J'arrive pas trop à trouver d'autres facteurs précis, mais les causes de l'agressivité répétée d'un chat peuvent être nombreuses et parfois très surprenantes : ainsi, certaines odeurs, sons, ou sensations peuvent changer la plus innocente boule de poils en tornade incontrôlable. Il faut alors remonter très précisément le fil des évènements pour tâcher de retrouver le dénominateur commun, tout en gardant en tête qu'un chat qui avait l'air parfaitement équilibré n'était peut-être que stable en apparence, et que le stimuli lui ayant fait péter les plombs n'était qu'une goutte d'eau : il convient donc de procéder à un travail complet de re-chatification.
C'est pourquoi le boulot des (bons) comportementalistes peut débloquer des situations sclérosées : en entrant dans l'environnement, un comportementaliste peut détecter une accumulation de ce qui pourrait sembler des broutilles, mais les uns dans les autres mène à un mal-être du chat sur le long terme.
Par contre, si le comportementaliste commence à vous balancer des âneries de type "il faut lui crier dessus" "faites le manger après vous" "pshitez le avec de l'eau", fuyez. Ces méthodes vont au mieux ne rien faire, au pire aggraver le problème ou rendre le chat apathique. Rebouclons la boucle et atterrissons sur le 2eme mytho de l'éducation des chats.
2eme mytho dont j'étais censé parler il y a deux semaines, donc : quand un chat fait pipi à côté de la litière, en aucun cas il ne sera utile ou souhaitable de l'attraper pour lui mettre le nez dans son urine.
Pourquoi ? Comment ? Quand est-ce que cette idée idiote s'est elle implantée dans l'imaginaire collectif, je n'en ai aucune idée. Toujours est-il qu'une excellente amie à moi, très versée par ailleurs dans l'éducation positive des enfants, y a succombé.
ça ne marche pas pour plein de raisons, déjà parce qu'un chat n'est pas à même de comprendre une punition, et qu'une telle manœuvre ne peut que le stresser...
Et le stress, chez les chats, a tendance à provoquer ce qu'on appelle "de la malpropreté", à savoir encore plus de besoins hors litière. Cette malpropreté est comme l'agressivité, elle peut avoir des dizaines et des dizaines de causes différentes, les plus courantes étant le stress, une maladie urinaire, l'arrivée d'un nouveau chat, l'arthrose...
Attention : il faut différencier la "malpropreté", une miction normale sur une surface horizontale qui s'avère ne pas être la litière, et le "marquage", qui s'effectue sur une surface verticale, souvent un mur, avec un dandinement particulier la plupart du temps.
(ouhla il est tard - je reprendrai ce thread la semaine prochaine. dans le but de le rendre plus lisible, on m'a suggéré de lui trouver un hashtag ; n'hésitez pas à me proposer des idées)
Mise à jour : pour retrouver les prochains posts au sujet des chats, je vous présente le hashtag : #RoiMiracleInfoChats !
Je vais tâcher de mettre à jour les posts précédents là où il y a de la place, car j'ai l'habitude de faire des pouets très denses où il reste souvent peu de caractères 😅
Comme dit plus haut, je ne peux pas vraiment vous donner les "vraies solutions" pour un chat qui fait pipi à côté de la litière, comme pour un chat qui est agressif. Globalement, il faut surtout retenir un travail de diagnostic qui va d'abord être entre vos mains, en tâchant d'aller à la source du problème. Si un chat a un comportement bizarre soudain, même si ça semble anodin et que "les chats font ça" (par exemple : faire pipi à côté de la caisse), le premier réflexe doit être de d'abord observer l'environnement pour comprendre si quelque chose a changé, et si rien n'a changé, aller chez les vétos.
Ensuite seulement, muni de ces informations plus factuelles, on peut commencer à fouiller pour aller au cœur du problème, lequel peut prendre les formes les plus diverses, on l'a vu. Si on ne trouve rien et que rien ne fonctionne, ça peut être bien de faire appel à un-e comportementaliste qui viendra sur place observer le lieu et le chat ; une tierce personne étant souvent mieux à même de repérer d'éventuels dysfonctionnements, parfois devenus trop habituels pour qu'on les remarque.
