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Océane @oceane@peculiar.florist
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Blogueuse. Usages du syndicalisme et des logiciels libres contre le terrorisme d'État. Conscience de genre et solidarité de classe. Ségrégation raciale, salariale, et surproduction de masse.

​:guix:​ 🏳️‍⚧️
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Lyon
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1995-09-07
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Le rasoir d'Occam, « les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité », renvoie en gros à la cohérence de nos actions à nos objectifs personnels et communautaires, et s'applique aussi à la sécurité informatique.

Par exemple,
le blog de Ben Stokman (tor) téléverse pour chaque billet le fichier source et sa signature. Chat tes billets sont déjà authentifiés par un système de clé privée/clé publique, c'est ton service caché, tu n'as aucun tiers « de confiance » comme les serveurs DNS ou les serveurs d'autorité. Ça sert à quoi ?

Pire, ça promeut un usage « par principe » de l'informatique, de la sécurité informatique, ou des logiciels libres… Personne n'utilisera de logiciels libres si on ne leur explique pas en quoi leur caractère libre permet une plus grande cohérence de notre usage à nos objectifs personnels et communautaire. Des avocat·es et des médecins utilisent des logiciels libres comme
Jitsi Meet pour avoir une garantie de confidentialité avec leurs client·es/patient·es. Ce n'est même pas suffisant avec la crypto quantique mais c'est la moindre des choses. OpenPGP permet dans certains contextes de chiffrer les emails avec un fichier local, ce qui ne peut sans doute pas résister à un État-nation mais peut résister à un employeur, et donc à des cas de répression syndicale, évidemment dans les cas où on ne peut pas directement utiliser Signal. Utiliser Signal, justement, au lieu de WhatsApp est une question de respect et de décence envers les victimes de la maltraitance numérique, qui est une violence domestique, et protège nos enfants en refusant de dédiaboliser Facebook.

Évidemment, simplement dire « je suis un·e libriste » et refuser d'utiliser des logiciels propriétaires n'amènera pas nos communautés à utiliser des logiciels libres, qui ne sont même pas toujours le critère déterminant pour le développement et le soin de nos communautés (Vaut-il mieux utiliser Signal, qui intègre des blobs propriétaires pour l'anti-spam, ou XMPP, un système fédéré 100 % libre
mais dont la gestion des appels dépend de la configuration de chaque serveur impliqué (ce qui signifie que forcément, nos contacts un jour ne seront pas capables d'avoir une réunion dans l'un ou l'autre de leurs collectifs, retourneront vers WhatsApp, et phénomène de foule oblige y resteront car « ça marche ») ?)
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@Raveline @Caligans D'une part, « salamalecs » vient de l'expression « Salam Alleykoum », qui est une manière magnifique de dire bonjour ; s'en servir péjorativement est de l'appropriation culturelle, et c'est raciste.

D'autre part,
dontasktoask.com
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@jor Bah non, pas mon blog. xn--ocane-csa.fr
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L'addiction à un récène est une violence domestique. Vraiment, je n'ai pas été choquée d'héberger un prédateur domestique car il ne faisait qu'apporter sa propre « couche » à un truc que je vivais déjà.
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@milank @davidho To be honest, parking bikes on the car lane would make a hell of a traffic jam, while parking cars on the bike lane is “just” mildly dangerous for cyclists.
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J'ai dit en cours que l'acronyme « LGBTQIA+ » était un scheme pour gagner au Scrabble, la prof m'a splain très sérieusement sur les études de genre 💀
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Food @AnarchoNinaWrites I'm gonna cook some pasta
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@AnarchoNinaWrites OMG I'm hungry too now
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Prédation numérique, addiction, violences domestiques (descriptif), − (Je dis ça parce que j'ai vécu les deux)
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Prédation numérique, addiction, violences domestiques (descriptif), − Oui, avoir un logement dégueulasse, manger en 10 minutes en gardant un doigt sur F9 pour allumer son ordinateur le plus vite possible, stresser parce que son FAI Crous est en cours de migration vers Wifirst et que ton ordinateur peut chercher un semblant de connexion pendant un quart d'heure, manquer de sommeil, être incapable de lire des textes (et passer des nuits blanches dessus), arriver en retard en cours, etc. sont des symptômes parfaitement classiques de violences domestiques
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Prédation numérique, addiction, − Je sais pas comment dire à mes camarades de promo que je considère avoir été victime de violences domestiques de la part de l'entité Facebook, Inc. (au sens où il m'est arrivé de me dire « ok, y a du progrès, je n'ai été sur Twitter que 5h aujourd'hui ») et donc que récupérer des numéros de téléphone pour créer un groupe WhatsApp, sans parler en amont du fait que ça appartient à Facebook, est décevant de la part de personnes que j'estime, et parfaitement indécent
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@Snoopy Donc pour résumer, je dirais qu'un bon logiciel de réseau social devrait fournir des affordances différentes pour des activités différentes – publication, mesage, commentaire –, et aussi être extensible pour permettre, par exemple, la coordination de tâches dans le monde réel, par exemple de mettre des médias pureplayer sur pied avec un WordPress et 25€/mois, plutôt que de poster chacun·e dans son coin, dans une relative inertie. Je dirais que la première approche serait plus « familiale », cozy, dans le care, tandis que la seconde serait plus militante et productiviste (dans le bon sens du terme, si tant est que cela existe – Bonfire est développé par des anarchistes membres de coopératives autogestionnaires).
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@Snoopy Salut, je considère que Diaspora​* et Bonfire représentent deux approches un peu différentes, mais qu'il faudrait idéalement pouvoir réunir :

