Écoutez je suis pas sûre que maintenir un climat esthétiquement insurrectionnel n'ait pas été absolument nécessaire, dans les grandes villes, pour limiter le progrès du RN et l'arrivée de l'extrême-droite au pouvoir.
J'enfoncerai le clou sur les propos laudatifs de l'auteur à l'égard de cette cérémonie d'ouverture : il est louable de voir un spectacle de gauche culturelle accessible aux travailleur·euses (des travaux de sociologie, avec l'auteur desquels j'ai eu la chance de pouvoir discuter, montrent au contraire un désajustement général entre les dispositions de classe des enfants des classes populaires et celles, tout aussi sociologiquement situées, d'un projet culturel émancipateur ; les enfants allant au théâtre dans le cadre d'un projet culturel quelconque seraient apparemment fascinés par les décors et un groupe aurait assailli une responsable de questions sur les saltos d'un comédien, qui aurait botté en touche en leur demandant de leur envoyer un email, ce qui AMA et en reprenant les travaux de Bernard Lahire ne peut cognitivement pas être conçu comme un plaisir pour des pans entiers des classes populaires). (L'auteur a dit lors de notre séminaire « envoyez-moi un email quand vous aurez développé un rapport scriptural-scolaire à la pratique », tout le monde a ri car on parle effectivement d'une notion incontournable de Lahire.)
Par ailleurs, la gauche culturelle ne représente pas seulement un simple rappel de l'existence sociale de la gauche, voire l'une de ses seules manifestations, dans une société sclérosée par l'illusion d'hégémonie culturelle de l'extrême-droite ; elle peut aussi réellement inciter ses publics à se mobiliser ; on voit certains des membres de ses franges les plus radicales (par exemple la scène drag) particulièrement mobilisés lors d'événements concernant les droits des personnes trans… Sans que je ne puisse tirer de conclusions hâtives sur leur intersectionnalité à elleux précisément ; en revanche, je ne crois pas que la communauté trans serait homogène dans son intersectionnalité envers la Palestine, et qu'il y aurait quelque chose à creuser.
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Je veux dire sa critique cinématographique est sans doute très intéressante et étant lui-même cinéaste, je ne saurais imputer à la légitimité de son travail les défauts d'argumentation dans son billet, c'est pas son taff.
Mais justement il est qualifié en tant que cinéaste, pas en tant que journaliste. C'est une grosse erreur de blogueur·euse, mais aussi d'AVS, consistant à se croire surqualifié·e. Vous pouvez avoir un syndrôme de l'imposteur effectivement mais vous n'êtes pas surqualifié·e dans tous les domaines de compétence vous touchant de près ou de loin
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