Blogueuse. Usages du syndicalisme et des logiciels libres contre le terrorisme d'État. Conscience de genre et solidarité de classe. Ségrégation raciale, salariale, et surproduction de masse.
Ils ont mis en exergue « Fairphone est transparente sur un semi-échec : il n’est pour l’instant pas possible, dans l’océan capitaliste dans lequel nous vivons, de produire un smartphone 100 % équitable. »
Non et ça ne le sera jamais, la production d'un smartphone sera toujours polluante et extractiviste, bande d'incompétents.
Même ta cantine pirate freegan est composée de légumes produits avec des phytosanitaires ou alors avec des coccinelles pour bouffer les insectes et paf, des animaux ont été tués pour tes carottes, alors tu fais quoi ? Tu arrêtes de manger ? (Et devenez vegans, c'est important, mais il n'y a pas de choix parfaitement éthique dans la mesure où tu dois tuer des insectes pour manger.)
Et on peut deviner que ce serait, in fine, le même problème pour les élèves dit·es « harceleur·euses » (bande de fumiers), qui « harcèleraient » parce qu'iels se sentiraient dans un sentiment d'insuffisance existentielle et de responsabilité face aux violences de l'institution scolaire et plus généralement de l'État sur leurs communautés et notamment sur leurs familles (leur harcèlement scolaire en faisant bien partie, donc une loi le pénalisant est bien évidemment une bonne chose, mais on retrouve autour de cette thématique une sémantique télévisuelle et parfois même parlementaire intellectuellement oisive de la culpabilisation et de la déshumanisation qui, comme pour l'emprise des récènes, n'améliore pas les choses).
On retrouve un même phénomène de « consumérisme » dans l'emprise des récènes, des supermarchés, et du marché de l'automobile, où l'angoisse (dont la production délibérée me paraît certaine) de mal gérer son temps ou son argent et donc d'en manquer en produit une mauvaise gestion, et donc la réalisation de cette angoisse.
Le terme de « consumérisme » m'apparaît donc comme du novlangue, des mots qui servent à faire perdre leur sens au langage, à rendre le crime de pensée (au sens de 1984, Georges Orwell) littéralement impossible, car en novlangue il serait impossible de penser le crime. Ce n'est en aucun cas une catégorie scientifique, mais au mieux et d'un point de vue un peu naïf, l'expression d'un mépris de classe à peine dissimulé par l'appareil médiatique « de masse » dont les récompenses ne visent pas à stimuler l'ingéniosité, toutes les dimension ingrates du travail, et le courage mais à s'auto-légitimer. On pourrait aussi penser que cette médiocrité serait organisée, comme certaines paniques morales tendent à le montrer – les personnes trans ne sont pas seulement des victimes marginalisées, un défouloir pour fascistes ; la communauté queer est présentement une menace culturelle pour l'ordre héréropatriarcal comme emprise patronale sur les foyers populaires, comme organisation d'une médiocrité « masculine » et « de classe » fondée sur le natalisme, l'antisyndicalisme, et le culte du chef.
C'est un post intéressant. Je pourrais lire des trucs plus intéressants ailleurs, là, maintenant, en posant mon ordi et en ouvrant un livre, mais bref :
Je suis étudiante en sociologie et je ne parle pas de consumérisme. Ce terme n'est que le mot « consommation » avec un suffixe en « isme », qui désigne bien une dimension quasiment dogmatique, voire religieuse (comme le bouddhisme, le catholicisme, etc.).
Il m'apparaît comme la stigmatisation du phénomène suivant :
Les pauvres ont peur de manquer. Les pauvres ont littéralement (ce n'est pas une figure de style) une angoisse existentielle de manquer de temps et de biens de consommation, notamment car leur santé mentale peut littéralement être en jeu ; la réponse en ce qui concerne, pour tout le monde, un mal-être existentiel, même passager, concernant par exemple le fait qu'on est fatigué·e, qu'on a du retard sur son travail, qu'il fait froid et qu'il pleut, peut être de poser son vélo et de prendre les transports en commun, voire (dans des cas qui personnellement ne me semblent pas nécessaires à mon mode de vie, car j'habite à 30 minutes en transports de mon université) la voiture.
De même, il me semble (et il y a de la documentation à ce sujet que je n'ai pas lue, car je suis une feignasse) que certaines classes populaires peuvent ne pas se faire de « curry végé » mais, à la place, des steaks surgelés car iels ont du mal à gérer leur argent car iels ont peur de manquer d'argent, et donc iels dépensent leur argent dans des produits ultra-transformés et iels ont donc du mal à gérer leur argent (c'est un cercle vicieux), et donc iels se dirigent vers l'alimentation la plus instantanément satisfaisante, facile à préparer, etc. (les TCA suivent une logique similaire, on dit ce qu'on veut mais voir son entourage se réserver certaines formes d'alimentation, ça n'aide pas).
C'est aussi un problème avec les récènes, des adolescent·es victimes de maltraitance scolaire (on pourrait parler de « harcèlement scolaire » mais je refuse d'évacuer l'administration du pays, et notamment le budget de l'Éducation nationale, et de réduire ce problème à des élèves qui, eux-mêmes maltraité·es, font du mal à d'autres élèves) peuvent avoir un sentiment d'insuffisance existentielle, de responsabilité face à la maltraitance vécue, et peuvent donc entrer très facilement dans une nouvelle relation d'emprise avec les ayants-droit de ces formes de communication pathologique (au sens d'Émile Durkheim : qui n'ont pas de fonction sociale).
