- Lavabit (mais c'est probablement devenu un honeypot, l'hébergeur n'a pas de webmail) - @CozyCloud pour la gestion de mots de passe, l'hébergement de fichiers, les documents administratifs, les photos de vacances… - Chapril et Disroot pour les emails et l'XMPP - Cheogram et Goguma pour de bons clients XMPP et IRC sur Android (Goguma est conçu pour un bouncer IRC, tu ne peux donc te connecter qu'à un serveur) - @fdroidorg pour des applications libres sur Android, et Aurora pour les applications du Google Play sans avoir à me connecter à mon compte Google - @organicmaps pour la cartographie - Emacs pour la rédaction de documents, la maintenyance d'une liste de tâches, le lecteur de flux RSS, le SCV, ainsi que pour le support Org-mode et Skribilo (même si lem.el et Nyxt sont des réimplémentations plus récentes, plus modernes, et moins complètes) - un pubnix du Tildeverse ou SourceHut pour l'IRC, et pour l'hébergement de sites web statiques - Write.As pour un vieux blog pas mis à jour
Il y a plein de bonnes ressources dans ce post mais je sors d'une grosse dépression, et je ne recommande pas le mode de vie qui va avec.
@oceane@CozyCloud@organicmaps@fdroidorg merci beaucoup pour le partage ! Je vais explorer tout ça il y a pas mal des outils que t'as cité dont je ne connaissais pas l'existence ! Cela dit je te rejoins une vie totalement ascétique peut être compliqué et nourrir une certaine paranoïa j'imagine. Je pense qu'il y a un juste milieu entre tout donner sur un plateau d'argent et devenir un nobody 🤔 Bon rétablissement ceci dit et encore merci !
@Zarathoustra Merci beaucoup ! Non le souci est que tous ces logiciels/services ne peuvent pas vraiment renvoyer à un mode de vie cohérent et homogène pour lequel ils représenteraient un ensemble cohérent et homogène de ressources.
J'ai glané des logiciels sur Twitter et je les ai appris, ce qui – manque de sentiment de valeur personnelle dû à mon addiction et manque de ressources pertinentes, alimenté par une paranoïa due à des injonctions contradictoires, entre des dépendances – économiques/familiales et addictives – différentes, résultant donc en une annihilation morale, oblige – a largement aggravé, ou du moins prolongé ma dépression.
C'est pour cette raison que je recommanderais à quiconque lisant cette liste de réfléchir à la cohérence minimale des solutions proposées à des besoins réels. Par exemple, on ne parle pas assez de git pour rédiger des documents collaboratifs, certainement, mais les implémentations sont-elles matures pour le grand public, est-il pertinent de devoir configurer/déployer son blog en Yaml ? Les efforts investis pour s'en saisir sont-ils socialement pertinents au regard des autres solutions existantes ?
@oceane ah du coup tu penses que le fait que ça soit forcément un patchwork parfois imperméables les uns envers les autres joue beaucoup la dessus ? Ou bien j'ai mal compris ?
Effectivement je pense qu'il faut bien garder en tête que certains des concepts sociaux matérialisés par des applications ou des services ne répondent pas encore à un besoin intériorisé commun, même si ça peut répondre à un besoin théorique assez concret. J'imagine que le gap entre la réalité et la théorie joue beaucoup.
D'un côté c'est pour ça que j'aime bien savoir ce que les gens utilisent et pourquoi, je trouve que ça décrit bien leur vision du monde (en plus de m'informer)
@Zarathoustra Ça fournit des ressources concrètes et il y a un aspect expérimental là-dedans qui AMHA mérite effectivement que j'y consacre un blog. Quitte à s'être tapé une dépression hein.
