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Océane @oceane@peculiar.florist
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Eleanor Roosevelt a dit:
Les grands esprits parlent des idées, les moyens esprits des événements, les petits esprits des personnes.
Dans mes flux, on ne parle presque que d'événements et de personnes. On est dans la réaction.

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Océane @oceane@peculiar.florist
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Il y a des raisons à ça, mais ça implique que l'on doive renommer nos concepts. Lorsque l'on parle de "masculinité toxique", on parle bien évidemment de dispositions genrées dont souffrent les femmes mais aussi les hommes, qui nous oppressent mais qui mettent aussi les hommes en échec.

Lorsque des personnes étrangères à nos sphères d'abstraction conceptuelle, victimes de maltraitance numérique, découvrent sur les RS le féminisme, elles comprennent intuitivement que "la masculinité" serait "toute manière pour un homme d'être et de se vivre comme un homme", et qu'on qualifierait donc l'état, l'essence d'un homme comme indissociablement toxique.

C'est particulièrement délétère pour les populations prenant le web pour un lieu de vie: des victimes de maltraitance et des personnes structurellement improductives, c-à-d. notamment des cancres, donc majoritairement des enfants de pauvres; des personnes LGBTIAQ+ dans le placard; et des personnes ayant un handicap invisible (trouble neuro-développemental non-diagnostiqué, comme l'autisme et le TDAH; ou/et toute maladie rare pouvant amener à croire qu'untel serait bête, paresseux, et "en [ferait] des caisses").

D'émancipateur, ce concept devient extrêmement, intimement violent.

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Océane @oceane@peculiar.florist
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Lorsque des militant'es sérieux'ses disent qu'un collectif est vnr, iels ne veulent pas dire que l'on y organiserait la subordination ou la dégradation de catégories arbitraires de la population (par exemple des hommes cis) mais (1) que l'on serait un collectif combatif, et (2) que l'on y trouverait effectivement un soulagement cathartique face à un écran continu de gaslighting dans la société civile et dans les médias bourgeois.

Ce qui ne veut pas dire que je penserais un instant du mal des camarades
cis de mon syndicat, ou que l'on se lâcherait gratuitement, dans des collectifs sains, dans des temps de réunion mixtes, à leur sujet. Un'e drag queer, le Satyre Lopette, a organisé deux événements de lecture d'une version remaniée du conte des chaudoudous en précisant en introduction que les travaux de psychologie radicale de l'auteur sont très intéressants mais que c'est un homme cis dans les années 70, donc iel aura fait quelques modifications (iel remplace la méchante sorcière par le méchant sorcier Capitalpha, les fées mêlent sexualité et spiritualité, etc.)

Les slogans "Seule la lutte paie!", "C'est pas à l'Élysée, c'est pas à Matignon, c'est pas dans les salons qu'on obtiendra satisfaction: c'est par la grève, et par l'action!",
etc. renvoient donc, comme l'expression "vnr", au fait que certains outils sont objectivement plus efficaces que d'autres; que cinq millions d'électaires LFI n'atteindront pas les mêmes objectifs que cinq millions de syndicalistes formé'es; que les flux RSS sont plus constructifs, rapides, et triables que des abonnements/listes/hashtags Mastodon où tout de toute façon… est très… lent.

(Digression personnelle: si vous traitez un réseau social comme un lieu de vie, pour des raisons diverses il vous pénétrera dans le corps. La CNV, le défi
, et les outils du projet GNU m'ont fait beaucoup de bien, mais je vis toujours à 2 à l'heure.)

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Océane @oceane@peculiar.florist
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Opinion vexante sur le militantisme en ligne, validisme Je reste sur l'idée que l'on devrait renommer nos concepts en tenant compte des réseaux sociaux; qui favorisent, donc, des réponses traumatiques.

Lorsque des personnes affectées sans le savoir par nos oppressions se socialisent politiquement sur le web 2, c'est-à-dire dans la rue, elles voient la valorisation d'outils pertinents (par rapport à l'électoralisme et à Mastodon) comme des injonctions à produire "pour la cause" des réponses traumatiques chez leurs proches et leurs camarades, ce qui a pour mérite, du point de vue d'une multinationale états-unienne de l'information et de la communication, de les isoler de leurs proches, mais aussi pour effet de fragmenter le milieu militant de l'intérieur.

(Nos oligarques étaient sans doute incapables de prévoir que l'on y résisterait avec tout ce qui nous resterait de dignité, et donc qu'ils gamifieraient la résolution de problèmes sociaux; bref que l'on se retrouverait avec 5% de syndicalistes en puissance, accro à la consommation et à la production de ressources.)

Pour le milieu militant, le web 2 et plus généralement la technologie sont un énorme angle mort. On a des assos influentes prenant au sérieux le marché, la loi, et les normes, mais celles traitant la technologie sont généralement ignorées, voire déconsidérées en réaction à un antivalidisme NIMBY, lui-même réac, faisant passer à la trappe les besoins de nos propres adelphes, sans parler de ceux des personnes valides.

S'il est vrai que le milieu militant devrait prendre au sérieux le changement de notre environnement numérique, nous avons dès aujourd'hui la possibilité de tenir compte du contexte traumatique et réactionnaire dans lequel nos audiences accéderont à nos idées.

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