En ce #VendrediLecture, je vous propose de (re)découvrir quelques textes de George Sand, dont on commémorait le 150ᵉ anniversaire de la mort le 8 juin. Des textes ayant trait à l’Auvergne et aux volcans, car oui, George Sand était une naturaliste amatrice, qui suivait de près les travaux de l’époque en la matière. Ainsi écrivait-elle à sa fille, le 11 juillet 1859 : « Ah ! Si j’avais le temps, quelle rage j’aurais pour la géologie et la minéralogie ! Mais il faut faire des romans ! » Cet intérêt se retrouve notamment dans le roman "Laura, voyage dans le cristal" (1864), dont certains universitaires s’accordent pour dire qu’il influença le "Voyage au centre de la Terre" de Jules Verne, paru près d’un an plus tard. 1/4 #littérature#roman#livre#lecture#géologie#Auvergne fr.wikisource.org/wiki/Laura._―_Voyage_dans_le_cristal
George Sand effectua trois voyages en Auvergne, à trois âges différents de sa vie : le premier en 1827 ; le deuxième en 1859 ; le troisième en 1873, avec sa petite-fille. Le premier donna lieu à quelques pages, publiées dans Le Figaro après la mort de l’autrice. Elles mentionnent une rencontre au Mont-Dore avec un certain M. Garrick, « véritable savant en guenilles », qui se met en tête de lui montrer les roches volcaniques du massif. La jeune George Sand semblait en savoir déjà davantage que son guide sur le sujet, mais apprécia néanmoins le personnage :
« Il estropie un peu les noms, il a quelques idées singulières sur l’origine et la formation des volcans, mais il ne dit guère plus de bêtises que beaucoup de savants de ma connaissance. Je déteste les grands mots et le grand savoir en manchettes et en jabot. Je les aime à la folie en casquette et en sabots. »
Le texte relate aussi une ascension à cheval du puy de Sancy, qui se conclut par ce commentaire lapidaire : « C’est joli l’Auvergne, mais il y a trop de vert. » 2/4 fr.wikisource.org/wiki/Voyage_en_Auvergne
Lors de son deuxième voyage dans la région, George Sand visita notamment le Velay, où elle ne manqua pas d’admirer les formations volcaniques. On les retrouve dans le roman "Jean de la Roche" (1860), et ce dès l’incipit :
« Je peux dire sans hyperbole que j’ai été élevé dans un rocher. Le château de mes pères, très bien nommé le château de La Roche, est bizarrement incrusté dans l’excavation d’une muraille de basalte de cinq cents pieds d’élévation. »
Le livre raconte l’amour d’un jeune aristocrate auvergnat pour la jeune Love Butler, fille d’un riche Anglais féru de sciences naturelles… La géologie y est donc présente en toile de fond. Au détour d’un chapitre, on peut même lire cette petite leçon de volcanisme :
« Ces sortes de scories gigantesques sont ce que les géologues, appellent des dykes. Ils sont nombreux dans le Vélay et dans cette partie de l’Auvergne. Ce sont de véritables monumens de la puissance des matières volcaniques vomies à l’état liquide à l’époque des grandes déjections de la croûte terrestre. Le travail des eaux courantes a entraîné les autres matières environnantes qui n’avaient pas la même compacité, et le dyke, soit cône, soit tour, soit masse carrée ou anguleuse, est resté debout, gagnant en profondeur de siècle en siècle, à mesure que l’érosion dépouillait sa base. C’est ce qui fait dire avec raison aux paysans de ces localités que les grosses pierres poussent toujours. On ne sait pas ce qu’il faudrait de siècles encore pour mettre à découvert les racines incommensurables de ces étranges édifices, déjà si imposans et encore si intacts, des convulsions de l’ancien monde. »