Blogueuse. Usages du syndicalisme et des logiciels libres contre le terrorisme d'État. Conscience de genre et solidarité de classe. Ségrégation raciale, salariale, et surproduction de masse.
1. Je suis très sérieuse à ce sujet : les libristes maintiennent l'infrastructure dont iels ont besoin. Par exemple, je veux utiliser Himitsu sur Guix, donc au lieu de git pull et compiler les paquets manuellement je le ferai en tant que mainteneuse de ce paquet, et de quelques autres. Ces paquets attireront d'autres utilisataires et donc d'autres mainteneur·euses de paquets (dont je pourrai me servir en retour).
Personnellement je vais peut-être gérer tout ça avec Qubes OS, ou peut-être pas mais sérieusement, si vous vouliez faire les choses correctement vous devriez demander à vos enquêté·es de signer un formulaire de consentement pour téléverser leurs enregistrements (audio) d'entretiens dans Google Drive, OneDrive, ou Dropbox.
Faites-le et envoyez-moi une capture d'écran de la réaction de votre enquêté·e.
La solution est très simple, il suffit d'enregistrer et de lire ses entretiens avec un·e utilisataire séparé·e, qui n'exécute pas de logiciels propriétaires, sur un système d'exploitation libre.
Sinon, admettons que vous réalisiez des entretiens avec des personnes paranoïaques, critiques des Gafams, et bah les Gafams peuvent accéder à ces entretiens. Il n'y a aucune protection logicielle, ce n'est même pas du piratage vous avez signé les CGU et vous êtes sans doute pénalement responsable, notamment au titre du RGPD, au titre d'actaire du traitement des données.
Je suis désolée d'insister, mais si vous lisez des enregistrements d'entretiens depuis un·e utilisataire avec læquel·le vous exécutez Discord, alors Discord a accès à vos enregistrements d'entretiens.
Il n'est pas normal que des gens qui seraient très heureux·ses dans une communauté de créatif·ves quelconque, comme les tildes ou un « serveur » Discord dédié à Undertale ou au dessin, mais aussi ingérables en dessous d'un certain âge (15 ans pour les tildes, m'a dit mspie), se retrouvent coincé·es et même accro à des modalités de communication duales, chaque abonnement représentant une relation parasociale dans un isolement total, hors de toute communauté d'abonné·es/de fans de tel·le créataire.
Mastodon a fourni une TL locale et c'est déjà mieux, mais in fine cela revient à mieux faire quelque chose que le microblog n'a jamais eu pour vocation que de mal faire.
Vous vous rendez compte que sur le fédivers aussi y a des gens qui vous suivent et qui vous admirent, et qui peuvent ne pas oser vous répondre, ou se demander pourquoi vous ne leur avez pas répondu, se demander si iels ont eu un comportement inapproprié, ce que vous pensez d'elleux, etc. ?
C'est un problème constitutif du microblog en tant que tel : il vise à faire un maximum de choses possible, mais il vise aussi à les faire le plus mal possible, et en nous faisant le plus de mal possible. Seules les activités créatives sont récompensées par l'activité de publication du microblog ; il faut avoir un méta-projet pour être populaires ici. On compare cet endroit à une discussion rapide dans un couloir ; c'est faux, nos échanges ici ont tout de la pause clopes !
re: Discourse: Modern Decadence@Angle And the job of critical sociology is actually to warn societies about the internal contradictions within them that may lead to their collapse. Think about the Roman empire's wars or about the impact of capitalism on our global civilization.
@ailepet@louisderrac@mastodon.zaclys.com Personnellement je défends surtout l'apprentissage d'une culture numérique à l'école, mais je pense que cela contredirait des intérêts politiques de spectacularisation, de modélisation des comportements de masse (politiques et de consommation).
La satisfaction de ces intérêts politiques crée des névroses, ce que j'appelle des “enfants spectacularisés”, c'est-à-dire des enfants chargés d'améliorer l'image de leurs familles en réussissant à l'école, ce qui leur donne envie d'avoir des pouvoirs extraordinaires et des ami·es hors du commun, et que l'on retrouve donc dans les JDR et dans la politique (une même population qui peut être gênante en tant que joueur·euses obsédé·es de références internes, et toxique en tant que politicien·nes obsédé·es, comme Nicolas Sarkozy, par la police nationale).
