Blogueuse. Usages du syndicalisme et des logiciels libres contre le terrorisme d'État. Conscience de genre et solidarité de classe. Ségrégation raciale, salariale, et surproduction de masse.
L'autre jour j'ai failli râler car le fichier .git me semblait remplacé par le fichier .github. En fait, j'avais téléchargé le fichier depuis le site web, qui pour une raison « mystérieuse » n'embarque plus le fichier .git, ce n'est pas seulement que ce fichier n'intègre plus l'ensemble des modifications pour économiser les quelques megaoctets représentés par les deltas (« squash »), c'est que la possibilité même de mettre à jour mon dépôt ou d'envoyer mes modifications via les outils standards avait disparu, du moins en utilisant l'interface web, il fallait utiliser la ligne de commande.
@luppano Je rigole mais tu fais littéralement ce que tu veux, si tu veux quand même passer manger de la raclette t'es le bienvenu. (Et si t'as un emploi du temps surchargé, évidemment, ou si t'es mal à l'aise avec des inconnu·es, pense d'abord à toi en priorité, je te dis ça car j'ai envie de te voir et de passer un bon moment avec toi, pas de te mettre mal à l'aise)
@luppano C'est comme tu veux mais je n'ai pas dit que tu devais t'engager à utiliser un clavier mécanique pour rejoindre l'événement, tu peux juste découvrir et voir si ça correspond ou non à tes besoins. Après si t'aimes pas la raclette, je ne veux pas te forcer ..
@luppano Cela dit en passant, je n'ai pas les moyens d'en organiser une pour le moment, mais tu serais chaud pour une raclette claviers mécas ? Pour le moment il n'y a que moi sur le coup, mais l'idée serait de se ramener avec quelques pièces en excédent et de les passer/revendre pour pas cher, de se passer des coups de main pour prendre en main et configurer ses claviers, et de manger de la raclette.
On aurait moins de budget que les meetups de la principale association de promotion des claviers méca mais on inviterait nos potes et on les initierait dans une ambiance peut-être proche des install parties.
Le jackal, ce que défendent mécaniquement les personnes associant mécaniquement la CNV à une défense des rapports de domination, me semble donc être une tentative de socialiser l'expression par notre entourage, elle-même socialisée, de sa culpabilité, de sa honte, de sa colère, ou/et de sa dépression, auprès de ces derniers, sous la forme désespérément ludique et fictive d'un duel à mort.
Ça soulève la question de la portée de la CNV, entre des personnes dont les intérêts seraient inconciliables : la pertinence du jackal serait logiquement limitée à des ennemis de classe, à des parents abusifs, etc., mais à la seule condition de pouvoir marquer une coupure nette, de pouvoir exclure les agresseur·euses de l'ensemble de ses communautés. Or, comment exclure quelqu'un d'une forme de solidarité organisée, impersonnelle, et indirecte ? Par la peine de mort. Lorsque le jackal concerne des relations garanties par la société (mariage, naissance, etc.), il prend la forme d'un duel à mort, et à l'inverse les personnes défendant la peine de mort contre « ces gens-là » renverraient toujours à de telles relations.
J'ai l'impression que le jackal serait une tentative de socialiser sous forme de jeu le jackal. Car après tout, on ne se déteste pas réellement, pas vrai ?
Je veux dire, je sais pourquoi j'affiche Emacs à la verticale, c'est pour déplacer plus facilement des tableaux en annexe, ça facilite le défilement. Mais je ne sais pas pourquoi je suis aussi fière de mon travail. (Parce que j'ai tout déplombé à la main, j'imagine.)
Pour des raisons qui m'échappent, je viens de mettre mon écran d'ordinateur portable à la verticale (plié à 90 degrés) et je suis très fière de voir les tableaux affichés par Emacs à la verticale.
