Sarcasme implicite, transphobie, perso« De mon expérience en tant que militante au sein d'une organisation étudiante toxique, les carnistes étaient les premièr·es à me jeter sous le bus. Je me sens plus en sécurité, en tant que femme trans neuroa, avec des camarades véganes. - C'est pas un peu transphobe ce que tu dis ? »
Lahire accorde un entretien au dernier numéro de La Recherche au sujet de son dernier livre, « Les structures fondamentales des sociétés humaines », que tout le monde discute en ce moment. Il y explique vouloir faire des ponts entre la sociologie et d'autres disciplines, comme l'éthologie, car selon les textes qu'il a lus il lui semble établi que de nombreuses autres espèces animales ont des comportements sociaux.
On sait que les animaux non-humains sont sentients, qu'ils ressentent la douleur, et qu'ils font des sociétés entrant par certains égards dans la même catégorie que les sociétés humaines. Je ne veux pas dire que tout serait salubre du côté des militant·es antispé (aucun milieu ne l'est complètement) mais le condamner dans son ensemble car un antispé a dit une connerie en 2019, ou car des antispés disent n'importe quoi sur Twitter, me paraît relever du prétexte, de l'excuse, et de la malveillance.
Car je veux dire, assimiler un propos purement descriptif (« je me sens plus en sécurité avec des personnes véganes, elles font plus d'efforts sur l'accessibilité et sur l'antivalidisme ; je n'ai jamais subi de propos transphobes de la part de véganes ») à des propos d'antispés éclatés et parfois graves, mais limités à Twitter – vous connaissez le concept d'emprise ? –, comme diverses comparaisons que je ne mettrai pas sans CW, est d'une mauvaise foi tellement évidente.
Donc non je ne compare pas mon oppression à celle des animaux non-humains, la démarche me paraît franchement stérile, mais si vous voulez me l'attribuer faites attention à bien définir votre objet.
PPPS : je travaille sur l'emprise numérique, j'ai du mal mais c'est bien mon objet de recherche. Donc quand on ne sait même pas que l'addiction aux réseaux sociaux résulte de choix délibérés d'interface, qui sont des dispositifs de pouvoir (au sens de Michel Foucault), on évite de m'attribuer des propos venant de Facebook/Instagram/Twitter, que je sais venir de certaines propriétés transversales prolongeant la logique de l'informatique propriétaire dans son ensemble – Microsoft Windows, Google Docs, etc.
Surtout quand j'ai été maltraitée par l'informatique propriétaire, en tant que personne neuroatypique. Ah mais ça intéresse qui ptdr ?