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Océane @oceane@peculiar.florist
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J'ai écrit deux-trois trucs.

1. Pour un antiterrorisme antifasciste
2. Affaire du 8 décembre : un verdict validiste
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Pour un antiterrorisme antifasciste (1/2) Proposer un antiterrorisme antifasciste postule qu'il n'y aurait pas de terrorisme non-fasciste, et inversement que ce dernier en serait une marque distinctive : Hitler a incendié le Parlement allemand pour en faire porter la responsabilité aux juifves ; la Nuit de Cristal renvoie également à l'usage de la terreur comme projet politique. De même l'Organisation de l'État Islamique (OÉI) est-elle une organisation non seulement terroriste, mais aussi fasciste : ses soldats jettent des homosexuells des toits des immeubles ; les droits des femmes, comme l'avortement, y sont particulièrement restreints… Et n'importe quell musulmann ayant des sensibilités féministes ou antifascistes vous dira la même chose. À un terrorisme de suprémacistes blanxes, en cité et littéralement censuré¹ par les médias bourgeois, s'oppose donc un terrorisme de musulmanns adoptant peu ou prou les mêmes revendications, anti-LGBTQIA+, anti-avortement, anti-adultère (mais réservées aux femmes), natalistes, antisémites, etc. ; réactionnariat musulman financé, au moment où j'écris ces lignes, par la droite française pour endiguer la gauche dans les quartiers populaires, issus de l'immigration ouvrière-algérienne des années 60.

¹ Dans la mesure où il s'agit d'une mesure concertée de contrôle de la pensée et des revendications populaires.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Pour un antiterrorisme antifasciste (2/2) Partant, tout procès pour terrorisme devrait établir des revendications historiquement associées au fascisme ; incendier une infrastructure terroriste, comme les usines Lafarge, ne saurait en être qu'à condition de prouver une lutte d'influence, par exemple de contrôle d'un territoire donné, entre différentes organisations autoritaires/fascistes. Dans le cas contraire, ce ne serait qu'un incendie criminel, probablement motivé en réalité par des valeurs antiterroristes. De même le chef d'accusation d'« association de malfaiteurs en vue de commettre un acte terroriste » ne peut-il tenir concernant les accuséés du 8 décembre, puisque leurs revendications sont, au contraire, libertaires et antifascistes. Il faut bien avoir l'intelligence d'une vache (ou le cœur d'une gargouille) pour considérer que des antifascistes, par définition des antiterroristes, pourraient tenter d'obtenir le pouvoir par un régime de terreur (alors même que la gauche manque de financements car on ne veut pas forcer les gens à payer pour nos infrastructures).
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Affaire du 8 décembre : un verdict validiste (1/5) Le rasoir d'Ockham énonce que « les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité ». Il entre dans le « noyau dur » identifié par Jean-Hugues Déchaux dans la rationalité weberienne : la cohérence minimale de l'action ; Max Weber, sans avoir proposé de définition formelle, avait défini quatre grands types de rationalité : la rationalité instrumentale, la rationalité axiologique, la rationalité affective, et la rationalité en tradition. De mon point de vue, la rationalité instrumentale consisterait à obtenir des ressources pour soi, tandis que la rationalité axiologique renverrait aux valeurs et traiterait de leur mise à disposition pour autrui, de ses droits de communauté et de société. La cohérence minimale de l'action renvoie donc à l'adoption de moyens proportionnés à nos fins, mais aussi à l'élimination de raisonnements non nécessaires, par exemple à l'élimination de théories scientifiques trop complexes vis-à-vis des connaissances à produire.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Affaire du 8 décembre : un verdict validiste (2/5) Je propose ensuite deux modèles de l'accès à des ressources, un modèle diachronique (le circuit de la récompense) et un modèle synchronique (les prises dans notre environnement). De mon point de vue, le circuit de la récompense est composé des étapes suivantes : on doit faire un effort pour accéder à une ressource, ce qui peut nous frustrer ou nous stresser ; surmonter un stress éventuel peut nous amener à nous confronter à une épreuve, à tenter d'atteindre cette ressource. Par exemple, si je n'arrive pas à me lever le matin, je peux être stressée à l'idée de manquer le petit-déjeuner. Si j'y parvenais, alors je serais récompensée par un bon début de journée, un bon petit déjeuner, ainsi qu'un sentiment de fierté, de productivité quant à mes études. À l'inverse, en cas d'échec, notamment pour des causes structurelles (plafond de verre, chômage, reproduction des classes sociales…), je pourrais entrer dans une forme de déni. Mon cerveau fait ensuite l'association entre le premier stimulus, le stress, et la récompense, et produit des habitudes : je me lève quand mon réveil sonne le matin. De même, si je suis accro aux réseaux sociaux, une simple notification active-t-elle le circuit de la récompense puisque j'ouvrirai mon téléphone pour la consulter, et donc pour obtenir de la dopamine. J'associerai donc la notification au début d'un circuit de la récompense.