Bref, on ne peut pas remapper contrôle et alt sur j et m avec un clavier à membrane classique car son firmware est fermé, et je ne connais pas de contre-exemple, de clavier à membrane dont le firmware serait ouvert. On peut dire à son ordinateur que les touches j et m seraient en réalité contrôle et alt, mais on ne peut pas dire « avec un appui de moins de 100 millisecondes tu envoies j, avec un appui de plus de 100 millisecondes tu considères que je maintiens contrôle appuyé »
Typiquement, sway permet d'éteindre son écran parce qu'un ordinateur a littéralement pour tâche d'être modulaire, pas d'empêcher ses utilisataires de réaliser certaines tâches ou d'exécuter certaines instructions Turing-complete. On ne comprend pas l'intérêt parce qu'on n'ose pas être créatif·ves avec nos ordinateurs (comme me l'a dit un camarade grenoblois, qui gère le site de la bibliothèque féministe autonome, le métier de développeur·euse est un métier de créa).
OK dans un groupe de conversation avec Solidaires informatique on a parlé de réduire les troubles musculo-squelettiques/MRI, et j'avais mentionné les claviers mécaniques car effectivement j'avais lu des propos allant dans ce sens. Un camarade qui a pris un rhume du cerveau (on lui pardonne) m'a répondu qu'il ne voyait pas dans quelle mesure émettre un bruit de tir de couverture réglerait le problème, et croyez-moi j'ai 28 ans, ça fait à peine un an que j'utilise Emacs, j'ai déjà mal à la main gauche ; donc oui, pouvoir remapper ses touches de clavier comme on veut, et dire dans un format de fichiers relativement accessible que les touches j et m sont équivalentes à contrôle et alt, me fait déjà du bien. (En plus les touches MX Silent Red font moins de bruit qu'un clavier de ThinkPad, la lumière de mon écran semble gêner mon chéri donc je ne tape plus au lit, mais lui qui est sensible au bruit de mon clavier, qui me demande littéralement de taper moins fort sur mon ThinkPad, dormait comme un bébé ; et honnêtement, j'envisage de travailler avec un clavier split sans fil, mon casque, et Orca.)
Pour une raison qui m'échappe un peu, mon clavier ortholinéaire me permet aussi de mieux gérer la culpabilité. Je me rends par exemple compte que je donnais aux mendiant·es de mon quartier, ce qui est très bien, mais au-dessus de mes moyens, typiquement lorsque la CAF me doit des arriérés et que mon argent en liquide me vient de ma mère (que je compte bien évidemment rembourser, elle ne s'en rend pas compte mais j'y pense tous les jours). Ce problème de culpabilité me suit depuis plus d'une décennie, entre l'institution scolaire et les réseaux sociaux, et il est bien évident qu'un clavier ortholinéaire ne fait pas tout mais je ne suis pas sûre (1) que je me serais intéressée à Twitter dans ces conditions, avec un bon périphérique d'entrée j'aurais littéralement pu tenir un journal intime et avoir ma licence en trois ans ; je rappelle qu'hier je tapais dans le bus sans que mon ordinateur ne soit allumé car, comme pour la pratique solitaire d'un instrument de musique, travailler la mémoire musculaire me permet sans doute d'être plus réflexive ; (2) que j'aurais par la suite hébergé un prédateur domestique, ce qui m'avait temporairement fait développer des hallucinations auditives.
Pour moi dont le rapport à l'informatique a été déglingué par les réseaux sociaux et notamment par Twitter, utiliser un clavier mécanique, ortholinéaire, au firmware ouvert me permet de tourner la page. En tant que personne autiste peut-être, ça réduit notamment cet aspect un peu grognon dans le changement de contexte, par exemple lorsque mon chéri sollicite mon attention (sans doute car taper sur un clavier ISO impliquerait le changement de contexte permanent d'une rangée à une autre).
Je tente de revenir au layout modifié d'un utilisateur du forum bépo, plus conforme à l'esprit du projet, consisant à décaler les touches à l'extrême-droite (ç et w) vers l'extrême-gauche, afin de rééquilibrer la disposition au centre. Je n'ai tapé que ce message mais ça m'a déjà l'air plus confortable et familier. (Il y avait déjà un certain niveau puisque comme je l'ai écrit cet après-midi je tapais dans le bus, mon clavier déconnecté et dépourvu d'alimentation électrique, ça me faisait déjà du bien.)