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Pebble @PebbleOnEarth@peculiar.florist
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Comme on attend les résultats du bac... (Journal de mon TSA) Journal de mon TSA
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Voilà, j'y suis. On est le 12 octobre, et j'attends sur un siège qui grince, avec un spot qui ne cesse de clignoter au plafond - franchement, la meilleure salle d'attente au monde pour des autistes. Je rigole intérieurement : le test, c'est de vanner le psy, en lui disant que sa lampe qui fait du morse, c'est pas possible. Rire nerveux qui ne m'apaise pas du tout. J'ai l'impression d'aller à l'abattoir au moment où j'entre dans son bureau.

Il énumère les raisons qui m'ont poussée à venir consulter, je hoche la tête imperceptiblement. Ma gorge est tellement nouée que je suis incapable d'articuler un mot. Je me perds visuellement dans les méandres d'une sculpture de son bureau. Je suis là, sans vraiment être là.
Il rassemble ses feuilles, puis commence à égrener des items du premier test, celui de mon enfance, avec des scores élevés, et des seuils bas. L'écart semble immense. Dans ma tête, je me dis que c'est foutu, je me ratatine sur ma chaise, mon esprit me pourrit littéralement avec ses "tu as cru que tu étais autiste, et bien non, tu es tout ce qu'il y a de plus "standard", t'es juste pas douée, va falloir l'accepter et faire des efforts"... Je ne sais pas pourquoi ce biais me prend : parce que à cet instant-là, je suis persuadée qu'il fallait un score très bas pour être reconnue autiste, comme si un score "haut" montrait de "hautes" compétences sociales. Après tout, quand tu as 20/20, c'est que tu as bien réussi ta copie au bac.
Il termine la lecture des chiffres et conclut : "Ce test montre donc bien un Trouble du Spectre Autistique prononcé, dès votre petite enfance".
Hein ? Pardon ? J'ai donc mal compris ? Mais ... mais ... ?
Tout ce que ma mère a raconté montrait une petite fille complètement adaptée, non ? Non ?

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Pebble @PebbleOnEarth@peculiar.florist
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Comme on attend les résultats du bac... (Journal de mon TSA) (suite)
Toujours impossible d'articuler une phrase, je suppose que j'ai des yeux ronds comme des soucoupes : je fixe les feuillets entre ses mains, sans vraiment réaliser.
Il enchaine avec le test sur mon âge adulte. Les écarts sont nettement plus réduits. Je suis donc au bord du spectre ? Absolument pas selon le psy : ça montre juste que j'ai énormément compensé et masqué tout au long de ma vie, que mes compétences cognitives, du moins celles qui tiennent la route, ont tenu la baraque pour que j'aie l'air à peu près "normale". Mais à quel prix...
Il me parle des comorbidités. Je ne comprends pas trop ce qu'il veut dire par là. Ah. Le sommeil. Les angoisses. Un possible TDAH, une dyspraxie. L'impact sur ma vie sentimentale et sexuelle, le viol subi ne l'étonne pas. Les aménagements possibles dans ma vie professionnelle. Le dossier à la MDPH qu'on fera après l'évaluation d'autres troubles. Je suis complètement à l'ouest, les larmes coulent, et je ne m'en rends compte que parce qu'il me tend une boite de mouchoirs.

Je suis juste en train de réaliser combien j'ai subi mes propres défaillances, combien ça a pu nuire à ma vie, à mes relations aux autres, possiblement avec celui qui est aujourd'hui mon ex, et avec mes enfants, qui ne me parlent plus sans que je ne sache pourquoi.

Alors que je voulais ce diagnostic pour mieux me comprendre et avoir une preuve pour expliquer aux autres ce que je suis, loin de me soulager, le résultat me met dans une rage et une colère sourde qui me font hurler intérieurement. Je me hais. Je hais ce que je suis. Je me sens comme un puzzle mal assemblé, avec la moitié des pièces au mauvais endroit, et le reste étalé par terre de façon chaotique.

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