re : Star Wars et CNV [2/2]
En bref, la CNV permet de limiter notre contribution au réseau d'intimidations, de pouvoir, et de surveillance dont sont victimes les minorités de pouvoir et dont parlait Foucault, littéralement, c'est donc fondamentalement de gauche.
Lorsque dans une situation je sens le jackal monter, je réfléchis à la manière dont elle m'empêche de remplir mes besoins, et je les exprime – je sens tout de suite une grosse pression redescendre.
Je suis donc dubitative sur le message antifasciste de Star Wars : on serait passé, de mon point de vue, de trois films contenant des séquences extrêmement puissantes, par exemple de Luke Skywalker apprenant à devenir Jedi (et donc læ spectataire, in fine, apprenant avec lui) en maîtrisant son impatience, son impétuosité, sa colère, et en restant calme face à la douleur ; ou Yoda lui disant que la douleur n'est qu'un message de son corps, qu'il doit l'accepter et non la combattre ; à des figurants alignés devant un drapeau, face à un discours fasciste caricatural et honnêtement face à un fascisme déjà en place ; face donc à une dénonciation bête et quasiment ridicule du fascisme, et en miroir à une présentation appauvrissante, voire avilissante de l'antifascisme. (Ce dont je me souviens de Rey dans Star Wars 7 en ferait quasiment une future Sith, et la présentation est encore une fois bien inférieure au premier roman de l'univers étendu Star Wars que j'ai lu, dans lequel Qui-Gon Jinn serinait un Obi-Wan Kenobi chevaleresque et adolescent, ayant voulu sauver un Gungan sans défense, compromettant le serment de neutralité des Jedi et leur mission diplomatique auprès du peuple auquel appartiennent les agresseurs – avec en toile de fond, bien évidemment, énormément de CNV auprès de ce peuple, les Jedi s'interdisant l'usage de leurs pouvoirs guerriers pour régler les tensions sur le fond, de manière profonde et durable.
En tant qu'adolescente, j'étais émerveillée par les Jedi. Aujourd'hui les Star Wars ne sont qu'une licence Disney de plus, honnêtement et sans vouloir être méchante plus proche des Marvel (normalisant les crimes de guerre et notamment ceux du Pentagone – mon moment préféré du MCU restant le dernier, dans le premier Iron Man, où l'on voit une journaliste faire son travail) que d'un quelconque message antifasciste, taoïste, ou anarchiste.