User avatar
Océane @oceane@peculiar.florist
2y
Oh btw, j'ai fait un billet de blog sur la trisomie 21 : “La trisomie 21 n'est pas un très bon indicateur de (non-)intelligence” (PDF)
1
1
0
0
User avatar
Océane @oceane@peculiar.florist
2y
Billet de blog sur l'exclusion des personnes trisomiques, et leur supposé manque d'intelligence Je ne sais même pas comment je pense, je me garderais donc bien de présumer une telle chose concernant les personnes trisomiques. Quel est l'impact de la trisomie 21 sur leurs cerveaux ? Sont-elles capables de jouer du Molière ? D'être mieux habillées que moi ? D'être plus populaires que moi ?

Je pense que oui. L'intelligence est avant tout un phénomène social : les personnes trisomiques pensent peut-être plus lentement que nous (je n'en sais en réalité absolument rien, mais admettons) ; pensons-nous pour autant mieux qu'elles ? Sommes-nous mieux éduqué·es qu'elles ? Sommes-nous plus heureux·ses qu'elles ? Atteignons-nous mieux nos objectifs qu'elles ?

Je n'en ai, honnêtement, aucune idée ; mais je devine en revanche assez bien notre présomption à cet égard. Admettons qu'une personne trisomique ait un QI d'environ 80 : qu'y mettrait-on ? M6 ? France 24 ? Marc Levy ? Mohamed Mbougar Sarr ?

Nous ne pouvons en toute bonne foi pas présumer la non-intelligence des personnes trisomiques (ce terme ne voulant d'ailleurs pas dire grand-chose de scientifique) ; nous craignons simplement d'être vu·es avec elles, d'être contaminé·es symboliquement par leurs nuques plates et donc d'être à notre tour symboliquement contaminataires. Nous construisons ensuite leur supposé manque d'intelligence comme justification collective
a posteriori, par analogie hygiéniste, pour nous excuser de les exclure de nos communautés.
1
0
0
0
User avatar
Océane @oceane@peculiar.florist
2y
“Qu'est-ce qu'une ‘app’ ?” (PDF)
1
0
0
0
User avatar
Océane @oceane@peculiar.florist
2y
On ne parle généralement plus de SaSS, de client, de programme, de logiciel, etc. mais d'« applications », voire d'« apps ». Ce terme nous vient bien évidemment des « ordiphones » (bien qu'iOS et Android ne soient pas réellement des systèmes d'exploitation d'ordinateurs, dans la mesure où comme Windows, ils ne sont pas assez modulables et ne permettent pas de mettre en ordre le réel) mais répond à des besoins réels et légitimes, qu'une population détentrice d'un fort volume de capital culturel technique doit comprendre si elle compte développer des projets concurrentiels (qu'il s'agisse alors de s'imposer dans une industrie et de lever des fonds ou d'y mettre fin).

Je ne prétends pas fournir un guide compréhensif pour le développement de solutions concurrentes aux Gafams, mais un simple pense-bête du point de vue des attentes des utilisataires.

1/3
1
0
0
0
User avatar
Océane @oceane@peculiar.florist
2y
1. Une « app » permet de ne quasiment jamais avoir à taper de mots de passe, par exemple grâce à l'authentification oauth. Je viens d'écrire un billet à ce sujet mais les utilisataires détestent le fait de taper leurs mots de passe, et les « apps » leur permettent en principe de ne le faire qu'une seule fois par changement de téléphone.

2. L'inaccessibilité d'une « app », par exemple du site de la Fnac, est traitée comme un problème de sécurité critique (contrastant avec des bugs divers et variés nous ayant tou·tes empêché·es un jour de faire nos devoirs).

3. Les « apps » n'ont pas besoin d'être mises à jour, ou alors le sont automatiquement, en tâche de fond. C'est aussi le cas avec un système d'exploitation comme
Fedora et plus généralement avec les logiciels développés par Red Hat, qui se casse la gueule depuis son achat par IBM mais qui reste le leader de son marché, à hauteur de plusieurs milliards de dollars par an, et ce n'est pas pour rien.

