Blogueuse. Usages du syndicalisme et des logiciels libres contre le terrorisme d'État. Conscience de genre et solidarité de classe. Ségrégation raciale, salariale, et surproduction de masse.
Notons cependant que la seule chose qui me retient de poster mon fichier de configuration lettrée d'Elfeed dans Firefish est la limitation de caractères, je suis sérieuse, mettez-moi une limitation à 50 000 signes et je n'hésiterai pas à m'en servir
@rumi Ah oui je voulais aussi ajouter que tout le monde trouve LaTeX compliqué parce qu'iels ne connaissent pas (Xe)LaTeX appliqué aux sciences humaines, leur principal outil pour apprendre ce langage est Google, et il est là le problème, tout le monde déteste apprendre la cuisine, l'administration système, LaTeX, Emacs, le développement C, ou la programmation de claviers mécaniques avec Google, mais ça c'est normal.
Les macros de LaTeX sont un peu indigestes mais taper en LaTeX reste, à mon humble avis, d'une grande simplicité, tu ne peux pas prendre de notes en LaTeX sans pré-programmer des macros sur ton clavier mécanique ou dans Emacs, et c'est sans doute un autre frein pour les étudiant·es, mais ça ne rend pas la rédaction d'un mémoire avec LaTeX particulièrement compliquée, AMHA. On se trouve à l'intersection d'un système d'informations obsolète et du fait que le personnel et les étudiant·es restent dans une commisération mutuelle pour leur incompétence technique, iels se foutent accessoirement, comme tout le monde, que ce soit un enjeu d 'accessibilité (en plus d'être un standard industriel).
Quant à Org-mode ? Je ne sais même pas, ou à peine, taper en LaTeX, je fais tout en Org-mode, avec Emacs. Encore une fois on a peut-être des tutoriels plus complets à écrire, mais le langage en lui-même reste du Markdown avec un système de gestion de tâches et d'événements, un système de feuilles de calcul (qui pour le coup me paraît vraiment indigeste), de l'exécution de code intégrée, de l'export de code dans d'autres fichiers, et la gestion intégrée d'entrées bibliographiques, ce qui pourrait intéresser mes camarades de promo.
Je pense vraiment faire de mon fichier de configuration lettrée d'Emacs un tutoriel complet, quand j'en aurai le temps et la motivation, parce que honnêtement c'est compliqué à apprendre mais plutôt simple à utiliser. ._. (Et on est à l'université, on est là pour apprendre des trucs, en principe.)
@rumi Tu veux dire par là que parler d'hommes spécifiquement blancs, cis, et straight serait une manière pseudoscientifique de ne pas parler des hommes racisés, homosexuels, ou trans (tout en faisant semblant de mieux définir son objet) ?
Je pense personnellement que si la catégorie peut être pertinente, l'expression a pour principale fonction de connoter une forme essentielle de prédation. De mon point de vue, ce serait un échec dans la mesure où le masculinisme est autant un concept de gauche que le féminisme, il suffit de voir la communication de la CGT entre (au doigt mouillé) la seconde moitié du XIXe siècle et 1936 pour s'en rendre compte.
On a cédé le terrain du masculinisme, c'est-à-dire de ce que la solidarité entre hommes, cette terrible « solidarité masculine », à l'extrême-droite, alors que les hommes auraient pu développer une forme de masculinité plus positive, plus solidaire, plus syndicale, et se soutenir mutuellement, et certaines personnes me semblent tellement stupides qu'elles croieraient mener une charge faussement analytique alors qu'elles ne feraient que constater l'appropriation de cette notion par une extrême-droite de plus en plus à l'aise.
@rumi Alors, pardon, je n'avais pas vu tes réponses. Je ne sais vraiment pas pourquoi (alors que j'adore parler avec toi, t'es super intéressante et tout !)
À mon humble avis, deux suggestions :
1. Les capitaux bourdieusiens s'appliquent, concernant les logiciels libres il s'agit autant de capital culturel classique (la maîtrise des outils étant l'une des définitions données par Bourdieu des métiers de cadres) que de capital économique (les économies permises par la liberté de forker), de capital social (l'entourage universitaire des familles ouvrières multipliant par 10 leurs chances de faire des études longues à leur tour, lorsque « Les Héritiers » est publié, en 1964), et de capital symbolique (la violence symbolique engendrée par la capacité de maintenir de l'infrastructure publique, qu'il s'agisse d'un titre d'ingénieur·e diplômé·e de l'ENTPE ou de la capacité de produire du code et donc de prendre part à un système de don-contre-don de code, excluant tout rapport aux valeurs au profit de l'accomplissement immédiat de ses objectifs, de ses petits projets personnels, ainsi que de la rationalité en tradition de nos grands-mères, traumatisées par la guerre ou par le colonialisme et s'accrochant au mariage).
J'insiste sur le fait que les développeur·euses servent leur rationalité instrumentale (accomplissement immédiat d'objectifs) au nom d'un rapport aux valeurs relevant, d'une certaine manière et comme pour le « minimalisme » d'Archlinux, du meme communautaire.
