Il y a cette élève, sympathique, vive, et très vite elle s’est branchée sur mes cours comme du 220. Est-ce que c’est moi ou si c’était juste le bon moment, aucune idée, mais le switch « lecture » s’est débloqué définitivement.
Elle lit, elle dévore. Elle m’en parle, elle me fait des fiches, des comptes rendus, m'épuise de demandes de listes, mais je fournis, parce qu'une faim pareille, je connais, je veux bien dealer cette drogue-là.
Même quand ce n’est pas son programme (c’est une BTS).
Elle m’a emprunté avec passion Le Discours de la servitude volontaire, La Controverse de Valladolid, Les Lettres persanes, Micromégas, L’Espace d’un an, L’Ancillaire. Et puis elle est allée chercher toute seule De cape et de crocs. Maus. Depuis septembre. Depuis PUTAIN de septembre.
Et là, elle arrive, fiérotte, avec un livre pour moi. Elle fouille en chantonnant dans son sac. Je ne lui en ai jamais parlé, donc peut-être que je ne connais pas. Elle est sûre que je vais adorer.
Et d'un coup "I have a bad feeling about this"
C’est Demain les chats, de Werber.
J’ai failli faire un AVC de dégoût. Heureusement la grippe, le masque, elle n’a rien vu. Je vais lire ce livre en ravalant ma bile, et je lui en ferai de vifs compliments.
Parce qu’elle lit, parce qu’elle a voulu partager, parce qu’une bonne action, décidément, ne reste jamais impunie.
Et que bon, je n'arrête pas de chanter que tout est culture, que oui, je défendrai Jul et Aya Nakamura, et les autrices de Dark Romance...
Mais merdre.
WERBER;
C'est méchant, Mr Destin, ok ?