Mais si je dois littéralement lire plusieurs livres pour générer mon blog correctement, effectivement ça illustre bien un intérêt à vulgariser des connaissances mais ça explique aussi mon décrochage universitaire et surtout ça illustre que les ressources que je cherchais dans l'espace numérique requièrent des efforts largement supérieurs à leurs avantages par rapport – soyons provocataires – à Google Docs. Y mettre un vernis idéologique et faussement moraliste (alors que ça n'a jamais été l'enjeu des logiciels libres), dans une recherche vaine de constitution d'un réseau social auprès duquel obtenir des ressources (mais sur une infra privée anticommunautaire, ou un clone faussement libre, quasiment hors de tout rassemblement AFK de libristes) ne peut qu'aggraver ce problème, puisque les ressources seront en théorie aussi peu accessibles que dans tout autre cas d'improductivité structurelle (chômage structurel, enseignement secondaire bourgeois, stupidité soutenue, etc.)
@Zarathoustra L'infra est théoriquement excellente mais les implémentations grand public ne sont pas encore là. Il y a plusieurs explications à ça (dont le fait que Windows s'y oppose de toutes ses forces, ce qui rend les associations de réforme du web 2.0 comme Framasoft mieux finyancées que des assos de linuxien·nes comme la FSF) mais le fait que des assos comme Zaclys ou Chapril proposent des offres cohérentes explique que leurs utilisataires s'en sortent globalement mieux et qu'iels soient intellectuellement le haut du panier (pas parce qu'iels seraient "nyaturellement" supérieurement intelligent·es mais parce qu'iels font un meilleur usage du temps consacré à se dégoogliser, et donc qu'iels utilisent globalement mieux l'internet).
J'ai l'impression que tu soulèves un autre point intéressant: toutes les solutions proposées sont des "alternatives à" dans le sens où elles prennent un produit commercial et en font une version libre. Ce qui est chouette mais reproduit un travers: la segmentation des services qui est un avantage pour le capitalisme mais qui n'a pas vraiment de sens si on regarde les usages. Si je veux m'exprimer, pourquoi est-ce que je dois avoir un "logiciel de blog" ? Je pourrais écrire un fichier et le mettre dans mon nextcloud qui en ferait un blog. Je pourrais écrire dans un logiciel ActivityPub qui permettrait à mon auditoire d'avoir l'info plus efficacement, supprimant ainsi le besoin de générer flux RSS (ou dans l'autre sens hein).
Cette segmentation est même devenue le mode par défaut dans Android dans lequel tu ne peux rien faire sans avoir une app, et les apps sont encore plus segmentées. Alors que fondamentalement si je veux avoir une interface unique pour mes notifications (mail, flux rss par ex) j'ai pas besoin d'une énième application à re-paramétrer, le contenu est le même.
Tout ça pour dire: c'est chouette d'avoir des alternatives, mais si il faut 12 alternatives il faut apprendre 12 logiciels. C'est impossible de ne pas être excluant.
(Bon je fais le malin mais je ne propose rien, à part potentiellement prendre le temps d'apprendre emacs et en faire son outil central comme tu en a déjà parlé c'est peut-être ce qui s'en rapproche le plus)
@rakoo@Zarathoustra J'ai envie de te dire que pour une société associant étroitement les activités d'adultes – travail, études, administratif, etc. – à des formes de brutalisation secondaire, déléguées par les rapports de production – le capitalisme d'État – à un réseau élastique de gestionnaires, de secrétaires, de guichetièr·es, de Ministres, de contremaîtres, de responsables, de décisionnaires, etc., un usage des ordinateurs ne peut s'imposer qu'à condition de pouvoir lui-même être mis en ordre, designé, restitué comme activité-type et typiquement catégorisable (au sens de Garfinkel) ; bref, à entrer dans un ordre, un type donné d'apparences sur lesquelles baser un relation (Debord). L'usage des ordinateurs ne vise généralement pas à mettre en ordre mais à être mis en ordre, d'où le marketing presque explicitement calviniste du matériel Apple.
