Blogueuse. Usages du syndicalisme et des logiciels libres contre le terrorisme d'État. Conscience de genre et solidarité de classe. Ségrégation raciale, salariale, et surproduction de masse.
C'est d'ailleurs l'origine de la confusion entretenue autour du développeur principal de Mastodon, et je lui crache à la gueule (la confusion, pas Rochko) : parce qu'il a choisi de développer un logiciel open source, ce serait une « meilleure » personne, voire un pur produit du terroir européen, quelqu'un qui, contrairement aux petits blancs états-uniens, voudrait améliorer la société – preuve s'il en était besoin que la blanchité est une notion toute relative. Sauf que Mastodon est un logiciel open source, qu'il est toujours question de travailler pour son développeur principal et pas avec lui, y compris en utilisant son logiciel ; qu'il le fallait sans doute pour qu'on en parle un peu dans les médias, mais que c'est de la maltraitance – rendue nécessaire, désolée de le dire, par le manque d'intérêt de nos journalistes pour l'internet en tant que technologie de l'information et de la communication, par le manque d'accessibilité de ces TIC, leur manque d'internationalisation, etc.
Un troll et quelqu'un qui « optimise pour l'engagement » veulent exactement la même chose, vous pousser à réagir, à liker, et à commenter. La seule différence est qu'un troll n'a aucune envergure et veut rigoler un coup, tandis qu'un développeur de réseau social veut devenir milliardaire.
J'ai envoyé un email à un prof pour lui expliquer grosso modo qu'une idée qu'il a développée en cours est un banger, mais que je ne peux pas le citer, car il ne me semble pas l'avoir publiée. (En plus c'est un vieux prof, il a commencé sa carrière dans les années 90, l'idée même qu'il n'ait pas publié cette idée « en propre » me paraît choquante.)
Marrant, je viens de retomber sur un vieux billet intitulé « Matrix me désespère », qui parle d'optimisation pour l'engagement, et je me rends compte hier que l'optimisation pour l'engagement utilise notre désespoir pour nous rendre très actifves sur un service open source/propriétaire…
[Narrataire : l'optimisation pour l'engagement entretient notre désespoir.]
Sur l'appauvrissement de nos idées et de nos communications, voir xn--ocane-csa.fr/la-maltraitance-numerique, j'ai des trucs à ajouter mais ça reste secondaire à ce propos.
Une manière par laquelle les récènes pourrissent la gauche est en amenant des personnes complètement isolées du monde réel (et je parle bien d'activités discursives ou pratiques/productives, pas de ce vieux débat IRL/AFK), dans des « chambres à échos » (un cas de ce que l'on nomme en sociologie des « institutions totales »), à avoir un rapport très idéologique aux choses, à vouloir établir un plan de A à Z pour mettre en place le communisme avant même d'atteindre 30 % de syndicalisation dans leurs pays, et donc à charger des mots innocents et joyeux comme « collectivisation » d'une sorte de finalité révolutionnaire violente.
J'hésite par exemple à motiver mes voisins à commander des paniers Too Good To Go et à les collectiviser, ainsi qu'à défendre à moyen terme l'inclusion des mendiantts du quartier, car « de chacunn ses capacités à chacunn selon ses besoins » ; principalement car des publications en ligne défendent des crimes contre l'humanité presque par principe, en tout cas au nom de principes peu explicités. (Et j'entends bien que des États s'émancipant du colonialisme, ou confrontés à « mille rois combattants », doivent d'abord se préserver eux-mêmes pour protéger leurs programmes révolutionnaires, nourrir leurs peuples, etc. Mais défendre ça sur le principe, justement, et donc sans rendre compte du processus historique détaillé, me paraît nuire à notre camp dans le contexte médiatique d'un appauvrissement concerté de nos idées et de nos communications.)
Et honnêtement je n'ai quasiment jamais de soucis d'accès à l'internet via Tor, à part sur des sites web aux pratiques commerciales bizarres, ou simplement pour m'authentifier sur des sites web qui, de toute façon, savent tout de moi, même mon instance Firefish, donc dans ces deux cas j'utilise GNU Icecat avec la plupart des modules de protection désactivés. Ce n'est pas « pesant », je vis définitivement le web comme un boulet, mais à moins d'être trop dogmatique, mon usage de Tor n'en est pas un.
