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Océane @oceane@peculiar.florist
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Un peu plus d'un an sous et je viens de me rendre compte que je pouvais utiliser les mots-clés générés avec Denote, dont je me sers pour le processus de construction de mon blog, avec pour perspective de permettre à mes abonné·es de filtrer les thématiques qui les intéressent (dans l'interface web et par RSS), pour filtrer mes listes de tâches dans Org-agenda, en fonction notamment de si je les ai saisies dans un document de prise de notes de cours, dans une retranscription d'entretien, etc.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Et j'adore montrer le processus de construction de mes documents donc je risque bien de les rendre avec des listes de tâches prises au fil de l'eau.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Au risque de paraître un peu brutale, de loin je n'ai pas le sentiment qu'il y ait des "guerre d'éditeurs" entre emacsien·nes et vimistes sérieux·ses, et je me fiche de ce que des ingénieur·es biberonné·es à Visual Studio peuvent poster sur Twitter : Emacs est un logiciel difficile à prendre en main mais c'est aussi entre autre choses un dispositif d'accessibilité, pas pour tous les symptômes évidemment mais on parle bien d'infrastructure publique pour des personnes maltraitées par le capitalisme numérique, le "techno-socialisme" mais aussi Google, Windows, etc.

J'ai à peine la patience d'entendre des blagues à ce sujet de la part de personnes auxquelles je fais généralement confiance. C'est quoi la suite, "ah bah y a Océane, c'est cool elle pourra faire des sandwiches mdr" ? (Je ferais des sandwiches avec plaisir mais vous vous rendez bien compte que ce n'est pas la question)
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Et je ne veux pas dire que les personnes faisant des blagues sur Emacs/Vim seraient aussi larguées que celles faisant des blagues sur les sandwiches, je ne veux pas dire qu'il n'y aurait pas un travail de documentation en amont, chez les camarades faisant des blagues sur les éditeurs de texte. Ielles seraient tout à fait disposé·es à en parler et je sais qu'iels changeraient immédiatement de comportement si je leur faisais la remarque. Je me rends simplement compte que j'ai encore mal déconstruit le conditionnement auquel j'ai été exposée sur Twitter.

En revanche, sur un plan logique, il me semble que faire des blagues sur mes dispositifs d'accessibilité serait sur le même continuum que "hihi je vais valider Océane dans son genre en lui faisant du bon gros sexisme" (ce qu'aucun·e camarade n'a jamais fait). Ce n'est pas du tout au même niveau d'ignorance et de déconstruction mais je
crois (et je dis ça en brodant) qu'il y aurait une continuité.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Il ne s'agit pas du tout de hiérarchiser mes oppressions, mais au sujet d'Emacs donc, j'ai le sentiment que l'hésitation de certaines personnes à parler de logiciels ou de protocoles qui marchent pour elles (car j'ai bien évidemment vu des libristes tenant des stands avoir ce comportement) se subsumerait dans la catégorie de personnes handicapées n'osant pas promouvoir leurs dispositifs d'accessibilité à des personnes partageant des difficultés similaires.

Qu'elles soient handicapées ou non ne changerait d'ailleurs pas grand-chose si l'entourage ne reconnaissait pas le handicap, à grands renforts de "eeet ça y est c'est reparti avec Linux" – car on ne le répétera jamais assez, les logiciels libres sont notamment un enjeu d'accessibilité
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Une crainte plus légitime serait de verser dans l'antivalidisme libéral dérivé de Stallman et du "techno-socialisme" : littéralement réduire une lutte sociale à ses propres enjeux d'accessibilité, et voir dans tous les comportements bloquant la normalisation des dispositifs dont on a besoin la preuve que l'être humain serait tendanciellement mauvais, dans une vision vaguement hobbsienne de la société puisque l'on assisterait bien in fine à une mise en concurrence de nos dispositifs d'accessibilité, que l'on parle d'antivalidisme ou d'outils plus ordinaires (Word, Photoshop, Gmail, etc.)

On se trouve donc bien dans des questionnements antivalidistes sans doute intéressants et importants, mais tout ce qu'il y a de plus classique. La problématique est bien entendu renforcée par le fait que comme tout le monde
mais dans un contexte culturel validiste, les personnes handicapées veulent faire du bien à leur entourage en partageant des solutions d'accessibilité qui leur changent littéralement la vie ! Or, lorsque l'on n'est par exemple pas diagnostiqué·e et que l'on n'a pas les moyens culturels de défendre ses besoins, on les imposera à autrui, ce qui me semble être la base de l'autoritarisme ; les personnes handicapées les mieux intentionnées du monde pourront donc partager leurs dispositifs à leurs proches, de manière autoritaire, et donc produire chez ces derniers, par la mise en concurrence des logiciels libres avec des logiciels propriétaires qui, pour certains besoins, pourront être plus adaptés, le même comportement de priorisation/défense de ses propres besoins puisque l'antivalidisme sera aussi nébuleux pour les un·es que pour les autres.
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