Je remarque maintenant que je me suis lancé dans ces décorticages sur les mythes autour du comportement des chats, et en fait je n'ai pas tant d'idées que ça, donc balancez vos idées si vous en avez.
En attendant, j'ai quelques questions sur mon bloc-note, donc je vais tâcher d'y répondre. Sujet de saison, comment accueillir un chat chez soi ? On est bientôt en février, jusqu'en mars, la saison des adoptions bat son plein - surtout pour les chatons, qui sont très demandés à un moment de l'année où ils se font très rares.
Donc. C'est le grand jour, vous venez d'adopter un chat (ou vous allez le faire) : quels sont les bons gestes ?
Au risque de me répéter, je vais dire de nouveau : ça dépend du chat😅 Mais pour quand même donner les bases, on va partir sur un cas de figure simple, c'est le premier chat, et il n'y a pas d'autres animaux (à part vous) dans l'habitation. Pour correctement nidifier, il va vous falloir penser aux besoins physiologiques de ces boules de poil qu'on a le sentiment de si bien connaître (et en fait non). Pour bien le faire, et ce même si le chat devait avoir accès à l'extérieur par la suite, il faut dans un premier temps se comporter comme si ça ne devait pas être le cas.
Il y a pas mal de raisons pour ça, à commencer par le fait qu'il vaut mieux garder un chat à l'intérieur pendant au moins 1 mois après l'adoption (pour un adulte) afin qu'il prenne ses repères ; et aussi parce que si il est coincé à l'intérieur pour une raison ou une autre (absence des humains, tempête de neige, pluie) il va bien falloir que ses besoins physiologiques soient comblés d'une façon ou d'une autre ; et même si vous n'avez pas prévu d'arbre à chat, un chat coincé à l'intérieur trouvera toujours une façon de se faire les griffes, même si vous n'avez pas de canapé.
Les besoins physiologiques des chats sont, en général, assez simples à combler même si beaucoup de détails sont souvent laissés à l'appréciation des chats. On va détailler tout ça ici.
1) Manger et boire Si on veut bien faire, l'alimentation devra être de qualité (être constituée principalement de protéines animales) avec au moins un apport en nourriture humide tous les jours, la plupart des chats n'ayant pas l'habitude de boire beaucoup. Les gamelles sont larges et plates pour ne pas entrer en contact avec les moustaches, et lourdes pour éviter de valdinguer. Un vieux plat à gratin (2€ au vide grenier) c'est parfait.
Les gamelles d'eau et de nourriture doivent être légèrement espacées les unes des autres, je dirais au moins d'un mètre, à moins de vouloir les nettoyer tous les deux jours. En effet les chats aiment bien boire juste après avoir mangé des croquettes, et il faut leur laisser le temps de se nettoyer les babines avant sinon ils en mettent partout dans la gamelle d'eau et ça devient vite plein de bactéries. L'ensemble devrait être vraiment éloigné des litières car les chats, de façon compréhensible, sont bof jouasses à l'idée de manger ou boire à côté de leurs toilettes.
Variante pour chats multiples : sauf cas d'appartement vraiment tout petit et d'entente cordiale entre les chats, chaque chat devrait avoir non seulement sa gamelle (et sa litière) mais aussi son spot de gamelle. Si il y a une tension même petite entre les chats, les nourrir au même endroit peut exacerber ces tensions, et mener à un évitement de la gamelle voire carrément des TCA de la part du chat le plus fragile.
Pour la boisson, il existe pléthore de fontaines pour aider les chats à s'hydrater, certains les aiment certains non, j'en suis un peu revenu parce que ça s'encrasse vite et rien ne vaut la nourriture humide. ça reste pratique.