4. En général, les « apps » sont entièrement internationalisées, par exemple si je veux dire au monde entier que Zemmour ressemble à un rat je le fais dans un compositeur de messages dont le message par défaut sera traduit dans ma langue.

5. Une « app » correspond à des principes d'UX design intuitifs, par exemple en ce qui concerne le bouton hamburger ou les HIG (Human-Interface Guidelines) du projet GNOME (qui est lui aussi porté par Red Hat), listant des applications conformes sur
`circle.gnome.org`.

6. La réinstallation d'une « app » sur un nouvel appareil doit importer automatiquement notre environnement de travail, soit nos fichiers et notre configuration par défaut. C'est d'autant plus facile sous Linux, grâce à
rsync et à des gestionnaires de paquets déclaratifs comme nix ou guix, ou encore grâce aux normes FreeDesktop ou à l'éditeur de texte GNU Emacs, la réinstallation d'un environnement, sur des distributions Linux différentes, se faisant en principe en deux commandes shell (je ne veux pas dire pas que ce serait accessible au grand public mais que la technologie est déjà là).

2/3
1
0
0
0
User avatar
Océane @oceane@peculiar.florist
2y
Notons que les mots de passe sont déjà en train d'être progressivement remplacés, notamment grâce à Apple, qui contrôle en principe le matériel de ses systèmes d'exploitation et qui fournit donc, sur les modèles les plus récents, des lecteurs biométriques enregistrant les mots de passe dans une enclave sécurisée, et les saisissant automatiquement, au niveau du système d'exploitation, sur simple présentation de son empreinte digitale ; ainsi que sous Linux, grâce à Drew Devault, qui développe un protocole dédié aux mots de passe et permettant en principe de déverrouiller sa base de données sur la base d'un simple système TOTP, en intégration transparente avec le navigateur (ou avec n'importe quel programme implémentant ce protocole). Si vous n'avez rien compris, ça veut dire qu'à peu près comme avec Apple vous pourrez vous authentifier à n'importe quel site web sur simple présentation de votre empreinte digitale (par exemple avec une clé de sécurité YubiKey biométrique, coûtant environ 70 €) ou sur simple pression sur une clé USB en principe toujours insérée dans votre ordinateur ou dans votre téléphone, du format des clés USB vendues avec des souris sans fil, pour 20 € chez Yubico.
    guix --export-manifest > ~​/Documents/guix/manifest.scm \
    && rsync -aPv ~ /media/oceane/Chonky/oceane

    rsync -aPv /media/oceane/Chonky/oceane ~ \
    && guix pull; guix package -u; \
    guix package -m ~​/Documents/guix/manifest.scm


3/3
1
0
0
0
User avatar
Océane @oceane@peculiar.florist
2y
Nouveau billet : “Vidéosurveillance algorithmique et racisme” ([PDF](https://peculiar-florist.s3.fr-par.scw.cloud/files/c9309e46-823f-4a82-8fc9-e9e582f9f99e)) La vidéosurveillance algorithmique intègre des algorithmes d'apprentissage automatique, qui déduisent des données pertinentes d'une base de données quelconque (et en ce qui nous concerne d'un flux vidéo) sans supervision. On sait déjà que les algorithmes de classement de restaurants intègrent les biais racistes des client·es, et que des termes comme « authenticité » peuvent être associés à du suprémacisme caucasien. On sait aussi qu'un algorithme d'apprentissage automatique a été connecté à une caméra de métro, et entraîné à ouvrir une porte en cas de forte affluence, jusqu'à un match où la porte était restée fermée, on s'était rendu compte après plusieurs mois d'analyse qu'elle n'avait appris qu'à déchiffrer la signification d'une horloge et à s'ouvrir lors des heures de pointe.