1. Diaspora​* est à la fois le nom d'un serveur de réseau social et celui de son protocole ; à ma connaissance, le serveur est la seule implémentation du protocole. Ce qui me plaît avec ce protocole est qu'on ne peut pas cliquer sur un bouton « j'aime » pour un commentaire ; les affordances pour une publication et un commentaire sont très différentes, et c'est parfaitement logique dans la mesure où une publication et un commentaire impliquent un investissement très différent, et donc des formes de reconnaissance très différentes aussi. Fournir les mêmes formes de reconnaissance pour un commentaire que pour une publication, comme un parent pourrait avoir le même comportement si son enfant faisait la vaisselle ou lui ramenait une excellente moyenne générale, peut tendre à détraquer notre système de catégorisation ; je compte à l'occasion lire « De la justification » de Boltanski et Thévenot car il me semble qu'un type d'objet unique pour différents cas d'usage peut produire de la confusion, être à l'origine du phénomène des « reply guys », et par ailleurs amener les gens à produire des jugements, et donc à devoir se justifier ou à mettre autrui en position de devoir se justifier.

2. Bonfire est un serveur ActivityPub, compatible avec Mastodon, Lemmy,
etc. Ce qui me plaît avec ce serveur est qu'il est conçu pour être extensible et pour proposer des affordances pour une grande variété de cas d'usage. Le problème pour moi avec Twitter par exemple est avant tout qu'il ne correspond qu'aux cas d'usage des cadres et donc que pour être économiquement rentable, il doit amener les pauvres à y communiquer sans que cela ne serve à quoi que ce soit. De même, on retrouve des institutions totales numériques, au sens de Goffman (Asiles, 1961) sur Mastodon car ce serveur fournit relativement peu d'affordances et recouvre donc relativement peu de cas d'usage, ce qui fait qu'alors que le blog est censé nous permettre d'être réflexif·ves sur et de structurer notre vie quotidienne, le microblog nous permet d'être réflexif·ves sur nos timelines, jusqu'à la création d'un illusio tout à fait réel mais en quête de capitaux tout à fait fictifs ; parce que chaque message dans une timeline est alors l'opportunité d'une expérience d'autostimulation (cf. « The Brain-Stimulation Reward »](en.wikipedia.org/en/wiki/Brain_stimulation_reward) (en) sur Wikipédia). La pauvreté en affordances pour être est à la fois un dispositif de pouvoir favorisant l'engagement des pauvres, puisqu'iels perdent de vue leurs objectif de la vie réelle au profit du paraître, mais aussi une condition du soutien de ces entreprises par les bourgeoisies locales, qui détiennent une grande partie des médias.
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4chan, dépression Je ne recommande pas 4chan. Vous allez tomber sur des personnes horribles, qui vous diront des choses horribles, sous couvert d'anonymat. C'est aussi un moyen tout à fait médiocre de trier des informations, pas moins que le microblog, mais je ne recommande pas non plus le microblog à mon entourage (je leur recommande le fédivers quand iels sont déjà sur des récènes capitalistes, mais seulement dans certaines conditions).

Mais il est intéressant de voir des personnes trans s'approprier cet espace. Par exemple de nombreuses personnes trans postent et se soutiennent dans les fils où on envoie des captures d'écran de nos bureaux, et c'est grave mignon. Ce n'est tout de même pas une raison pour s'intéresser à ce site web, et à titre personnel il a joué un rôle non-négligeable dans ma dépression.
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Je fais de la recherche pour des raisons parfaitement égoïstes, simplement pour satisfaire mes neurones-miroirs, ce qui a pour conséquence que je préférerais perdre un œil ou un bras à laisser des élèves sur le carreau dans le système scolaire.

