Nan mais vous dites des trucs intéressants, aussi.
Je voulais continuer les botapouets, avec la famille des haha, no spoil ; mais il faut qu’on parle compost
Si j’avais le courage de faire un format long, on déborderait de l’aspect biochimique pour parler aménagement du territoire, gestion urbaine de biomasse, et faut-il acheter une remorque de vélo pour ses déchets verts ; mais on va s’en tenir à notre ligne éditoriale, essayer de rester clair pour les néophytes (comment ça "ça se voit pas"?)
Les tissus végétaux morts connaissent deux destins. En conditions anaérobies, ils se putréfient : les bactéries spécialistes de l’apnée génèrent de l’acide acétique, le même que celui des fourmis, et les archées (alors, les archées… nan, laissez tomber, c’est genre des bactéries mais pas pareil) font prout. Elles lâchent du bon gros méthane bien à effet de serre. C’est elles qui sont utilisées, donc, dans les méthaniseurs, qui sont des usines de putréfaction accélérée.
En conditions d’aérobic, les plantes mortes mettent des justaucorps flashy et… ah non, pardon, je confonds
En aérobie, en présence d’oxygène donc, c’est pas les mêmes machins qui bouffent le saule pleureur de ta mamie. Notez qu’à l’intérieur du tronc y en a pas, d’oxygène, ou très disputée ; les deux types de décomposition peuvent coexister.
La décomposition aérobie se nomme l’humification : la création d'humus. C'est ce processus qu'on cherche à reproduire et optimiser dans un compost.
Je vous apprends rien, l’oxygène est un carburant efficace pour le vivant quoique très toxique (c’est ce qui fait qu’on vieillit) ; l’humification implique donc une bien plus grande diversité biologique, notamment l’intervention de mes chouchous, tous aérobies : les champignons.
Elle implique aussi… ben, l’oxygène elle-même, qui va oxyder les tissus morts et finira par former de l’humus un peu toute seule ; le vivant ne fait qu’accélérer et complexifier les réactions.
Pour un bon compost, on veut donc : de l’oxygène (faut remuer), de l’eau (mettre à l’ombre, ne pas laisser sécher), de la surface de contact (broyer les gros bouts), et à manger pour le peuple.
C’est la qu’on va rentrer dans le pratique : à la cambrousse y aura toujours un coin de vieilles orties à faucher, quelque chose, mais tout le monde n’a pas les mêmes qualités-quantités de manger à disposition, n’est-ce pas les haies de thuya et de laurier-cerise.
Mettons que vous soyez dans une ville inexplicablement dépourvue de tas de fumier et de prairies de fauche ; au mieux vous avez un bout de gazon, des épluchures et une haie d'un quelconque béton vert.
C'est léger, mais ça vous permettra déjà d'entasser au sol tout ce qui vous passe sous la main, genre les feuilles mortes qui se multiplient en ce moment ; si vous n'avez pas d'extérieur, un lombricomposteur peut être envisagé mais ça demande de l'entretien.
On va pas s’étendre. L’azoté c’est frais et mou, déchets de cuisine, feuilles vertes, tonte, caca. C’est nourrissant, vite dégradé, laisse peu de matière.
Le carboné c’est vieux et dur, bois, sciure, feuilles mortes, paille. Plus long à digérer, il donnera le gros du volume final.
Un bon compost contient les deux, de préférence issus d’un maximum de matières différentes. Vous prenez pas la tête avec le café ou les pelures d'orange, mettez tout
Si y a trop d’azote dans le tas, ça sentira pas bon et aura tendance à pourrir. Rajoutez du carbone.
Si trop de carbone, ça va ralentir (ou chauffer, on va y venir). Faites pipi dedans.
Tout ça, c’est pour le compostage dit à froid, on fait un tas et on attend. Y a d’autres techniques.
Avec de gros volumes saturés d’eau, on peut faire du compostage à chaud, plus technique car à surveiller ; ça permet d’avoir du compost vite, mais ça gaspille beaucoup de nutriments sous forme de gaz.
Je préfère nettement l’enfantin compostage de surface : balance tes déchets azotés directement sous le paillage d'une zone de culture, et en avant Guingamp.
Enfin, un mot sur les toilettes sèches.
Cesser de faire pipi et caca dans l’eau potable, faut pouvoir, mais c’est important. En combo avec de la sciure, vos cinq minutes d’efforts post-café-clope peuvent donner un compost plus que correct en deux ans, à mettre sous les fruitiers par exemple.
@LoboTom@Leo_Dumas Il me semble que comme pour le reste ca se met sous un paillage. éventuellement faut envisager d'enterrer un peu profond pour éviter que ca soit déterré par des bestioles.
@just_chill@LoboTom tututut, on n'enfouit pas la matière organique, qu'est-ce que je viens de dire sur l'oxygène ☝🏼
Le but c'est JUSTEMENT que nos édiles usagées soient bouffées par des bestioles, ce qui permettra leur dégradation en merde fertile et conforme à l'intérêt général