Les algorithmes d'apprentissage automatique font donc feu de tout bois, intégrant sans grand contrôle possible des biais ethno-raciaux, et notamment les représentations ordinaires des gérants de magasins, des agents de police,
etc. Ils sont donc incompatibles avec l'illégalité des statistiques ethno-raciales et leur usage dans un contexte de maintien de l'ordre ne peut être séparé de la production de délits de faciès.
1
0
0
0
User avatar
Océane @oceane@peculiar.florist
2y
Nouveau billet : “Vidéosurveillance algorithmique et autisme” (1/2) ([PDF](https://peculiar-florist.s3.fr-par.scw.cloud/files/4e2ff7f6-dbe6-4fb1-a0d8-f821c1e8543a)) Les personnes autistes peuvent déjà être arrêtées à la sortie des magasins, soupçonnées de tenter de voler un article, en raison de leur comportement et bien évidemment d'une présomption d'allisme : nous pouvons par exemple regarder des caméras, parce que notre regard peut être attiré par ce qui brille ; nous pouvons aussi être mal à l'aise, éviter le contact physique, voire contourner un·e vigile de plusieurs mètres (comme nous en ferions avec toute personne et plus particulièrement avec toute personne chargée d'une mission de coercition).

Nos comportements diffèrent de ceux des voleur·euses notamment car nous préférerons fréquenter l'espace public à des heures de faible affluence, à l'inverse de ces dernièr·es, qui préféreront se fondre dans la masse (le nombre de vigiles à la Fnac lors des soldes en étant un bon indicateur).

La vidéosurveillance algorithmique intégrant législativement le traçage des regards, et des technologies très efficaces permettant de suivre le regard d'une personne à partir de sa pupille étant utilisées dans des études de psychologie, une représentation sommaire d'un espace en 3D suffirait pour savoir si le regard d'une personne autiste se poserait sur des magasins, sur des estafettes de police, ou encore sur des publicités ; un intérêt purement esthétique ou technique pour l'armement militaire n'indiquant en rien, en particulier pour des personnes autistes, une prédisposition à commettre un attentat (les signes avant-coureurs étant par ailleurs bien connus aux États-Unis, mais sans doute moins en France). L'intérêt d'une personne autiste pour le codage des grenades policières ou pour la couverture des caméras de surveillance de son quartier a ainsi de fortes chances de ne renvoyer par analogie qu'au décodage d'un environnement social miné et d'un risque latent de disqualification, en tant que membre d'un groupe social avec lequel on n'aurait au fond aucune raison de s'associer ou de collaborer, son déficit d'influence communautaire nous autorisant en retour à en isoler les membres et à ne plus devoir nous embarrasser de notre propre manque de connaissances et d'empathie à leur sujet ¹.

¹ Dans le cadre de relations scolaires, de voisinage, et de travail ; je n'appelle en aucun cas à cohabiter avec des personnes marginalisées ou à passer outre leurs
red flags.
1
1
0
0
User avatar
Océane @oceane@peculiar.florist
2y
Nouveau billet : “Vidéosurveillance algorithmique et autisme” (2/2) (CW paranoïa, mort) C'est aussi un problème évident pour des personnes paranoïaques, qui peuvent déjà avoir des difficultés d'accès aux soins médicaux à travers des protocoles non-sécurisés, refusant par exemple d'utiliser l'espace médical partagé ou d'envoyer leurs données médicales sur des adresses Gmail ; et qui auront d'autant plus de mal à sortir dans l'espace public, en sachant leurs faits et gestes analysés par des caméras. Sortir dehors pour faire leurs courses, voir des ami·es, ou accéder à des lieux de soin est pourtant nécessaire à leur rétablissement ; mais ces sorties leur prendront d'autant plus de cuillères, qu'elles pourraient utiliser pour leur hygiène personnelle et domestique, pour s'alimenter correctement, etc.

