Là tu penses surtout à des logiciels libres de droits, et je te rejoins – imagine ne pas avoir les droits sur tes appareils d'accessibilité. On a toustes besoin d'une infra pour assouvir nos besoins élémentaires – électricité, eau courante… –, mais le problème des personnes handicapées est qu'elles ont des besoins en infrastructure statistiquement minoritaires. Donc imagine ne pas avoir les droits sur les logiciels dont tu as besoin pour par exemple te laver, mais en plus avec un entourage (même militant) qui ne veut même pas t'écouter expliquer en quoi c'est un problème. Et on a notamment ce problème chez des personnes handicapées qui ne se sentiront pas plus concernées que la plupart des personnes valides par des besoins d'accessibilité qui ne les concerneront pas. Donc concrètement on est des paysans parcellaires, trop isolé'es pour nous organiser et pour défendre nos droits. Ce qui est dramatique car l'open source par exemple (et pas, dans le cas présent, les logiciels libres) est une revendication antivalidiste parmi d'autres. Comme nos besoins en infrastructure sont statistiquement minoritaires, on est encore plus vulnérables que les utilisataires valides à des formes d'emprise commerciale à travers un monopole sur le contrôle des logiciels dont dépend notre infrastructure. Comme on est généralement pauvres et peu nombreux'ses, le marché est mécaniquement peu concurrentiel On peut s'unir autour de revendications politiques transversales à nos symptômes… Mais non, on évite peut-être plus qu'ailleurs de politiser quoi que ce soit. C'est démoralisant…