Opinion vexante sur le militantisme en ligne, validisme
Je reste sur l'idée que l'on devrait renommer nos concepts en tenant compte des réseaux sociaux; qui favorisent, donc, des réponses traumatiques.
Lorsque des personnes affectées sans le savoir par nos oppressions se socialisent politiquement sur le web 2, c'est-à-dire dans la rue, elles voient la valorisation d'outils pertinents (par rapport à l'électoralisme et à Mastodon) comme des injonctions à produire "pour la cause" des réponses traumatiques chez leurs proches et leurs camarades, ce qui a pour mérite, du point de vue d'une multinationale états-unienne de l'information et de la communication, de les isoler de leurs proches, mais aussi pour effet de fragmenter le milieu militant de l'intérieur.
(Nos oligarques étaient sans doute incapables de prévoir que l'on y résisterait avec tout ce qui nous resterait de dignité, et donc qu'ils gamifieraient la résolution de problèmes sociaux; bref que l'on se retrouverait avec 5% de syndicalistes en puissance, accro à la consommation et à la production de ressources.)
Pour le milieu militant, le web 2 et plus généralement la technologie sont un énorme angle mort. On a des assos influentes prenant au sérieux le marché, la loi, et les normes, mais celles traitant la technologie sont généralement ignorées, voire déconsidérées en réaction à un antivalidisme NIMBY, lui-même réac, faisant passer à la trappe les besoins de nos propres adelphes, sans parler de ceux des personnes valides.
S'il est vrai que le milieu militant devrait prendre au sérieux le changement de notre environnement numérique, nous avons dès aujourd'hui la possibilité de tenir compte du contexte traumatique et réactionnaire dans lequel nos audiences accéderont à nos idées.
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