Exactement.
Et c'est super important en ce qui concerne le financement des logiciels libres, pour plusieurs raisons ;
- Avoir des attentes spécifiques à l'égard des pauvres repose sur l'identification routinière d'une forme de vulnérabilité. C'est de la prédation.
- Il n'y a rien de fondamentalement différent entre demander de l'argent pour développer un OS expérimental (force à vous) et en demander pour nourrir son bébé de six mois.
- Le rapport des technophiles aux associations de développement de logiciels libres est donc teinté de prédation.
Plus généralement, c'est la différence entre solidarité (inconditionelle) et charité (basée sur l'identification des bon·nes pauvres et donc sur de la prédation).
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Quand avec Flo on a pris 200 € à Solidaires informatique (avec la bénédiction des camarades en permanence, « c'est une situation d'urgence, au pire on demandera pardon après ») pour faire des courses pour une famille de Roms dont le campement avait été rasé, j'ai été très claire sur le fait qu'on était là car on avait besoin de reçus pour obtenir un remboursement de la fédé, mais que dans l'idéal on leur aurait passé 200 € en liquide, et que si iels voulaient se prendre 200 € de merguez on trouverait ça un peu débile mais qu'on leur paierait leurs merguez.
Évidemment, c'était un exemple un peu absurde (et une violence de classe, maintenant que j'y pense) et elles ont pris du lait maternisé, des vêtements, de la nourriture, etc.
On est pas des agents du fisc, on est pas des flics – on n'a pas à juger des raisons pour lesquelles les pauvres ont besoin d'argent. On a pas à regarder la couleur de peau ou les dents d'un·e mendiant·e avant de décider si oui ou non iel mérite nos trois pauvres pièces jaunes.