimulent les posts contenant des liens externes.

En ce qui concerne Mastodon, ça reste une forme de microblog, les posts sont donc peu référençables et peu accessibles. On est un peu entre le cadre protecteur d'une communauté et le cadre politique d'un système de publication, ce qui le rend attractif pour certain·es journalistes, mais ça le rend AMHA plutôt mauvais pour deux cas d'usage en principe un peu inconciliables.

Typiquement, il est impossible de définir un URL cosmétique à l'avance, il est généré aléatoirement, ce qui fait que quand je joins un PDF à mes publications, je dois ensuite modifier mon post pour inclure l'URL pour être sûre que tout le monde puisse le voir. Je ne peux pas dire « ce sera dans océane.fr/static/storm.ogg car c'est dans ~/Documents/notes/blog/static/storm.ogg ».

Du côté de l'écriture, la publication dans un format de fil et l'impossibilité générale de partager ses écrits au format PDF (Firefish est une exception) crée une double dépendance envers une base de données privée d'une part – celle du serveur – où se mêlent fils publics et messages privés, et en la structure du fil d'autre part, où il est impossible d'ajouter de gros blocs de texte, où l'on doit publier nos paragraphes au rythme où on les écrit (ce qui contribuera évidemment à aggraver des symptômes de TDAH), que l'on ne peut généralement même pas modifier,
etc. Tout ceci est délibéré, c'est du biopouvoir (Foucault).

Donc d'une part, les publications sur Mastodon font rarement progresser l'état de l'art. D'autre part, elles n'ont pas le prestige d'un bon billet de blog, je ne sais pas comment dire ça autrement mais ce n'est pas « le blog personnel de Bruce Schneier », c'est « le compte Twitter d'Edward Snowden » (où il ne disait que des bêtises et qu'il a par la suite désactivé).

2/3 (oops i did it again)
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Un billet de blog est plus long, implique plus d'investissement intellectuel, plus de recherche qu'un post sur Mastodon. En fait, les seules personnes capables de faire 3h de recherches en ligne pour un post Mastodon sont accro aux réseaux sociaux et sans doute dépressives (faites-en un PDF, bordel ! – je dis ça d'expérience et je projette peut-être un peu trop).

De bons magazines existent sur Instagram, puisque c'est ce que les gens utilisent ; par conséquent le cadre est vertical, dans le format d'un téléphone, plutôt qu'horizontal, dans celui d'un ordinateur. Cumulativement (prise de contact avec des expert·es, réservation de lieux emblématiques, rédaction d'un script, production, montage,
etc.) une petite semaine de travail est sans doute investie dans un épisode d'un quart d'heure, mais cela reste à ma connaissance un excellent travail de vulgarisation. Je ne vois pas (du moins dans les aires qui m'intéressent, la sociologie et l'informatique) de bons fils ou de bons posts ne faisant pas autre chose que résumer ou synthétiser ce qui se dit ailleurs ; notamment car si c'est novateur, alors je peux prendre le temps de faire un brouillon et donc pourquoi pas d'en faire un document Org-mode ou Markdown, exportable sur mon blog ou au format PDF.

(À titre personnel, j'ai arrêté d'écrire des billets notamment car je dois d'abord revoir ma base de connaissances personnelles, voir ce que je supprime et ce que je passe en privé, puis l'alimenter pour pouvoir écrire de bons billets au débotté. Je veux parler du web dans une conférence ? Je cherche « _web », « _gemini », et « _emacs ».)

Dans l'idéal il y a donc une base de connaissances personnelles, comme Denote, Logseq, ou Obsidian (mais pas Notion, par pitié), qui peut permettre de faire de bons billets de blog mais aussi de très bons tweets ; parce qu'on a peut-être le recul de plusieurs années sur ces sujets, directement accessible sur son ordinateur. À l'inverse, si je fais un fil pour râler sur un sujet donné, on se situe plus dans le domaine de l'éructation, ou à la rigueur de l'aboiement ; et la double dépendance de mes sts envers une base de données et la structure du fil (ce qui précède et ce qui suit) rend mon style tout aussi pauvre et linéaire, proche de mon expression orale (voire identique). On se rapproche notamment de ce que les sociologues bourdieusien·nes qualifieraient de dispositions populaires, qui empêchent les utilisataires de réseaux sociaux de réussir à l'université (AMA, et d'expérience), tout en sachant que les pauvres produisent plus de trafic que les autres (AMA) et que ce trafic est de mauvaise qualité et plus généralement, dissimulé (AMA). (Dans le sens assez évident où typiquement, les cadres ne font pas que 9 % de mes abonnements, et c'est normal, les réseaux sociaux sont des infrastructures techno-socialistes/libertariennes et je veux de la qualité.)

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Océane @oceane@peculiar.florist
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Il y a donc, de manière générale et surtout du point de vue des pauvres, des bases de données conçues pour rendre nos publications accessibles, et ce à travers le temps et les années, les blogs ; et d'autres qui sont au contraire conçues pour faire enterrer un bon post au bout de quelques semaines. L'une de ces raisons est bien évidemment qu'un post sur Mastodon ou Instagram n'a pas de titre, et que la recherche par mots-clés est toujours entendue dans un sens collectif, avec les hashtags, sans que l'on ne puisse chercher les fils par autaire en fonction des mots-clés utilisés.

C'est moins un souci pour les cadres que pour les pauvres, sauf qu'historiquement l'état de l'art a notamment progressé (et continue de progresser) avec les pauvres et avec les mouvements ouvriers, qu'il s'agisse des revendications ouvrières du XIXe siècle ou des forums hybrides appelés par des sociologues modernes comme Bruno Latour.

On utilise encore le microblog dans des conditions relativement luxueuses puisque l'on peut, par exemple, faire fédérer son blog avec Write.As et donc permettre une recherche par mots-clés, même sur la base d'un simple export Denote -> writefreely.el -> write.as, mais il s'agit alors d'un moteur de blog d'un côté et d'un clone libre de Twitter fédérant sur un protocole ouvert et utilisé quotidiennement par environ 0,3 % de la population mondiale, de l'autre.

Quoiqu'il en soit, de mon expérience personnelle j'ai du mal à retrouver mes propres posts sur ce réseau, ce qui n'a rien à voir avec les possibilités de recherche et d'édition offertes par Emacs, git, et la ligne de commande. C'est un peu compliqué à expliquer mais je suis en train de travailler sur mon blog pour avoir plus une base de fichiers « plate » dont chaque billet comporterait idéalement autant de liens internes vers des billets antérieurs qu'ultérieurs, ainsi que vers ma propre base de connaissances personnelles, dont je compte publier une bonne partie ; on pourrait presque autant parler de blog que de wiki personnel (avec quelques distinctions de style et de présentation, les liens externes étant censés être réservés à des notes de bas de page).

Tout ceci pour dire que mes billets sont beaucoup plus facilement référençables et que les ressources qu'ils contiennent sont beaucoup plus accessibles, ce qui est un peu la base d'un commun (l'accessibilité, indépendamment notamment des niveaux de capital économique, culturel, social, et symbolique) ; une autre manière de le formuler serait de dire qu'un post Mastodon cesserait d'être un commun au bout de quelques semaines.

Or, moins c'est accessible, moins c'est un commun donc, moins ça peut faire avancer l'état de l'art, c'est justement le problème dans le milieu académique avec les maisons d'édition privées comme Elsevier. Le microblog (et les réseaux sociaux de manière générale) est donc incompatible avec les valeurs, les principes, et les enjeux des logiciels libres.

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