In all, some 172 bird species have returned, as well as 33 species of mammals, 293 species of plants, 15 species of reptiles and 15 species of amphibians, an entire ecosystem rebuilt from scratch.www.theguardian.com/global-development/2015/jul/27/sebastiao-salgado-fredrick-shoo-reforestation-brazil-tanzania
It was 1994 and he had just returned from a traumatic assignment reporting on the genocide in Rwanda, he told a meeting of religious leaders discussing climate change in Paris last week.
“The land was as sick as I was – everything was destroyed,” said Salgado. “Only about 0.5% of the land was covered in trees. Then my wife had a fabulous idea to replant this forest. And when we began to do that, then all the insects and birds and fish returned and, thanks to this increase of the trees I, too, was reborn – this was the most important moment.”
C’est pourquoi, l’ethnologue Yves Delaporte souligne les enjeux sous-jacents liés à la maîtrise de la LSF : « Parler la langue des enquêtés est un impératif absolu. Pour des raisons évidentes, ça l’est, ou ce devrait l’être, sur tous les terrains ; mais ici il y a plus. La langue des signes est le lieu d’affrontement entre sourds et entendants. Ce sont les entendants qui l’ont interdite [...] Être entendant et parler la langue des sourds, c’est donc d’emblée sans avoir besoin d’aucun commentaire ni d’autre profession de foi, montrer que l’on ne fait pas partie de ces entendants-là. Comment l’enquête pourrait-elle être possible autrement ? » (Delaporte, 2002, p. 11).
Pour signifier l’expression « ça rentre par une oreille et ça ressort par l’autre », Gaétan n’a pas signé [OREILLE] mais [OEIL], ce qui correspond au mode d’appréhension visuel des sourds. En utilisant cette expression, dite « pisourde », c’est-à-dire typique des sourds en lien avec leur langue, leur culture ou leur histoire, Gaétan témoigne de son appartenance à la communauté sourde signante.
Ne pas avoir gardé trace, dans la traduction, de cette spécificité langagière aurait été dommageable pour la compréhension des tensions identitaires chez les jeunes sourds, le fait linguistique étant au cœur de la définition de l’« identité sourde ». La double traduction a donc permis de mieux contrôler le matériel recueilli et d’approfondir les analyses qui en ont été faites.
[...] l’un des élèves ne se rappelant plus de moi, un de ses camarades m’a alors décrite en me mimant (« la dame sur sa chaise en train de prendre des notes »). Paradoxalement, cette prise de notes en classe a suscité plus de commentaires que la présence de la caméra en entretien qui a été très bien acceptée. Ce même élève, circonspect face à ma prise de notes, m’a demandé avant l’entretien de lui expliquer pourquoi je le filmais. Ma réponse sur la difficulté à être dans l’échange en LSF et à prendre des notes a semblé l’avoir convaincu et l’entretien a pu se dérouler normalement.
L’utilisation combinée de l’écriture – sous forme de notes de terrain – et de l’image – sous forme d’entretiens filmés – est une autre nécessité pour enquêter dans le monde des sourds. Pourtant l’équilibre habituel se trouve bousculé : la présence de la caméra a suscité moins de réactions de la part des enquêtés sourds que la prise de notes. L’importance pour les sourds du regard partagé – ce qui limite la prise de notes – et leur usage quasi quotidien de la vidéo amènent à redéfinir la hiérarchie des outils de l’ethnographe.@pi_sourd #LSF #Sourd #Ethnologie