Mais je veux surtout dire que culpabiliser les gens ne sert à rien, ce n'est pas un bon moteur pour l'action, au contraire.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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J'ai l'impression que mes neurones-miroirs s'enflamment pour un oui pour un non, ce qui détermine mon empathie, littéralement ma motivation à faire de la sociologie, sauf dans les situations dans lesquelles j'ai été culpabilisée de manière répétée. J'ai probablement dû construire mon intérêt pour la sociologie contre mon entourage, d'une manière qui pouvait confiner à la provocation, justement pour pouvoir laisser mon empathie me motiver à faire de la recherche.
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@Snoopy Merci pour tes retours, je modifierai ce billet pour en tenir compte, quand j'aurai le temps.
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@Snoopy Mais je ne veux pas dire que Bourdieu aurait tort d'écrire des textes dans un style qui se veut héritier de Proust. Ce que je veux dire est que culpabiliser ses lectaires à lire des documents qui leur sont inaccessibles, qu'il s'agisse de l'institution scolaire, de la sociologie, ou des récènes, est un red flag, surtout à une ère d'abondance en matériaux, une ère où les appareils que nous utilisons pour consommer des contenus nous permettent aussi de les produire. J'ose un parallèle avec les violences conjugales dans la mesure où l'acte de considérer devoir mériter ne plus être victime de violences – en « changeant » saon conjoint·e, ou en utilisant le microblog « correctement » – c'est-à-dire en se constituant le capital culturel qu'il est conçu pour nous empêcher de constituer – est un comportement fréquent chez les victimes de violences domestiques, y compris sous l'influence de l'institution scolaire et de la violence de classe qu'elle occasionne.

Je suis bien placée pour savoir que les femmes peuvent être manipulatrices et abusives car mon ancien coloc a été victime d'une manipulatrice, une femme hideuse, qui encore enceinte assumait de vouloir utiliser son futur enfant – qu'on ne lui avait pas encore retiré – pour gagner de l'argent. Je ne veux pas nier cet aspect, je veux simplement m'appuyer sur le fait que la citation originale est genrée – à raison – et que la direction des récènes capitalistes est aussi genrée. À titre de comparaison
Bonfire est co-porté par une personne non-binaire, de même que pour Pleroma, dont la cheffe de sécurité était par ailleurs Ariadne Conill ; il me semble que des minorités de genre sont aussi impliquées dans le développement de Firefish. C'est vraiment pour cette raison que j'insiste sur la socialisation masculine. C'est vraiment un argument périphérique, que je devrais prendre le temps de démontrer (mais je n'ai pas la biblio sous la main pour ça), mais qui permet juste de souligner ce parallèle entre violences conjugales et addiction aux récènes capitalistes comme violence domestique.

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Océane @oceane@peculiar.florist
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@Snoopy Oui je suis d'accord, mais là c'était une femme qui disait ça à d'autres femmes à propos d'hommes.

Je ne prétends absolument pas que les femmes ne pourraient pas être toxiques. Je ne prétends absolument pas que les hommes ne pourraient pas être victimes de violences conjugales ni que le fait que l'on parle de ces situations ne serait pas une grande avancée.

Je prétends juste qu'il y a des rôles de genre et que les femmes sont plus souvent victimes de violences conjugales que les hommes, et que cette citation s'adresse aux femmes, ni plus ni moins.

J'aurais sincèrement préféré parler de « personnes » plutôt que d'hommes. Le fait que les récènes capitalistes soient quasiment exclusivement dirigés par des hommes, ainsi que le caractère domestique de la relation de maltraitance entre les ayants-droit de Facebook ou Twitter et leurs victimes, m'amène à faire un parallèle entre les violences domestiques que font subir certains hommes dans le cadre de leurs rôles de genre et en particulier dans le cas assez rare où ces hommes sont des prédateurs (et pas simplement de pauvres types), et l'addiction à Facebook et à Twitter que je considère comme une violence domestique, automatisée par des ordinateurs. Le parallèle consiste en ce que dans les deux situations, leurs victimes se retrouvent dans une situation où elle veulent « persévérer », réparer leur prédateur dans le premier cas, percer les mystères du récène dans le second, bref mériter de cesser être victimes de violences, conscientes dans le premier cas, inconscientes, mais faisant l'objet d'un manque clairement perçu, dans le second (la différence tenant dans le fait que sur un récène capitaliste, les victimes confondent le soulagement d'avoir des interactions à peu près normales avec la sacralité de membres d'une société jouissant d'une solidarité inconditionnelle, comme les normalien·nes, que certain·es défendront bec et ongles pour défendre leur propre conception du sacré). Mon argument est donc que dans les deux situations, il ne faut pas persévérer, notamment car un document doit être immédiatement attractif et accessible.

Des intellectuel·les aussi brillant·es que Pierre Bourdieu, à leurs corps défendants, ont défendu cet aspect des documents qu'iels produisaient, par exemple dans /« La sociologie est un sport de combat »/, où il se justifiait d'écrire dans une langue hermétique en considérant qu'il était de la responsabilité des pauvres d'apprendre à lire ses livres (il faisait ainsi du Bourdieu contre Bourdieu, puisque ses travaux
consistent à démontrer le contraire). Il était un peu pris au dépourvu et sur la défensive.

L'internet permet au peuple de produire des documents textuels, mais aussi audio et vidéo, et donc de rendre les travaux d'intellectuel·les comme Pierre Bourdieu plus accessibles. L'ENS a une politique de démocratisation de la connaissance, notamment avec
persee.fr, avec des podcasts, etc.

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Océane @oceane@peculiar.florist
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Alors qu'à l'inverse, je suis souvent déçue par des blogs d'universitaires.

(Édit : je viens d'ouvrir le blog d'un universitaire qui a 7 500 abonné·es sur ce réseau puis je me suis demandé pourquoi je me faisais du mal.)
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