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Affaire du 8 décembre : un verdict validiste (3/5) Dans un modèle synchronique, une prise est une chose nous permettant d'être rationnell, par exemple d'accéder à des ressources, ou pour permettre à autrui d'obtenir celles auxquelles iel a droit. Ces deux catégories distinctes sont appelées « action rationnelle en finalité » et « action rationnelle en valeurs » ; me souvenant du manque de valeurs de mon entourage par le passé, je pourrai en développer moi-même, en anticipation d'un futur incertain. Mon environnement est donc, en principe, rempli de prises ; leur caractère est totalement subjectif et dépend donc notamment de mes connaissances, de mes habitudes, de ma capacité de m'en saisir, de les reconnaître et de les identifier, etc. Or, l'absence de prises dans mon environnement, comme mon usage de moyens coûteux afin d'accéder à des prises dérisoires, compromet ma capacité d'accéder à des ressources (sociales, économiques, culturelles, symboliques…), et peut donc me rendre dépressive ; je serai d'autant plus vulnérable à de la paranoïa ou à des formes d'addiction, qui me feront malgré tout ressentir quelque chose, mais en produisant des comportements irrationnels, et en pouvant par exemple me faire déployer des efforts immenses pour accéder à des ressources dérisoires, ou me faire prioriser mon addiction sur ma vie familiale ou sur mon alimentation – bref, me faire agir de manière irrationnelle. Le manque de prises dans notre environnement me semble donc être une cause majeure de dépression, qui en retour compromet notre accès à des ressources.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Affaire du 8 décembre : un verdict validiste (4/5) Revenons ensuite sur les faits reprochés aux inculpéés du 8 décembre : avoir sur un ordinateur des fichiers indiquant comment produire des explosifs, et, en 2020, s'être entraînéés à commettre un attentat en faisant une partie d'airsoft, et en tentant de faire exploser quelque chose dans leur jardin. Les inculpéés déclarent elleux-mêmes avoir voulu rompre la monotonie du confinement et ressentir quelque chose, ce qui, bien sûr, est déjà un indicateur de dépression. Le confinement en lui-même a complètement subordonné notre accès à des ressources à un bon vouloir administratif inique ; comme me l'a dit à peu près un enquêté, pour mon dossier de fin de licence, qui portait sur l'accès des étudiantts aux soins de santé mentale pendant le confinement et les cours à distance : « (…) et pendant ce temps l'hippodrome [de Vaulx-en-Velin] était ouvert, ils préfèrent faire courir des chevaux pour divertir des bourgeois à nous faire étudier… » Les décisions du Président de la République, Emmanuel Macron, semblaient s'enchaîner sans planification, sans cohérence ni intelligence ; les profs ont appris à la télévision qu'iels avaient deux semaines pour se préparer à donner cours ; la plupart de la population française n'avait qu'une faible marge d'initiative et a été dégoûtée des gestes barrières, préférant « tourner la page » à la première occasion. Le fait même d'enregistrer des fichiers « à toutes fins utiles » renvoie à la fois à un comportement irrationnel, à une incapacité de ranger son disque dur comme de tenir sa maison, mais renvoie également à une consommation habituelle d'informations de mauvaise qualité, ce qui est – squat.net, 4chan, Mastodon – un facteur de dépression. L'incapacité de se souvenir de ce document, ou même de le faire ressortir à travers une simple recherche dans une base de données, montre par ailleurs une difficulté d'accès aux ressources numériques (ce qui se soldera de toute façon par un échec, leur tentative d'explosion sera à peu près équivalente à un (gros) pétard mouillé) ; enfin, l'acte même de faire exploser quelque chose pour ressentir quelque chose semble irrationnel, et complètement démesuré par rapport à l'objectif recherché.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Affaire du 8 décembre : un verdict validiste (5/5) Cette erreur judiciaire, dénoncée par les médias, par des associations, et par des intellectuells, semble donc reposer sur une présomption de rationalité : le caractère démesuré des faits reprochés (avoir des ressources pour produire des explosifs, tenter de faire exploser quelque chose et se rater) serait cohérent par rapport à une action démesurée, celle de commettre un acte terroriste. Je pense au contraire qu'il ne serait démesuré que du point de vue d'une dépression successive aux mesures sanitaires, qui, semble-t-il, ont exacerbé des problèmes de santé mentale, voire des fragilités psychiques, pré-existants.
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