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spoune 🕯️ @Dykecyclette@eldritch.cafe
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Petits trucs que j'ai constaté en animant des permanences d' #autoréparation #vélo ces 4 dernières années:
- Les femmes/queers sont en général beaucoup plus exigeant·es que les mecs cis het dans leur réparation de vélo. Par exemple: régler le jeu d'un moyeux peut leur prendre longtemps, pas parce que iels sont lent·es mais parce que "tu peux venir checker ? j'ai l'impression qu'il y a un mini frottement :s" alors que toi même t'as jamais eu un moyeu aussi bien réglé.
- Les hommes ne sont (encore une fois en général) exigeants que lorsqu'il s'agit du vélo d'une minorité et non de leur vélo. Surtout si ils veulent asseoir leur légitimité, frimer, etc... "franchement tu devrais [faire un truc irréalisable parce que c'est cher/que la personne a pas envie/c'est pas son usage] ce sera mieux"
- Les hommes sont attiré·es par les étincelles. Allumer le touret, qui fait plein de bruit, pour "rendre le bout de la gaine propre", en faisant au passage des étincelles et en installant des odeurs de plastique brûlé pour impressionner la compagnie, et ce sans respecter aucune règle de sécurité avec un tel outil, ça leur paraît indispensable
- Les minorités ne sortent (en général) des termes techniques que pour prouver aux gars de l'atelier qu'ielles sont légitimes à bricoler. "Tu sais ce que tu fais ok. Mais sais-tu que [fact dont on s'en fout royalement sur l'année de standardisation d'un filetage, ou sur la signification exacte des initiales d'un sigle osef]. Parfois, sortir un terme alambiqué est un prérequis pour discuter avec ces types.
- Les hommes bénévolent souvent à l'atelier dans une posture de sauvetage de la dam'zelle en détresse qui pédale sur un vélo pas parfaitement réglé. Les minorités sont là dans un but politique d'empowerment.

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C'est
bien sûr des généralités. J'ai bien sûr pas d'étude officielle qui corrobore ça. Mais si vous êtes de la classe dominante, questionnez-vous avant de questionner mes constatations...
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spoune 🕯️ @Dykecyclette@eldritch.cafe
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Un jour je parlerais des problèmes de la posture d'encadrement "gants blancs" qui est plébiscitée dans le milieu de l'autorep mais personne n'est prêt·e
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spoune 🕯️ @Dykecyclette@eldritch.cafe
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Okay, en fait je vais en parler maintenant de cette posture des "gants blancs" parce que plein de gens me le demandent.
Voici la définition du Wiklou: "une permanence pédagogique pendant laquelle les bénévoles enfilent tous des gants blancs afin de s'assurer qu'ils ne toucheront pas les vélos, ni les outils. Ceci dans le but de développer au maximum la vélonomie des adhérents en leur laissant faire le plus de mécanique par eux-même."
Et pour moi c'est bien dans l'idée maiiiiiis y'a quelques "mais".
1~ C'est pas adapté à tout public. C'est cool d'expliquer aux gens sans toucher quoi que ce soit. Quand la personne (et toi même) a le vocabulaire. Quand la personne parle ta langue (ou une autre langue que tu maîtrise). Quand tu as des supports pédagogiques pertinents. Quand les outils et pièces sont accessibles à toutes (pas que aux personnes qui peuvent se tenir debout/qui sont grandes).
2~ C'est bien quand tu sais exactement décrire les systèmes, et ça peut être un super moyen de voir les systèmes avec lesquels tu es à l'aise. Mais exiger que les bénévoles ne touchent rien, c'est en empêcher certain·es d'apprendre. Plein de gens ont besoin de manipuler, d'essayer, pour comprendre et pouvoir transmettre ensuite. Et si tu peux pas venir à des ateliers où tu retape, ou bien où tu désosse, c'est compliqué. Du coup ça fait un peu du gatekeeping de l'animation d'atelier.
3~ Ça peut être laborieux, avec certaines personnes, de décrire certaines choses (et c'est pas négatif !). Comment montrer la manière d'apprécier un jeu dans la roue ? Ben soit tu décris ("mets ta main ici, l'autre là, fais ce mouvement") et la personne perçoit quelque chose de très directif (et ascendant), soit tu propose un placement des mains, tu montre sur un vélo (pas forcément celui de la personne). Ça dépend de qui t'as en face
4~ Y'a des personnes qui idéalisent les gants blancs comme si jamais elles faisaient du tri, nettoyage, rangement, retape ou désossage dans l'atelier...
5~ Je trouve qu'il y a une vibe de gars qui crâne "regarde [ma pédagogie], sans les mains !" qui rejoint la notion de gatekeep
6~ Je pense qu'il y a d'autres moyens de ne pas prendre les outils des mains. J'ai l'impression que pour beaucoup ce principe de "gants blancs" c'est une manière de "se retenir de faire à la place de". Peut-être on peut essayer une méthode plus communément utile et politique ..? Au hasard, le consentement ?
7~ Des fois la personnes est épuisée physiquement ou psychologiquement, ne peut pas faire un geste physique (même avec du bras de levier), mais n'a pas un vélo lui permettant de rentrer chez elle en sécurité. Sous réserve qu'elle soit ok, qu'on aie l'énergie l'envie et la disponibilité de le faire, c'est pas la fin du monde si on fait à sa place en lui expliquant (encore une fois si on a son consentement pour le faire). Sous réserve de pureté militante, jsuis pas fan qu'on laisse les gens dans la merde (en ayant une vibe de "osef des conditions de vie des prolos sous prétexte qu'iels bossent chez Total ou un abattoir")
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Voilà c'est les principales idées que j'avais envie de développer
C'est pas
du tout une critique des méthodes des ateliers d'autorép. En fait, y'a pas beaucoup de personnes dans les ateliers qui suivent les principes des gants blancs à la lettre. Mais la philosophie est assez prenant, et comme toutes, elle doit être questionnée
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just_chill @just_chill@peculiar.florist
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@Dykecyclette décrit comme ça par contre, ça a l'air d'un bon exercice pour apprendre à apprendre (former les gens qui donnent des cours).
En théorie j'irai volontiers à un atelier comme celui là, ça me frustre toujours de pas avoir les outils en main.
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