Blogueuse. Usages du syndicalisme et des logiciels libres contre le terrorisme d'État. Conscience de genre et solidarité de classe. Ségrégation raciale, salariale, et surproduction de masse.
@Sylvhem Je me souviens de cette activiste de Dernière rénovation s'étant introduite lors des Césars en levant le poing, terrifiée, et du présentateur jouant son rôle de jeune bout-en-train noir (face à un public majoritairement blanc et d'âge mûr), demandant dans un rire pourquoi c'était toujours à lui que ça arrivait.
Le message a immédiatement été récupéré et neutralisé, en direct, dans un contexte clairement suprémaciste.
@Sylvhem Non mais d'accord mais ça fait quoi de concret contre les causes du réchauffement climatique ? Ça devient une performance artistique en soi à ce train-là.
En quoi jeter une boîte de conserve de sauce tomate sur un tableau permet-il de lutter contre le racisme systémique ou pour les énergies renouvelables ? La porcherie bourgeoise a trouvé un moyen de déplacer le sujet des revendications à notre patrimoine (tout en introduisant la sémantique du patrimoine – industriel, foncier), la méthode ne me paraît plus très efficace.
Quelque chose qui m'a aidée à mieux gérer mon addiction aux réseaux sociaux – dans la mesure où celle-ci passait par un encouragement structurel d'un mode de pensée violent – était de traiter le sujet comme un complément d'action : "aujourd'hui ai-je changé mes draps". "Me permet la syntaxe actantielle de mieux gérer mon techno-narcissisme en déplaçant l'attention sur la relation plutôt que sur l'essence."
Et mes écrits sont littéralement meilleurs avec cette syntaxe.
Et sont mes écrits littéralement meilleurs avec cette syntaxe : par exemple, tendent les phrases en syntaxe actantielle à être plus développées (car symboliquement moins menaçantes pour l'ego, en particulier sur Mastodon). Semble être tout le jeu des réseaux sociaux de déplacer, contre le réseau social lui-même, son attention pour le sujet de l'essence aux relations.
Est-ce pour cette raison parmi d'autres que recommandé-je aux victimes de maltraitance numérique de se lancer dans un défi #100DaysToOffload. (Ne puis-je faire aucune garantie sur ma capacité de bien représenter cette syntaxe.)
Elle permet de moins parler des personnes que des actes, et de leurs causes institutionnelles et politiques.
Par exemple, c'est toute la différence entre "ces pauvres sont mal éduqué'es" (dans une perversion du concept d'éducation) et "ces pauvres sont structurellement épuisé'es".
En commentaire d'événements choquants, la CNV permet de déplacer l'attention des personnes (défaillances morales) aux cadres systémiques (défaillances éthiques).
Littéralement une _black pill_ au sujet de Mastodon (1/3)Non, Mastodon ne marche pas. C'est une solution à un problème de réduction tendancielle de l'informatique à du remplissage de formulaires consistant à réduire l'informatique à du remplissage de formulaires.
L'informatique a toujours été excellente, mais toute tentative de remplacer le web 2 par du web 2 est confrontée au besoin de lutter contre les Gafams sur leur propre terrain. On doit jeter des minorités sous le bus ou rester minoritaires.
À l'inverse, les Gafams ne peuvent pas gagner sur le terrain du projet GNU. Bien que le web soit techniquement une partie (tout à fait légitime) de l'internet, le web 2 est socialement un terrain parallèle, que tout oppose dans mes idées.
(Le web est un excellent protocole de consultation de documents en lecture seule, que l'on peut modifier avec d'autres protocoles, comme Gemini. Techniquement, certains logiciels de serveurs Gemini ne peuvent même pas modifier les fichiers sur la machine. Idem avec le serveur web d'OpenBSD.)
Certaines personnes dites "therian" se vivent comme des animaux non-humains. Je sens derrière notre rejet la crainte de voir la transidentité assimilée à des personnes délirantes.
Mais certain'es d'entre nous le sont. Nous (l'ensemble des personnes trans) n'en sommes pas moins légitimes. Je comprends bien que nous soyons nombreuxses à nous retrouver dans des positions précaires vis-à-vis de familles, collègues, employeurs abusif'ves, mais lécher les bottes des cis n'est pas un horizon politique.
Je veux dire, lécher les bottes de personne n'est un horizon politique.
Btw : on critique le fait que certaines personnes otherkin assimilent le respect de leurs "identités" (je ne suis pas sûre du terme) au respect des pronoms d'une personne trans. Ce serait moins un besoin que pour nous.
Mais j'imagine que ça pourrait varier d'une personne à l'autre. Ça pourrait être très important pour certain'es otherkin. Ne pourrait-on pas leur foutre la paix ?
Je vois des camarades critiquer la CNV en me faisant des exemples et des paraboles… et d'autres personnes l'attaquer de manière virulente.
"Si un homme a réduit mon père en esclavage, et que je lui crie dessus, est-ce que j'ai tort ?
- Je ne vais pas te blâmer pour ça, ce ne serait même pas de la CNV, donc à l'inverse ce serait complètement hypocrite de ma part ; mais à ta place, je trouverais plus satisfaisant d'organiser un rapport de force pour le faire punir (pour pouvoir lui dire calmement que plus jamais un membre de ton groupe social ne sera menacé par cet homme). Ce serait d'autant plus réparateur, et moins propice à des dérives politiques."
Par contre, une camarade de promo HPI voyait les salles de cours comme des lieux de libre expression, en dehors de toutes conventions sociales. Elle semblait tout autant déterminée à déboulonner le "mythe" HPI qu'incapable de se considérer intellectuellement sur un pied d'égalité avec nous.
Elle a notamment crié que la CNV renforçait les rapports de domination sans donner de vrai argument, en impro totale ; ce qui me paraissait absurde comme affirmation, mais je n'avais rien dit.
La CNV me paraît avant tout pertinente quand des personnes se crient dessus pour être écoutées par l'autre, ce qui soulève des questions d'ignorance du stigmate chez un adolescent (et donc de socialisation retardée) mais aussi de handicap invisible et de protection de l'enfance.
Elle n'a rien à voir avec l'imposition d'un quelconque mode de communication ou avec des reformulations lissées d'idéologies suprémacistes.
C'est simplement de la communication non-violente.