@rakoo@Zarathoustra Pardon, j'avais commencé à te répondre et voici le résultat de plusieurs brouillons de suite 😅 je crois que je me suis perdue dans ma réflexion…
Au logiciel monolithique (comme #Emacs) s'oppose une philosophie Unix bien connue, un outil = une fonction, ce qui a des gains en modularité, confidentialité, et libre accès des données et des processus – dans le sens où un bug de vim ne m'empêcherait pas d'utiliser XeLaTeX. À l'usage normal et parfaitement classable qu'une personne normale ferait d'un ordinateur s'oppose celui, nécessairement déviant, d'un·e power user. Emacs propose une sorte d'expérience cohérente et unifiée d'un environnement libre, sur laquelle retomber peut-être moins d'un point de vue technique que de "normalité", de repères balisant socialement notre usage de notre logiciel. À l'interface primitive d'un véritable système d'exploitation libre, standardisé suggérée par Emacs (à travers laquelle un outil = un bac à sable de programmation d'un ensemble homogène de ressources, correspondant à un mode de vie cohérent) s'opposent les outils Unix, qui semblent reposer sur du vide…
Le modèle que tu désignes avec beaucoup de justesse, un logiciel libre = un clone de logiciel propriétaire, me semble représenter une troisième voie problématique pour la raison qu'on vient d'évoquer mais aussi car dans le cas de #Mastodon par exemple, Twitter est un logiciel propriétaire conçu pour manipuler at scale les personnes en situation d'improductivité culturelle, sur le modèle bien-aimé d'Ayn Rand. En conséquence, Mastodon enfreint la liberté 0, et n'est donc pas – de près ou de loin – un logiciel libre.
Le concept d'environnement de travail intégré est pourtant bien le rêve proposé par Unix, mais qui n'a pas su se mettre à jour pour vraiment le faire. On le voit avec plan 9 qui a les mêmes objectifs mais s'autorise à partir de zéro, il est possible d'avoir un environnement libre et standardisé composé non plus d'outils incompatibles mais d'"agents" qui collaborent. Acme le montre bien.
Je suis à ça 👌 d'utiliser une interface un peu plus standard à mastodon qui commence à m'énerver avec son mode de fonctionnement trop basé sur la fomo. Il y a déjà des projets sympas (pour transformer en mail et lire dans un client mail standard, et interopérable avec une masse d'outils) @Zarathoustra
@rakoo@Zarathoustra Pour les notifications ? Oui, ça a l'air super cool ! Concernant les limitations de signes, je rappelle que le fétichisme de la marchandise vient d'une crainte irrationnelle de manquer.
(Quête d'une ressource -> obstacle -> épreuve -> récompense.)
D'une manière ou d'une autre, une définition de l'irrationalité (la mienne) est lorsque l'on confond une épreuve à réussir (sur un circuit de la récompense A) avec une récompense sur un circuit de la récompense B. Twitter, et donc Mastodon, est conçu de cette manière.
Non, plus généralement j'aimerais bien avois un circuit similaire a mes emails. Le contenu s'accumule à un endroit que je connais et traverse à ma manière. Les notifs de manière générale sont problématiques, et on ferait mieux de se débarasser de ce paradigme (c'est pas sur mastodon que je vais recevoir d'interruptions sur les choses que j'ai à faire dans ma vie)
C'est un peu ça: sans être nécessairement non-interactif, c'est surtout un fonctionnement à mon propre rythme, ce que les discussions par mail permettent plus. C'est ne plus se triturer le cerveau avec "combien de likes/boosts mon pouet a eu". C'est aussi un fonctionnement hors-ligne qui pour moi doit devenir la base de notre utilisation de n'importe quel outil si on veut espérer garder un quelconque controle.
L'article donne une chouette piste, mais j'ai un tout petit problème avec emacs: c'est un système dans un système, et si on veut l'utiliser pleinement il faut l'apprendre totalement. Alors qu'on a déjà un système intégrable: unix.