Je pense également qu'isoler le numérique en tant qu'objet d'étude sera toujours insuffisant : sous différentes formes, il peut servir des intérêts très contradictoires, notamment libéraux, au sens strict de libération des tutelles, et donc révolutionnaires. Mais la déshumanisation de ses victimes par exemple est un fait irréductiblement social, dont l'analyse sera toujours enchevêtrée avec celle de la situation d'un·e normalien·ne, d'élèves du secondaire, ou de mes relations avec læ mendiant·e de la supérette du coin de la rue – les affordances mêmes de Facebook et de Twitter, et donc d'Instagram et de Mastodon, sont inséparables d'une excuse libertarienne assimilant la réussite et donc le droit d'oppresser aux formes strictement économiques de capital, sans que les tenant·es de cette excuse n'hésitent à qualifier la sociologie – incarnation d'un niveau de capital culturel élevé et d'une certaine pauvreté économique – de pseudo-science. Il s'agit alors d'un maintien plus ou moins assumé des improductif·ves en situation d'improductivité, puisqu'étant improductives leurs victimes – notamment des mineur·es – méritent d'être exploité·es.
Sérieusement si vous voulez “débrancher”, avant de partir élever des chèvres dans le Larzac, je vous encourage à :
1. utiliser F-Droid, et à n'installer que les applications propriétaires de banque et de communication (WhatsApp et Google Drive si c'est ce que vos collègues utilisent),
2. installer Fedora Linux et chercher des applications libres et de qualité, et
3. éventuellement, installer Emacs (si vous en avez le temps).
Je peux également vous donner une formation à Emacs, et si vous êtes pauvre, c'est gratuit (envoyez-moi un DM)
Même Mastodon, que je considère comme sans doute le pire logiciel libre que j'utilise, peut représenter une porte de sortie de l'addiction aux récènes capitalistes en diversifiant les modes d'information, ce qui est beaucoup plus difficile avec ses principaux concurrents propriétaires, Bluesky et Twitter.
On peut également recommander une communauté intentionnelle liée à des activités créatives, comme les tildes sur IRC, ou alors sur Discord, mais chacun des équivalents libres que je mentionne fait mieux le taff que son/ses équivalent(s) propriétaire(s).
Ok, c'est une publication intéressante sur le rapport de personnes autistes (comme moi) aux hiérarchies, et je me reconnais dedans, mais je la trouve au contraire très caricaturale sur les personnes allistes, les associant de manière assez essentialisante aux hiérarchies sociales (par contraste et par omission).
C'est assez facile de verser là-dedans, pour les personnes autistes, justement (et paradoxalement) pour une part par rancœur, d'autre part parce qu'on a bien besoin de se sentir valorisé·es (ça ne vient généralement pas des personnes allistes, et seulement à titre exceptionnel sans un long parcours de normalisation, sans lequel on est systématiquement dégradé·es, et pour lequel on vous en veut, occasionnellement pour votre participation active à cette dégradation et surtout, de manière plus générale, pour votre silence).
2. la manière dont certaines affordances font des problèmes de modération un problème systémique (je pense notamment à la manière dont le livre « De la justification » de Boltanski et Thévenot pourrait, car je ne l'ai pas encore lu, éclairer la manière dont on se comporte souvent comme des flics par ici, en mettant à notre corps défendant autrui en position de devoir se justifier)
PS : Alphabet pousse pour le web et développe Android, et il est possible de collaborer en sociologie avec une connexion de 16 Ko/s grâce à Magit, Denote, et Org-mode (en supposant une culture numérique décente chez les étudiant·es en sociologie, ce qui n'est évidemment pas le cas), mais mon téléphone sous /e/ n'a pas géré correctement sa mise à jour, et je me retrouve avec des bugs qui correspondent aux descriptions (vagues) de ce qui risque de se produire si on met à jour son téléphone sans mettre son firmware à jour.
Mon chéri me dit que je ne devrais pas utiliser de logiciels libres qui font que je ne suis pas joignable, ce qui serait une critique pertinente si j'utilisais PostmarketOS, mais là le problème est vraiment que contrairement à PostmarketOS, les devs d'Android tiennent pour acquis le fait que je ferai une mise à jour dans des conditions correctes, ce qui n'est pas toujours le cas.
Quand je veux dire que l'expérience utilisataire d'Emacs est hors-ligne, je veux dire par exemple que mardi dernier j'ai téléchargé des pièces jointes par email, avec Thunderbird, et que je les ai lues puis que j'ai fait une fiche de lecture, ce qui m'a pris trois quarts d'heure, avant de me rendre compte que je ne m'étais pas connectée au réseau eduspot.
On est censé·e pouvoir travailler sans être incommodé·e par l'absence de connexion internet pendant un trajet en train, ou de manière plutôt confortable pendant plusieurs semaines avec un débit limité à 16 Ko/s ; tout un tas d'infrastructures ne dépendent heureusement pas du web.