Donc j'ai de moins en moins de patience pour des gauchistes ou même des étudiant·es de socio dont les études consistent à lire des livres, mais qui ne prendront jamais le temps de lire Absolute OpenBSD alors qu'un·e adolescent·e pourrait le comprendre, et je suis à deux doigts de proposer à mon prof d'anglais de lui faire un exposé noté exactement sur ce livre en lui développant pourquoi.
Et de fait, les SHS sont dominantes à gauche ; et de fait, il y a des rapports de domination entre des gauchistes qui ne savent pas résoudre une équation et des camarades ingés (comme les libristes) minorisé·es et opportunément taxé·es tour-à-tour de solutionnisme technocratique, de ne rien faire pour les personnes racisées (selon des personnes blanches), et que sais-je encore, ce qui est franchement ridicule (on a de plus en plus d'initiatives commençant par « girls who… », on a des bourses pour inviter des minorités de pouvoir à des conférences/bootcamps qui incluent le transport, etc.).
Comme je l'ai dit ce matin, si on produit une critique sociale séparée de toute dimension technique, alors on se contente de commenter des événements en réaction à la critique socio-technique la plus dominante dans notre champ (le milieu syndical/autonome/associatif).
Je parle vraiment d'un échec dans notre rapport à la technique, Marx a créé le matérialisme historique pour dire que la technique avait une précédence sur les idées de son époque et nous on est là « ouiiii mais non les récènes ne nous impactent pas politiquement après tout les ordinateurs ne sont que des machines à penser »
Écoutez je veux pas faire de violence symbolique avec ma licence de socio, imaginez je fais des burgers et dedans y a Das Kapital ? Mais vous vous rendez compte du nombre de producteurs confus qui auraient pu devenir woke et sombrer dans l'oubli, au lieu de devenir violents et de se mettre à véhiculer des thèses transphobes/d'extrême-droite, et donc de sombrer dans l'oubli ?
Je parle de producteurs comme Pen of Chaos par exemple, oui le personnage de la russe trans dans Les Aventuriers du Survivaure est transphobe (et raciste), mais le gars aurait quand même pu être récupéré, il avait des thèses vaguement anti-pub (style TheFantasio974), si on avait pas échoué il aurait pu être récupéré.
Je récapitule : en deux semaines, les personnels touristiques, guide et chauffeur, gagnent de quoi se payer 26 000 repas, à partager entre eux et, évidemment, le fisc de l'État cubain (un homme nous a accompagné·es pendant le séjour, notre guide ne l'aimait pas trop mais j'imagine que c'était simplement parce qu'il n'aimait pas le fisc).
Bah oui quand ton peuple a faim et que tes guides touristiques gagnent en deux semaines de quoi manger tous les jours pendant 30 ans, si t'es un dirigeant avisé tu redistribues une partie de cet argent pour nourrir ton peuple.
Je sais plus qui m'a dit, je ne sais plus où, que les médecins cubains touchaient moins que des guides touristiques, ou même de simples serveur·euses de restaurant.
D'où un problème systémique de… reconversion des médecins dans le tourisme. Moi j'appelle ça un drame.
Accessoirement, oui, parce que les touristes qui vont à Cuba sont pété·es de thunes, et donnent peut-être 100€ de pourboire par tête, dans un groupe de 30 personnes, ce qui représente une prime de (soyons modestes) 5000€/mois. Rappelons par ailleurs que Cuba a deux monnaies, une pour les citoyen·nes, et une autre pour (faire raquer) les touristes. (Un touriste de mon groupe a qualifié ça de « scandaleux », c'était pas le coûteux le plus affuté du tiroir, même pour moi qui, à l'époque, étais accro à Twitter.)
On a donc le pezos cubain, qui vaut 3 centimes, et le pezos pour touristes, qui vaut un dollar (ou un euro). On multiplie donc ces 5000€ par circuit (pas par mois !) par 26 pour avoir une idée du pourboire final. De mémoire, un repas coûte environ 5 pezos cubains (soit la même somme, en euros, en France).
Je vais le répéter un coup : pour publier il faut un investissement intellectuel ; il faut prendre le temps de se renseigner et de s'informer. Tous les investissements intellectuels ne se valent pas, et les miens sont plutôt médiocres. Je peux dire en revanche sans trop de doute que fournir les mêmes affordances d'approbation (likes/partages) pour des publications et des commentaires est un dispositif d'emprise afin d'empêcher les victimes des récènes de conceptualiser.
Lorsque vous voyez un commentaire pertinent même sur un tweet, il y a tout un travail de documentation en amont, et c'est ce travail-là qui apporte quelque chose de plus qu'une simple capture d'écran.
FamilleDonc mon chéri et moi avons rompu, et hier on a fêté mon anniversaire avec ma marraine, en retard car ma mère et moi avions le Covid lors de la première date prévue ; lors de l'apéro ma mère se met à se lamenter en disant que notre rupture la rend trop triste, et ma marraine l'interrompt en disant « Tatata ! Qu'est-ce que je t'ai dit par message ? »