User avatar
Océane @oceane@peculiar.florist
2y
Je n'ai pas vu les Star Wars 8 et 9 et je crains que le message taoïste/CNV/antifasciste de la première trilogie n'ait été vidé de toute substance, mais au cas où vous les ayez vus je vous partage ce meme (faites-en bon usage)
1
0
0
0
User avatar
Océane @oceane@peculiar.florist
2y
CW : je parle de CNV en donnant des exemples de violences, en mentionnant notamment les VSS et à l'inverse, mon privilège blanc. [1/2] Cela dit en passant, je suis toujours étonnée (et choquée) d'entendre dire que la CNV serait un outil de domination ou d'entendre parler de personnes un peu idiotes imposant un mode de communication donné au nom de la CNV (style bâton de parole) alors que la communication non-violente, je ne sais pas comment le dire autrement, revient simplement à éviter de communiquer de manière violente.

Je vais donner un exemple : lorsque je dis à mon chéri “fais attention mon chaton, ne te fais pas mal”, et pas “fais attention, concentre-toi un peu !”, c'est littéralement de la communication non-violente.

Les méthodes de CNV données par Marshall Rosenberg – être attentif·ve à sa culpabilité, sa honte, sa colère, ou à un sentiment de dépression, nous indiquant de l'on penserait d'une manière qui créerait de la violence ; considérer que toute insulte vient d'un besoin non-rempli – ne me permettent ni plus ni moins que d'arriver à ce genre de résultats.

La responsabilité émotionnelle dont il parle renvoie simplement au fait que si je veux communiquer de manière non-violente, je suis effectivement responsable de la manière dont je reçois un message, tout simplement car personne ne le sera à ma place. Pour filer cet exemple, je sais que j'ai des problèmes de gestion de ma culpabilité, et le défi
m'a beaucoup aidée par rapport à ça (puisqu'il m'a permis d'apprendre à exprimer les besoins de ma classe sociale et son droit à se défendre), donc quand je me rends compte que les réponses que je formule à mon chéri, dans ma tête, sont violentes ou culpabilisantes, je me dis “ah oui, c'est parce que je me sens coupable”, donc je l'exprime à mon chéri, on en parle, et paf, je ne lui parle pas de manière violente.

Il y a donc une différence entre pratiquer la CNV pour éviter les violences latérales – que j'ai lu quelqu'un ici qualifier de “fléau absolu des milieux militants” – et se la voir imposer pour se voir refusé le droit de notre classe sociale à se défendre, y compris par la violence si nécessaire. Au contraire, les oppressions reposent en grande partie sur de l'intimidation et donc sur du
jackal, comme je le dis dans le billet “La tragédie des communs”, ce qu'expriment tous les hommes envers toutes les personnes AFAB et toutes les femmes, sans quoi ces dernières n'accepteraient pas, à mon humble avis, de nombreuses violences sexuelles. De même une simple agression ne constitue-t-elle pas un cas de racisme anti-blancs car une personne blanche ne sera pas tétanisée pour avoir entendu qu'elle “bouffait du gros porc”, comme me l'a dit quelqu'un qui tentait de me faire du mal, après une dispute particulièrement violente avec ma mère, ce qui m'avait en réalité rasserénée – je lui avais répondu qu'il ne connaissait même pas la zakat !
1
0
0
0
User avatar
Océane @oceane@peculiar.florist
2y
re : Star Wars et CNV [2/2] En bref, la CNV permet de limiter notre contribution au réseau d'intimidations, de pouvoir, et de surveillance dont sont victimes les minorités de pouvoir et dont parlait Foucault, littéralement, c'est donc fondamentalement de gauche.

Lorsque dans une situation je sens le
jackal monter, je réfléchis à la manière dont elle m'empêche de remplir mes besoins, et je les exprime – je sens tout de suite une grosse pression redescendre.

Je suis donc dubitative sur le message antifasciste de Star Wars : on serait passé, de mon point de vue, de trois films contenant des séquences extrêmement puissantes, par exemple de Luke Skywalker apprenant à devenir Jedi (et donc læ spectataire,
in fine, apprenant avec lui) en maîtrisant son impatience, son impétuosité, sa colère, et en restant calme face à la douleur ; ou Yoda lui disant que la douleur n'est qu'un message de son corps, qu'il doit l'accepter et non la combattre ; à des figurants alignés devant un drapeau, face à un discours fasciste caricatural et honnêtement face à un fascisme déjà en place ; face donc à une dénonciation bête et quasiment ridicule du fascisme, et en miroir à une présentation appauvrissante, voire avilissante de l'antifascisme. (Ce dont je me souviens de Rey dans Star Wars 7 en ferait quasiment une future Sith, et la présentation est encore une fois bien inférieure au premier roman de l'univers étendu Star Wars que j'ai lu, dans lequel Qui-Gon Jinn serinait un Obi-Wan Kenobi chevaleresque et adolescent, ayant voulu sauver un Gungan sans défense, compromettant le serment de neutralité des Jedi et leur mission diplomatique auprès du peuple auquel appartiennent les agresseurs – avec en toile de fond, bien évidemment, énormément de CNV auprès de ce peuple, les Jedi s'interdisant l'usage de leurs pouvoirs guerriers pour régler les tensions sur le fond, de manière profonde et durable.

En tant qu'adolescente, j'étais émerveillée par les Jedi. Aujourd'hui les Star Wars ne sont qu'une licence Disney de plus, honnêtement et sans vouloir être méchante plus proche des Marvel (normalisant les crimes de guerre et notamment ceux du Pentagone – mon moment préféré du MCU restant le dernier, dans le premier Iron Man, où l'on voit une journaliste faire son travail) que d'un quelconque message antifasciste, taoïste, ou anarchiste.
0
0
0
0