Le décor étant posé : la bourgeoisie française a vu dans la maltraitance numérique, comme elle voit dans la maltraitance scolaire ou dans la baisse des allocs, une manière d'inciter les pauvres à se maltraiter mutuellement et donc d'éroder notre confiance mutuelle, notre conscience de classe. De manière presque mécanique, elle a promu Twitter (et à ce titre ses médias ont été épinglées pour publicité dissimulée).
Seulement, la maltraitance scolaire ne prend place que dans de petits groupes ; or attirer l'attention d'une masse impersonnelle et gigantesque, fut-ce d'une manière prédatrice, revient par définition à tenter de résoudre un problème social. Afin de servir leurs propres intérêts économiques, publicitaires, qui ne sont rien d'autre que le concept marxiste des intérêts de classe, Twitter, Facebook, etc. ont utilisé le biopouvoir pour faire développer des symptômes de TDAH à leurs victimes.
Elle se trouve donc avec environ 5 % de la population des États du Nord, soit (si l'on considère les 4,3 milliards d'adresses IPv4) 200 millions de syndicalistes en puissance, avec un TDAH et une profonde rage de vivre.
La solution à ce problème est à l'origine de celui dont je parle, les théories du complot en ligne qui, sous des formes paranoïaques, intègrent assez souvent des délires de violence et un fétichisme des armes à feu : les victimes de maltraitance numérique ont des raisons fondées de penser que l'ordre social, le capitalisme, serait dirigé par un groupe occulte, les détentaires de capital, souhaitant dans l'idéal pouvoir les éliminer. S'iels ne contrôlent pas leurs ordinateurs avec des portes dérobées et des failles de sécurité dites « zero-day », iels contrôlent effectivement leur rapport à l'informatique.
⭐1
Selon Lawrence Lessig, le changement social viendrait du marché, de la technologie, des normes, et de la loi. Les victimes de maltraitance numérique ne resteraient donc humaines que temporairement et légalement, et tout semblerait indiquer des tentatives de production d'une nouvelle catégorie de surnuméraires.
De nombreux indicateurs pointent vers une tentative de création d'une catégorie sociale de personnes infâmes, maltraitées, pauvres, et malades mentales. Sans parler d'une réinstauration des « dépôts de mendicité » (dont le taux de mortalité annuel était, selon Robert Castel, de l'ordre de 20 %), la maltraitance numérique aggrave les risques de décrochage social, et donc de déconnexion des noyaux de solidarité que sont la Caf, l'assurance maladie, France Travail, et son employeur, au risque de rater ses études ou/et de perdre son logement.
En défendant stratégiquement leurs patrimoines économiques du point de vue de la guerre des classes, les familles bourgeoises françaises ont promu les réseaux sociaux, qui ont défendu les leurs en conditionnant 200 millions de pauvres à tenter de résoudre des problèmes sociaux et à développer des symptômes de TDAH. Maintenant 200 millions de personnes dont l'espérance de vie peut déjà être particulièrement réduite représentent 200 millions de problèmes pour la catégorie sociale la plus puissante sur Terre, ayant donné son nom à notre nouvelle ère géologique, le Capitalocène.
⭐2
J'appelle les commentataires des phénomènes numériques à se pencher sur la CNV et sur la théorie des « bonnes raisons » de Raymond Boudon : comme en science, si tout ne mérite évidemment pas d'être publié, personne n'a tout à fait raison ni tout à fait tort.
Je vois des personnes se déchirer mutuellement sur ce réseau, dans des tentatives désespérées de surmonter leurs traumatismes et de répondre à des besoins leur permettant directement et délibérément de mieux militer, souvent au détriment d'elles-mêmes.
Certains hommes comme Gérald Bronner ne nous respecteront qu'en ayant peur de nous porter atteinte, et avec eux faire preuve de plus de douceur que de fermeté peut être aussi agréable qu'avec n'importe qui d'autre, mais complètement improductif. La situation est très différente avec Mastodon car on n'a pas affaire à un phénomène social mais psychiatrique ; faire du jackal sur Mastodon revient très littéralement à maltraiter des personnes handicapées et malades mentales. Gardez-le pour Bronner ! Bronner est une quiche.