1y
Je préfère discuter avec un lycéen sur 4chan à tenter de raisonner un lycéen dans un groupe de potes.
1
0
0
0
1y
Je n'ai rien d'autre à prouver — je préfère syndiquer un usager du 52 avec un t-shirt "never underestimate your possibility to change yourself" à bruncher avec un père de famille catholique soi-disant de gauche, car tout simplement décent envers des minorités.
1
0
0
0
1y
Cela dit, on se rapproche d'une sorte de performance du classisme un peu malheureuse : dans le bon contexte, parler de Diversité, Équité, Inclusion à certains pères de famille plus ou moins bien-pensants pourrait donner lieu à de nouveaux dispositifs et ouvrir des portes. Je ne m'en suis pas vraiment donné les moyens, mais je pourrais le faire…

Je voulais dire que soutenir les utilisateurs de 4chan pouvait impliquer une lecture classiste, qui nous fait défaut. J'aurais des difficultés à voir ma gauche converger avec un projet de loi de censure de l'internet déposé par une députée LR, et pourtant c'est en réalité ce qui se passe.
1
0
0
0
1y
Je pourrais le faire, cela dit en passant, car je suis blanche, non-binaire avec la possibilité de passer en tant qu'homme hétérocis neurotypique, et que ma mère a des sous et des contacts. Les gosses de bourges, sans jugement de ma part, au lieu de performer une lecture de Alain Damasio, on pourrait utiliser notre privilège pour dire aux dominants que des populations dominées, au moins dans un premier temps, ne peuvent pas dire. (Je ne parle pas de confiscation de parole. Je parle de discuter avec les dominants dans le contexte où leurs codes, essentialistes, religieux, productivistes, et racistes les rendront dans un premier temps inaccessibles aux minorités — du moins tant que la politisation par le web nous fera prêter le flanc à des polémiques montées de toutes pièces, mais malheureusement trop réelles dans leurs conséquences.)
1
0
0
0
1y
On ne peut pas ignorer le rôle des handicaps invisibles, des relations familiales tendues, et de stigmates divers dans la politisation en ligne par des enfants de familles bourgeoises. Les problèmes dont je parle ici ne sont pas dus à un quelconque embourgeoisement du milieu militant. Mais nous pouvons faire ce dont des minorités ne peuvent pas vraiment rêver, un brunch avec un père de famille catho bien-pensant pouvant influencer, directement ou indirectement, des dispositifs de recrutement, à condition de surmonter certaines difficultés (découlant par ailleurs souvent, de ma propre expérience, d'une connaissance pour le moins lacunaire de la CNV de Marshall Rosenberg, alors que Jérôme Gadeyne a intégralement doublé son workshop de 3h et que vous devriez la regarder). Alors on arrête de faire les fines bouches — pensez-y, on pourrait finir par leur ressembler — et on pense aux adelphes handis, racisé‧es, LGBTQIA+ refoulé‧es à la sélection, ou même dans l'accès aux soins.
1
0
0
0
1y
@oceane Après, le problème de cette approche, c'est que ça fait des siècles que des gens s'y essayent, profiter d'être à la table des privilégiés pour essayer de leur faire ouvrir des yeux sur un certain nombre de choses dont iels sont épargnées dans leur existence. Vu l'état du monde dans lequel on vit, le moins qu'on puisse dire c'est que ça a pas super bien fonctionné.
1
0
0
0
1y
@transcendentempress Je ne suis pas d'accord. Selon Robert Castel, si l'on prend l'exemple du solidarisme, les victoires sociales ne sont rien d'autre, depuis la Révolution française, que des compromis entre bourgeois et radicaux. Les solidaristes étaient accusés de trahison par les socialistes comme par les bourgeois, mais on leur doit le Smig, la loi 1901, et la séparation de l'Église et de l'État.

Je n'oblige personne à y vouer son existence, mais en face on a des minorités qui souffrent.

Le raisonnement selon lequel l'état du monde découlerait par principe plus de telle stratégie militante que d'une autre me paraît incorrect. Pourquoi penses-tu que celle-ci serait inefficace ? Ça fait plusieurs siècles que les syndicats existent, et pourtant j'y crois…
1
0
0
0
1y
@oceane Ah mais c'est pas une question d'y croire ou pas, là je regarde au global historique ce que ça a donné que de tenter de raisonner les puissants et les privilégiés, sauf que comme tu dis, au final on est en 2025 et t'as toujours tellement de minorités qui souffrent.

L'inefficacité elle est dans le fait qu'à un moment, ça a de grosses limites de placer son destin dans le fait d'essayer de raisonner des gens qui n'en auront plus rien à cirer dès qu'iels seront sorties de table, parce que leur environnement socio-économique fait qu'iels peuvent parfaitement se permettre de ne rien en avoir à faire et ne s'en privent généralement pas.

Je suis pas en train de dire qu'il ne faut pas continuer d'essayer, faut saisir toutes les opportunités, mais force est quand même de constater que si certes, à certains moments, avec le bon alignement de planètes, ça peut donner de gros trucs, c'est quand même pas arrivé si souvent que ça, et faut bien garder en tête les limites de ce raisonnement-là. D'autant que c'est pas facilement tenable face à des gens qui passent leur temps à en chier au quotidien de venir leur dire "attends, prends encore sur toi quelques années, on va peut être finir par leur faire prendre conscience du problème malgré le fait qu'iels aient le statut et les moyens d'y remédier mais ne le font pas."
1
0
0
0
1y
@transcendentempress Je n'ai pas dit qu'on allait changer le monde avec des brunchs, ou que l'on devrait s'en contenter. J'ai dit qu'on pouvait obtenir des victoires locales sur la politique de DÉI d'un établissement, voire influencer culturellement des réseaux de décideurs s'auto-identifiant comme "cathos de gauche", en contactant certains membres et en leur permettant de devenir demandeurs. L'investissement serait minimal et les gains, honnêtement, pourraient être plutôt intéressants si l'on pensait collectif. Si l'on bornait implicitement (comme Damasio, Ostpolitik et tant d'autres) les horizons de la gauche à ses propres ambitions universitaires, on se retrouverait en souffrance et cette souffrance fermerait des perspectives collectives.
1
0
0
0
1y
@transcendentempress Pardon je suis fatiguée, je suis d'accord avec ta réponse, le syndicalisme est primordial. On est d'accord du coup ?
⭐1
1
0
0
1
1y
Cela dit en passant, je suis un peu sur la défensive parce que je sais que je peux être agressive sans le vouloir, je trouve que tu es une personne impliquée politiquement, et du coup j'ai peur qu'on se prenne le bec, ça me ferait vraiment de la peine. Du coup j'ai l'impression d'avoir un ton sec, d'autant plus que je suis fatiguée, mais généralement ça fait toujours plaisir de discuter avec toi ! (Je vais faire une sieste, je reviens dans ~2h)
1
0
0
0
1y
@oceane T'inquiètes. ​:neocat_hug:​
0
0
0
0