Blogueuse. Usages du syndicalisme et des logiciels libres contre le terrorisme d'État. Conscience de genre et solidarité de classe. Ségrégation raciale, salariale, et surproduction de masse.
Mon blog a été quasiment mon seul lien communautaire pendant les vacances d'été, et il m'a permis d'attaquer la rentrée du bon pied. Déjà ça en soit c'était cool.
Je n'ai même pas fait attention, et il se trouve que je suis à peu près dans les clous par rapport au défi #100DaysToOffload. Super expérience en tant que blogueuse, je recommande.
(D'après ls ~/(…)/billets | grep "*.org" | wc -l, j'ai 52 fichiers Org-mode dans mon dossier « billets » ; or 184 jours se sont écoulés depuis le début du défi, ce qui correspond à 50,4 % de l'année.)
@luppano Et donc, justement, pour moi un texte ou une vidéo contient des affordances et représente, à différentes échelles de lecture (paragraphe, chapitre, livre…), des affordances (qui sont des entités non-vivantes qui permettent d'accéder à des ressources biocognitives), donc l'objectif serait de concentrer une vidéo en affordances autant que possible.
C'est un point sur lequel je veux travailler avant de publier des vidéos. Mais sinon c'est un projet en cours effectivement (tu compares les 15 000 vues quotidiennes du blog de Maître Eolas au petit million de vidéastes comme Amixem par exemple, y a pas photo)
@luppano Par exemple, je perçois la frustration comme l'impossibilité d'accéder à des ressources qui existent dans notre environnement, tandis que la dépression serait le sentiment que ces ressources seraient inexistantes.
Le corps évitera de s'exposer à des environnements hostiles, trop froids, ou de répéter des tâches effectuées en se privant de sommeil, et justement le « goût de l'effort » consisterait peut-être simplement à prendre goût à l'accès à ces ressources, à travers des efforts, sans que ce ne soit nécessairement douloureux.
C'est ça que j'appelle « ressources biocognitives », ce sont avant tout des ressources utiles à l'organisme.
@luppano Et du fait de bloguer j'ai désormais cette sorte de réflexe qui est d'éviter de complexifier une tournure de phrase ou même, ici, d'ajouter un paragraphe si l'accroissement en complexité est proportionnellement supérieur à la manière dont le post permet d'accéder à des ressources biocognitives (c'est-à-dire à des ressources pour l'organisme, du point de vue du cerveau, qui peut être sous emprise).
@luppano À ce titre le rasoir d'Occam est super pratique : par exemple pour ce post, j'ai envisagé de parler de l'espace social des positions de Pierre Bourdieu, mais ça aurait impliqué d'ajouter un dessin de l'espace social en capture d'écran, et ça aurait été… trop compliqué.
@luppano J'y réfléchis, ça va mettre un peu de temps mais c'est bien un projet en cours haha !
Je dois d'abord mettre de l'ordre dans ma vie et éviter de tomber dans le piège de certain·es vidéastes qui mettent le paquet sur le cosmétique et qui font des vidéos un peu trop longues (je crois qu'il faudrait faire des vidéos à la fois agréables à regarder, et aussi succinctes, pas du racontage de vie).
En fait, si les gens acceptent de jeter (au recyclable) des ressources qui se raréfient comme du métal, du plastique, ou du verre, c'est parce qu'iels sont mu·es par des forces extérieures. Change my mind!
Pardon j'espère n'avoir mis personne mal à l'aise, notamment pas des mecs cis, et surtout pas des personnes trans s'identifiant actuellement comme mecs cis. Si vous avez un peu le sentiment de mourir ou d'être une sombre merde en lisant ça,
1. c'est un sentiment que je ressentais avant de sortir du placard, et
2. ce n'est absolument pas ce que je voulais dire.
Je pense que la conscience, « nous », est ce qui permet à l'organisme de régler les nombreux problèmes pouvant émerger lorsqu'il s'apprête à accomplir une tâche par habitude, que c'est pour ça que nous pensons. De manière très schématique et peut-être un peu naïve, je pense que plus l'on a de problèmes, plus on pense, d'une manière parfois compulsive.
Je me demande donc quel problème Tim Berners-Lee a tenté de résoudre avec le web ?
Vous voulez m'aider moi à ne pas utiliser de navigateur web ? Développez un client git conforme aux HIG du projet Gnome. Faites un truc tellement simple que mes profs remplaceront Moodle par une forge git sans même s'en rendre compte.
Je vous jure, si je deviens développeuse un jour et que ce n'est pas fait d'ici là, je le ferai moi-même.
J'aurais pu utiliser l'internet de manière saine, et j'espère d'ici une petite décennie pouvoir désinstaller définitivement mon navigateur web ! Mais il a fallu que je l'ouvre, et ça m'a complètement cassée dans ma journée, depuis 13h. 7 putains d'heures de perdues, parce qu'un connard n'est pas fichu de se rendre compte du mal que son invention a déjà causé, et continue de causer.
Et là c'est l'hypothèse naïve, sans tenir compte de tous les intérêts politiques (Microsoft, Google, les États) à promouvoir le web.
Le web n'a jamais été qu'un outil de publication professionnelle, permettant à des profesionnells de créer des interfaces arbitraires, et à des utilisataires d'y exécuter des programmes avec la même confiance que pour y lire des documents.
Le web permet des outils d'analyse tiers, permettant de construire des bases de données et de la sorte, une entreprise de surveillance de masse ;
le web permet d'insérer des liens inline, ce qui n'a jamais été nécessaire pour écrire des documents (cf. Gemini) mais pour construire des interfaces ;
et le projet Solid apparaît à ce titre au mieux comme une tentative naïve de sauver un projet fait par un mec cis, qui n'a fait que dégrader nos communautés et inonder le réseau de pollution numérique.
Le web est dégueulasse. Le web est tellement dégueulasse qu'il m'a rendue crade. Et aujourd'hui, alors que j'avais le temps de ranger ce qui traînait par terre, j'y ai consacré facilement 5 heures.
Le web n'a jamais été qu'un patriarcat, et toute perspective militante un brin révolutionnaire, consciente de ce fait, consciente de la dimension technique des analyses de Marx, œuvrerait à le détruire. Les outils et technologies dont nous avons besoin existent depuis les années 80, depuis avant l'invention même du web – IRC, Gopher, Emacs. Gemini est une version modernisée de Gopher et ce n'est pas du luxe, mais pour une énième fois, le web est le putain d'alien dans mon environnement numérique, la saloperie qui me fait lancer mon navigateur en grognant. Je peux écrire, publier, versionner, lire des analyses de fond, écouter des podcasts, lire mes emails, faire communauté grâce aux quatre logiciels/protocoles que je viens de citer.
Et étonnamment, la plupart des contributaires du fédivers ne sont pas des mecs cis. On a de très bons contributeurs cisgenres, et nous ne sommes pas en concurrence (je ne voudrais surtout pas laisser entendre qu'être un homme cisgenre serait sale, c'est d'ailleurs quelque chose que j'ai moi-même lu en ligne et que j'ai vécu comme de la transphobie) ; seulement le fédivers représente pour nous un échappatoire du web en tant qu'oligopole patriarcal.