2. Nos profs ne font pas le choix pédagogique de nous former à Word, iels y sont obligé·es par des contrats de financement de nos formations par Microsoft, et sont de toute façon elleux-mêmes formé·es dans de telles conditions, et donc complètement incompétent·es sur ces questions. En réalité, les logiciels libres nous font gagner du temps et sont surtout une mesure d'accessibilité de nos formations aux étudiant·es les plus démuni·es, les interfaces des logiciels propriétaires semblant conçues selon des critères libertariens et donc pour faciliter les études des élèves issu·es des catégories supérieures de la population, et inversement pour les élèves défavorisé·es (par exemple à travers une intégration bidon de Twitter dans iOS et à l'inverse de bons logiciels de prise de notes, de montage vidéo, et d'écoute de podcasts intégrés à macOS, dont un certain nombre d'étudiant·es issu·es des milieux populaires ne sauraient que faire).
Ce qui est sûr, en tout cas, c’est qu’à une époque sans doute trop lointaine pour qu’aucun d’entre nous en ait gardé un souvenir un tant soit peu précis, il n’y avait rien de tout ça : ni couloirs, ni jardins, ni villes, ni campagnes. Le problème n’est pas tellement de savoir comment on en est arrivé là, mais simplement de reconnaître qu’on en est arrivé là, qu’on en est là : il n’y a pas un espace, un bel espace, un bel espace alentour, un bel espace tout autour de nous, il y a plein de petits bouts d’espaces, et l’un de ces bouts est un couloir de métropolitain, et un autre de ces bouts est un jardin public ; un autre (ici, tout de suite, on entre dans des espaces beaucoup plus particularisés), de taille plutôt modeste à l’origine, a atteint des dimensions assez colossales et est devenu Paris, cependant qu’un espace voisin, pas forcément moins doué au départ, s’est contenté de rester Pontoise. Un autre encore, beaucoup plus gros, et vaguement hexagonal, a été entouré d’un gros pointillé (d’innombrables événements, dont certains particulièrement graves, ont eu pour seule raison d’être le tracé de ce pointillé) et il a été décidé que tout ce qui se trouvait à l’intérieur du pointillé serait colorié en violet et s’appellerait France, alors que tout ce qui se trouvait à l’extérieur du pointillé serait colorié d’une façon différente (mais, à l’extérieur dudit hexagone, on ne tenait pas du tout à être uniformément colorié : tel morceau d’espace voulait sa couleur, et tel autre en voulait une autre, d’où le fameux problème topologique des quatre couleurs, non encore résolu à ce jour) et s’appellerait autrement (en fait, pendant pas mal d’années, on a beaucoup insisté pour colorier en violet – et du même coup appeler France – des morceaux d’espace qui n’appartenaient pas au susdit hexagone, et souvent même en étaient fort éloignés, mais, en général, ça a beaucoup moins bien tenu).
Nous vivons dans l’espace, dans ces espaces, dans ces villes, dans ces campagnes, dans ces couloirs, dans ces jardins. Cela nous semble évident. Peut-être cela devrait-il être effectivement évident. Mais cela n’est pas évident, cela ne va pas de soi. C’est réel, évidemment, et par conséquent, c’est vraisemblablement rationnel. On peut toucher. On peut même se laisser aller à rêver. Rien, par exemple, ne nous empêche de concevoir des choses qui ne seraient ni des villes ni des campagnes (ni des banlieues), ou bien des couloirs de métropolitain qui seraient en même temps des jardins. Rien ne nous interdit non plus d’imaginer un métro en pleine campagne (j’ai même déjà vu une publicité sur ce thème mais – comment dire ? – c’était une campagne publicitaire).
Les médias bourgeois ont toujours diffamé les formes émergeantes d'art (avant c'était le rock, puis les manga, les jeux vidéo, etc.) car l'art est quasiment par définition critique de la bourgeoisie, il fait littéralement partie de nos propres infrastructures, de notre propre rapport de force ; il contribue à normaliser, à rendre entendable un discours contraire, à faire deviner autre chose par-delà un voile de dépression et de maltraitance, à faire espérer.
Leur critique récente des réseaux sociaux ne concerne qu'une critique d'un autre type de médias bourgeois, sous l'effet d'une pression interne, les journalistes qui elleux-mêmes ne sont pas seulement critiqué·es (ce serait tout à fait légitime) mais harcelé·es et agressé·es (par des personnes qui ne peuvent pas se défendre autrement).
@toor Excuse me but I see posts with about the same contents, regularly, and I always wonder where you'd expect the authors to post their articles: on their own personal blogs? Or should we expect them to politely ask their employers to monetize their articles about paywalls in some way and not in some other?
IMHO, the problem would be structural, and it wouldn't make sense to try to address it at an individual scale. Am I missing out something? Is it always possible to monetize media a la The Intercept, without any paywall and with material rewards for monthly donations?