Nos adolescent·es (dont moi, à cette époque) auraient pu puiser un réconfort face au phénomène endémique du harcèlement scolaire et plus généralement de la maltraitance scolaire et du plafond de verre dans l'art, dans les jeux vidéo, dans les mangas, dans les bandes dessinées ; nous aurions pu créer de petites communautés de passionné·es, de joueur·euses, d'otakus, et y trouver des ressources pour survivre en milieu scolaire.
Mais à la place, on nous a promu les récènes, on nous a donc incité·es à chercher du réconfort dans des infrastructures de maltraitance numérique et de production active et délibérée de haine en ligne, afin de nous empêcher de lire, de nous empêcher d'utiliser le numérique pour se renseigner sur nos intérêts de classe ; et cette quête de réconfort produisait une frustration qui appelait à son tour à une quête de réconfort, en cycle sans fin.
On nous a dévié·es d'une chronologie où l'on prenait progressivement conscience de nos intérêts de classe grâce à l'internet, et ActivityPub y est une réponse, quitte à aggraver les phénomènes de maltraitance scolaire, à faire démissionner l'école populaire de son rôle éducatif (les bourgeois·es s'y étant de toute façon toujours opposé·es), quitte à littéralement tuer des adolescent·es, des enfants de pauvres, de toute façon.