Le web n'a jamais été qu'un outil de publication professionnelle, permettant à des profesionnells de créer des interfaces arbitraires, et à des utilisataires d'y exécuter des programmes avec la même confiance que pour y lire des documents.
Le web permet des outils d'analyse tiers, permettant de construire des bases de données et de la sorte, une entreprise de surveillance de masse ;
le web permet d'insérer des liens inline, ce qui n'a jamais été nécessaire pour écrire des documents (cf. Gemini) mais pour construire des interfaces ;
et le projet Solid apparaît à ce titre au mieux comme une tentative naïve de sauver un projet fait par un mec cis, qui n'a fait que dégrader nos communautés et inonder le réseau de pollution numérique.
Le web est dégueulasse. Le web est tellement dégueulasse qu'il m'a rendue crade. Et aujourd'hui, alors que j'avais le temps de ranger ce qui traînait par terre, j'y ai consacré facilement 5 heures.
Le web n'a jamais été qu'un patriarcat, et toute perspective militante un brin révolutionnaire, consciente de ce fait, consciente de la dimension technique des analyses de Marx, œuvrerait à le détruire. Les outils et technologies dont nous avons besoin existent depuis les années 80, depuis avant l'invention même du web – IRC, Gopher, Emacs. Gemini est une version modernisée de Gopher et ce n'est pas du luxe, mais pour une énième fois, le web est le putain d'alien dans mon environnement numérique, la saloperie qui me fait lancer mon navigateur en grognant. Je peux écrire, publier, versionner, lire des analyses de fond, écouter des podcasts, lire mes emails, faire communauté grâce aux quatre logiciels/protocoles que je viens de citer.
Et étonnamment, la plupart des contributaires du fédivers ne sont pas des mecs cis. On a de très bons contributeurs cisgenres, et nous ne sommes pas en concurrence (je ne voudrais surtout pas laisser entendre qu'être un homme cisgenre serait sale, c'est d'ailleurs quelque chose que j'ai moi-même lu en ligne et que j'ai vécu comme de la transphobie) ; seulement le fédivers représente pour nous un échappatoire du web en tant qu'oligopole patriarcal.
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