Nouveau billet : “Vidéosurveillance algorithmique et autisme” (1/2) ([PDF](https://peculiar-florist.s3.fr-par.scw.cloud/files/4e2ff7f6-dbe6-4fb1-a0d8-f821c1e8543a))
Les personnes autistes peuvent déjà être arrêtées à la sortie des magasins, soupçonnées de tenter de voler un article, en raison de leur comportement et bien évidemment d'une présomption d'allisme : nous pouvons par exemple regarder des caméras, parce que notre regard peut être attiré par ce qui brille ; nous pouvons aussi être mal à l'aise, éviter le contact physique, voire contourner un·e vigile de plusieurs mètres (comme nous en ferions avec toute personne et plus particulièrement avec toute personne chargée d'une mission de coercition).
Nos comportements diffèrent de ceux des voleur·euses notamment car nous préférerons fréquenter l'espace public à des heures de faible affluence, à l'inverse de ces dernièr·es, qui préféreront se fondre dans la masse (le nombre de vigiles à la Fnac lors des soldes en étant un bon indicateur).
La vidéosurveillance algorithmique intégrant législativement le traçage des regards, et des technologies très efficaces permettant de suivre le regard d'une personne à partir de sa pupille étant utilisées dans des études de psychologie, une représentation sommaire d'un espace en 3D suffirait pour savoir si le regard d'une personne autiste se poserait sur des magasins, sur des estafettes de police, ou encore sur des publicités ; un intérêt purement esthétique ou technique pour l'armement militaire n'indiquant en rien, en particulier pour des personnes autistes, une prédisposition à commettre un attentat (les signes avant-coureurs étant par ailleurs bien connus aux États-Unis, mais sans doute moins en France). L'intérêt d'une personne autiste pour le codage des grenades policières ou pour la couverture des caméras de surveillance de son quartier a ainsi de fortes chances de ne renvoyer par analogie qu'au décodage d'un environnement social miné et d'un risque latent de disqualification, en tant que membre d'un groupe social avec lequel on n'aurait au fond aucune raison de s'associer ou de collaborer, son déficit d'influence communautaire nous autorisant en retour à en isoler les membres et à ne plus devoir nous embarrasser de notre propre manque de connaissances et d'empathie à leur sujet ¹.
¹ Dans le cadre de relations scolaires, de voisinage, et de travail ; je n'appelle en aucun cas à cohabiter avec des personnes marginalisées ou à passer outre leurs red flags.
Nouveau billet : “Vidéosurveillance algorithmique et autisme” (2/2) (CW paranoïa, mort)
C'est aussi un problème évident pour des personnes paranoïaques, qui peuvent déjà avoir des difficultés d'accès aux soins médicaux à travers des protocoles non-sécurisés, refusant par exemple d'utiliser l'espace médical partagé ou d'envoyer leurs données médicales sur des adresses Gmail ; et qui auront d'autant plus de mal à sortir dans l'espace public, en sachant leurs faits et gestes analysés par des caméras. Sortir dehors pour faire leurs courses, voir des ami·es, ou accéder à des lieux de soin est pourtant nécessaire à leur rétablissement ; mais ces sorties leur prendront d'autant plus de cuillères, qu'elles pourraient utiliser pour leur hygiène personnelle et domestique, pour s'alimenter correctement, etc.
Des personnes paranoïaques vont mourir à cause de la VSA, mais qui s'en fout ?
Nouveau billet : “Je me fiche des LLM” (1/2) ([PDF](https://peculiar-florist.s3.fr-par.scw.cloud/files/4b6dd73c-330b-4b6f-8dc6-b4a63512f31d))
J'ouvre mon compte Firefish (un logiciel communiquant avec Mastodon, comme ce dernier un clone de Twitter) pour vérifier si des applications Javascript complexes sont accessibles avec uMatrix, et effectivement, à part les services de Google, qui semblent délibérément conçus pour en punir les utilisataires, les quelques sites web que j'ai testés fonctionnent OOTB.
Il est tout simplement plus confortable de naviguer sur le web avec uBlock Origin et uMatrix que de devoir subir les fenêtres de consentement d'OutBrain ou d'autres intermédiaires avec des *data brokers* ; ou, dans le cas de fenêtres « maison » (comme celle du Huffington Post), de désactiver son Javascript (« XHR ») une bonne fois pour toutes. Je peux supprimer les fenêtres occupant 40 % de mon écran pour obtenir mon consentement à revendre mes données personnelles en trois clics avec uBlock Origin.
Bref. Le premier post affiché sur mon compte Firefish explique qu'un groupe de chercheur·euses a mis en ligne un corpus de textes libres de droits, totalisant 500 milliards de mots, pour entraîner de grands modèles de langage (LLM) comme ChatGPT. Je vois passer de nombreux posts parlant des LLM, sans doute car c'est un sujet assez clivant et car mes abonnements se sentiraient, par leur usage du microblog, sommé·es de prendre parti ; mais en réalité, ce sujet est totalement déconnecté de mes besoins réels, qui sont notamment d'apprendre à faire passer des entretiens, de commencer finir mon mémoire de sociologie, d'apprendre à me faire à manger, de soutenir une personne malade, etc.
Je n'ai aucun pouvoir politique réel sur les LLM, je n'ai pas connaissance d'un quelconque collectif de libristes luttant contre, je vois occasionnellement passer les travaux de l'Institut de Recherche Distribuée en Intelligence Artificielle, qui contrairement au reste sont intéressants à ce sujet, mais je n'ai absolument pas les épaules pour lancer un tel collectif et je ne suis même pas en capacité de m'impliquer correctement dans mon syndicat et dans mes études. Je suis le flux RSS de Rebellyon mais je n'ai connaissance d'aucun événement militant à venir ou s'étant déroulé à ce sujet dans ma région.
Nouveau billet : “Je me fiche des LLM” (2/2)
Ça devient dramatique (et assez pathétique) lorsque je me retrouve incapable de ne pas répondre à un quelconque abruti donnant un semblant de narration à des opinions partiellement fausses et sans grand intérêt en elles-mêmes, comme en ce qui concerne cet homme partageant les améliorations des dernières puces nVidia concernant leur consommation d'énergie et distinguant donc l'apprentissage automatique du minage de cryptomonnaies, avant de dire que les personnes se « mobilisant » (en s'écharpant sur Mastodon) contre sa consommation d'eau ne se mobiliseraient pas contre celle de la fast fashion, et donc que les discours anti-LLM seraient hypocrites.
Il s'agit donc d'un sujet clivant, susceptible de générer des partages chez des pignoufs se sentant sommés de choisir leur camp et donc commenté pour cette simple raison, mais sur lequel je n'ai jamais lu grand-chose d'intéressant. Je ne sais pas comment j'en suis arrivée à suivre ça mais je me rends compte que je le fais quasiment depuis l'ouverture de ChatGPT au public et je pense avoir d'autres priorités, même d'un point de vue sociétal (comme la fast fashion, le véganisme, les mobilités douces, etc.), alors que mes communautés partent en Y (et que c'est bien évidemment un sujet politique, mais quand bien même ce ne le serait pas, j'ai des relations à réparer et des proches qui vont mal, ma politisation à l'hubris va bien 5 minutes).