Des personnes paranoïaques vont mourir à cause de la VSA, mais qui s'en fout ?
1
0
0
0
User avatar
Océane @oceane@peculiar.florist
2y
Nouveau billet : “Je me fiche des LLM” (1/2) ([PDF](https://peculiar-florist.s3.fr-par.scw.cloud/files/4b6dd73c-330b-4b6f-8dc6-b4a63512f31d)) J'ouvre mon compte Firefish (un logiciel communiquant avec Mastodon, comme ce dernier un clone de Twitter) pour vérifier si des applications Javascript complexes sont accessibles avec uMatrix, et effectivement, à part les services de Google, qui semblent délibérément conçus pour en punir les utilisataires, les quelques sites web que j'ai testés fonctionnent OOTB.

Il est tout simplement plus confortable de naviguer sur le web avec uBlock Origin et uMatrix que de devoir subir les fenêtres de consentement d'OutBrain ou d'autres intermédiaires avec des *data brokers* ; ou, dans le cas de fenêtres « maison » (comme celle du Huffington Post), de désactiver son Javascript (« XHR ») une bonne fois pour toutes. Je peux supprimer les fenêtres occupant 40 % de mon écran pour obtenir mon consentement à revendre mes données personnelles en trois clics avec uBlock Origin.

Bref. Le premier post affiché sur mon compte Firefish explique qu'un groupe de chercheur·euses a mis en ligne un corpus de textes libres de droits, totalisant 500 milliards de mots, pour entraîner de grands modèles de langage (LLM) comme ChatGPT. Je vois passer de nombreux posts parlant des LLM, sans doute car c'est un sujet assez clivant et car mes abonnements se sentiraient, par leur usage du microblog, sommé·es de prendre parti ; mais en réalité, ce sujet est totalement déconnecté de mes besoins réels, qui sont notamment d'apprendre à faire passer des entretiens, de
commencer finir mon mémoire de sociologie, d'apprendre à me faire à manger, de soutenir une personne malade, etc.

Je n'ai aucun pouvoir politique réel sur les LLM, je n'ai pas connaissance d'un quelconque collectif de libristes luttant contre, je vois occasionnellement passer les travaux de
l'Institut de Recherche Distribuée en Intelligence Artificielle, qui contrairement au reste sont intéressants à ce sujet, mais je n'ai absolument pas les épaules pour lancer un tel collectif et je ne suis même pas en capacité de m'impliquer correctement dans mon syndicat et dans mes études. Je suis le flux RSS de Rebellyon mais je n'ai connaissance d'aucun événement militant à venir ou s'étant déroulé à ce sujet dans ma région.
1
1
0
0

User avatar
Océane @oceane@peculiar.florist
2y
Nouveau billet : “Je me fiche des LLM” (2/2) Ça devient dramatique (et assez pathétique) lorsque je me retrouve incapable de ne pas répondre à un quelconque abruti donnant un semblant de narration à des opinions partiellement fausses et sans grand intérêt en elles-mêmes, comme en ce qui concerne cet homme partageant les améliorations des dernières puces nVidia concernant leur consommation d'énergie et distinguant donc l'apprentissage automatique du minage de cryptomonnaies, avant de dire que les personnes se « mobilisant » (en s'écharpant sur Mastodon) contre sa consommation d'eau ne se mobiliseraient pas contre celle de la fast fashion, et donc que les discours anti-LLM seraient hypocrites.

Il s'agit donc d'un sujet clivant, susceptible de générer des partages chez des pignoufs se sentant sommés de choisir leur camp et donc commenté pour cette simple raison, mais sur lequel je n'ai jamais lu grand-chose d'intéressant. Je ne sais pas comment j'en suis arrivée à suivre ça mais je me rends compte que je le fais quasiment depuis l'ouverture de ChatGPT au public et je pense avoir d'autres priorités, même d'un point de vue sociétal (comme la
fast fashion, le véganisme, les mobilités douces, etc.), alors que mes communautés partent en Y (et que c'est bien évidemment un sujet politique, mais quand bien même ce ne le serait pas, j'ai des relations à réparer et des proches qui vont mal, ma politisation à l'hubris va bien 5 minutes).
0
0
0
0