(J'imagine que si je voulais suivre l'actualité via des médias indépendants, ce serait plus compliqué, mais de toute manière, je le fais à travers mon lecteur de flux RSS, donc de manière évidemment très incomplète.)
Sinon c'est trop bien d'exécuter Emacs avec Tor (torify emacs --daemon, puis emacsclient -c) parce que je peux réaliser la plupart de mes activités (Git, administration système, RSS) via le réseau Tor gsdghsldgx
C'est un problème courant en sécurité : toute technique qui vise à empêcher l'accès aux méchants peut être détournée pour faire un déni de service. Ainsi, par exemple, si vous bloquez un compte au bout de N tentatives d'accès infructueuses (une très mauvaise idée, mais qu'on voit parfois), il est trivial pour un attaquant de bloquer le compte, juste en tapant n'importe quel mot de passe. Ici, on peut s'indigner de ce qu'une technique anti-usurpation mène à un déni de service mais c'est un problème bien plus vaste que la RPKI. Comme des informations ont montré que le mot de passe d'Orange Espagne était bien trop faible (juste « ripeadmin »), beaucoup de gens ont ricané, parfois bêtement, sur cette faiblesse. En fait, comme l'attaquant a apparemment utilisé un logiciel malveillant installé sur l'ordinateur d'un employé d'Orange Espagne, il aurait pu avoir le meilleur mot de passe du monde (« 45cf*b2b44cfA7🦕f64ccç302617F! »), cela n'aurait rien changé. Plutôt que de se focaliser sur ce mot de passe, effectivement trop faible, il vaudrait mieux insister sur l'importance d'activer l'authentification à deux facteurs, comme le recommande le RIPE.
J'ai écrit un billet un peu borderline où je revenais sur les prénoms de mes harceleureuses, auxquelles certaines personnes que j'aurais imaginées mieux renseignées assimilaient l'immigration algérienne. Je repose ce billet quelque temps, je le publierai peut-être plus tard. (Sur 16 harceleureuses, je ne retiens qu'une seule élève, et pas plus de deux prénoms maghrébins.)
« Le « harcèlement scolaire » n'est donc pas un phénomène propre aux élèves, dont iels seraient entièrement voire moralement responsables. » #PointZeugme
@stman@sebsauvage Tu voudrais pas jeter un œil à bonfirenetworks.org ? Il y a une beta ouverte sur campground.bonfire.cafe, les développeureuses sont de vraiis libristes (et pas seulement des devs open source), il y a bien une limite de taille, paramétrable au niveau de l'instance, qui est de 2000 mots.
Je peux te gérer l'hébergement de l'un des nombreux serveurs de microblogging sur ce réseau, mais tu pourrais aussi attendre que Bonfire sorte de sa beta ? C'est prévu pour « bientôt »…
C'est comme tu veux, mais en ce qui me concerne ce serait avec plaisir !
Pourquoi les gens utilisient-iels des navigateurs web ? Pas parce que ce serait pratique mais car on aurait l'ensemble de ses interfaces dans un seul programme, sans avoir besoin de configuration supplémentaire de leur côté, et donc sans risquer d'être confrontéés à leur manque de connaissances et d'éducation sur des sujets qui nous semblent aussi élémentaires que des numéros de ports. Des travaux sont en cours de développement concernant le développement d'une sorte d'Emacs modernisé, internationalisé, multitâche, et il resterait encore à implémenter une meilleure gestion de la synchronisation et des sauvegardes.
1. Notons qu'une installation d'Emacs peut déjà être redéployée à volonté en copiant son dossier ~/.emacs.d. 2. Je pense plus particulièrement à logseq, à lem, et à nyxt. 3. De même, des systèmes d'exploitation entiers peuvent être répliqués en copiant leurs manifestes, avec nixOS et Guix.
Mon opinion sur l'interopérabilité et les protocoles rejoint celles, controversées, de la plupart des libristes : il faudrait ramener les données et les calculs sur les ordinateurs des utilisataires, et donc privilégier des protocoles/normes locaux comme git, ou RSS, synchronisés localement via des systèmes classiques de sauvegardes, comme Syncthing, plutôt qu'en externalisant l'ensemble de ses données et en laissant à des entreprises le soin de faire ces sauvegardes à notre place, moyennant rémunération et donc espèces sonnantes et trébuchantes, ou à l'inverse, manipulation, modélisation, et vente de données.