Les besoins physiologiques des chats, 2) : le sommeil. On le sait tous et toutes, un chat dort en moyenne entre 15 et 18h par jour. Ce sommeil leur est, comme à tout le monde, très important, surtout lorsqu'il s'agit de chatons en pleine croissance. Il convient donc de ne pas les déranger - ou alors le moins possible - pendant ces moments de grande productivité de mignonnerie. Les chats étant ce qu'on appelle des mésoprédateurs (entendez : des prédateurs se situant à un endroit un peu intermédiaire dans la chaîne alimentaire, donc à la fois des proies et des prédateurs), ils ont besoin de se sentir en sécurité pour bien dormir.
Il existe en général deux types de mise en sécurité classique chez les chats. Appelons le premier type un comportement arboricole : le chat va chercher à se mettre le plus haut possible, dans une cabane en haut d'un arbre à chat, sur le frigo, au sommet de l'armoire, en haut d'une bibliothèque. Le second type est d'ordre cavernicole, à peu de choses près : le chat va se lover sous une étagère, au fond d'un placard, derrière la machine à laver.
Il convient, dans tous les cas, de leur offrir des couchages confortables et lavables, en prenant en compte les préférences de chaque chat.
Ce sont des grandes tendances générales, mais elles peuvent changer au gré des aises du chat. Ainsi, Fuji est arboricole et préfère squatter la cabane de l'arbre, mais rejoint parfois Bergamote dans l'abri sous ma bibliothèque ; de la même façon, Bergamote émerge parfois de son bunker de livres pour s'allonger sur la plateforme de l'arbre à chat.
Même si le chat finit par ne plus ressentir le besoin de se cacher dans la vie de tous les jours, il est quand même important de lui ménager des cachettes adaptées, et surtout, prévisibles, afin de l'abriter en cas de crise (convalescence, moment d'inquiétude, besoin de s'éloigner).
J'en profite pour caser ici une information : si vous tenez à votre sommeil et que vous vivez dans un espace exigu, les chatons ne sont pas une bonne idée. En effet, la plupart des chats adultes sont pleinement crépusculaires et calquent assez vite leurs habitudes sur celles de leurs humains de compagnie ; étant éveillés principalement le matin et le soir, leurs éveils nocturnes, comme leurs éveils diurnes, sont souvent utilitaires et expéditifs. Les chatons, en revanche, ne connaissent pas encore le concept de "la nuit" ou "le jour" et n'hésiteront pas à escalader les rideaux à 3h du matin.
Cela est bien évidemment - comme d'habitude - propre à chaque chat, et il existe d'adorables anges innocents et profondément endormis comme Menuet, qui même chaton me rejoignait invariablement à 23h sous la couette pour n'en émerger qu'au petit (ou grand) matin avec moi ; comme il existe des Bergamote qui font fi de toute politesse et courent partout avec leurs peluches en poussant des miaulements absurdes, le tout pendant 20 minutes à 2 puis 5h du matin.
Les Familles d'Accueil sauront vous renseigner sur ces différences de caractère.
Pour ça, il existe des parades, consistant à reproduire le système habituel de veille du chat (éveil-toilette-chasse-repas-toilette-sommeil), ce qui concrètement consiste à jouer très intensément avec Chachat peu de temps avant d'aller dormir, puis de le laisser manger, de planquer quelque part nourriture et jouets et de prier pour que ça fonctionne.
C'est actuellement ce que je suis en train de tester avec Bergamote, le problème c'est qu'en absence de jouets elle trimballe le plaid que j'ai installé pour bloquer le froid devant la porte. Bizarrement, elle ne joue en miaulant comme ça QUE la nuit. J'ai encore des recherches à faire.
Les besoins physiologiques des chats, 3) : Respirer.
Oui ça paraît un peu con dit comme ça, mais vous allez voir. Comme nous, les chats méritent de respirer un air sain, donc si vous voulez aider votre chat à respirer, il est bon de : - prendre une litière non parfumée et sans poussière, idéalement végétale ou à base de silice car les litières minérales et argileuses ont tendance à être pleines de poussières parfois cancérigènes (et vous en respirez aussi) - aérer votre logement au moins 10 min par jour, et plus longtemps si vous fumez - faire gaffe aux parfums que vous portez
voilà. A la semaine prochaine pour d'autres infos utiles