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Océane @oceane@peculiar.florist
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On ne combat pas l'anomie en créant plus d'anomie.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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C'est marrant je dis ça en ayant en tête les paroles « La Terre nous appelle à changer » de la chanson du jamborée Paris d'avenir (jamborée parisien des Compagnons, branche plus ou moins horizontale, « en autonomie » des Scouts et Guides de France) et si vous y voyez un appel fondamentalement de droite, réformiste, à une amélioration des politiques environnementales, vous n'avez pas forcément compris la chanson. (Même si énormément de choses crades se font au sein de cette organisation, que ce soit en VSS au moment où j'y étais ou en communication publique, et que je n'en ai pas gardé de très bons souvenirs.)
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Je l'ai déjà dit mais je le répète, du peu que j'en ai vu lors de mes cours de sociologie la CNV me semble être la norme au sein des milieux bourgeois, et c'est ce qui en fait une classe en soi et pour soi. Si nous voulons défendre nos intérêts de classe, nous devons apprendre à communiquer de manière non-violente ; une vision un peu naïve et innocente de l'organisation de notre médiocrité consisterait à voir appliquer des méthodes capitalistes classiques aux médias bourgeois et au service public (travailleur·euses sous pression, peu de moyens investis dans le travail de care) et à les voir laissés à peu près sans supervision, sans programme culturel, permettant à leurs salarié·es d'inviter leurs potes et de (nous) faire patauger dans une confortable médiocrité partagée.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Ce serait ignorer les caricatures sociologiques de l'audience présentes dans la sitcom En Famille, application scolaire de textes sociologiques portant sur les rapports différenciés à la féminité selon les classes sociales (les filles de classe aisée ayant un style vestimentaire sage, tandis que celles des milieux populaires étant encouragées par leurs mères, avec une forme de complicité, à porter des tenues un peu sexualisantes, par exemple à dénuder leurs épaules ; descriptions singées par l'hypersexualisation franchement dérangeante, voire incestuelle de la petite sœur) ou en ce qui concerne le grand frère, médiocre à l'école, parti d'une famille de classe moyenne pour finir cuisinier dans un food truck (démotion sociale présentée comme dégradante, indigne pour une famille blanche de classe moyenne). Ignorer les connaissances de sociologie mobilisées dans la chaîne de télévision M6 afin de dégrader les pauvres me semble un peu naïf, et de mon point de vue ce média s'articule avec d'autres mutations de l'éducation des enfants des pauvres, dont le définancement de l'Éducation nationale, les attaques régulières sur la sociologie, l'augmentation du budget du Ministère de l'intérieur, visant notamment à promouvoir une police – une gestion des pauvres – coercitive et violente au détriment du travail social, afin de généraliser un rapport a priori méfiant et donc de nous empêcher de faire communauté, de défendre nos intérêts de classe ; de limiter notamment le syndicalisme au sein des milieux populaires.

« La Terre nous appelle à changer » et la CNV est une solution essentielle, parmi d'autres, au problème du changement climatique.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Je reprends le fil : un enseignant-chercheur de Lyon 2 nous a présenté l'autonomie comme la production collective de nos propres règles (« *rules, but not rulers* »), l'hétéronomie comme l'imposition de règles par une classe différente de la nôtre (le féodalisme, le monarchisme), et l'anomie comme l'absence de règles, l'absence – selon Émile Durkheim – de toute morale.

Il me semble que la sociologie durkheimienne serait fondamentalement de gauche, et on sait qu'elle fut implémentée par un Premier Ministre de gauche, Léon Bourgeois, sous la forme d'un compromis entre les Républicains et les socialistes, le solidarisme – jetant les premières bases d'un salaire minimum et d'une forme de sécurité sociale, pour laquelle le parcours serait encore long. Durkheim fait partie des femmes et des hommes auxquel·les on doit la sécurité sociale.

Or cette sociologie est inséparable de questionnements sur la solidarité au sein d'un pays, et donc du concept marxien de solidarité de classe ; la sociologie française est notamment marxienne et c'est l'une des raisons pour laquelle la liberté académique est aujourd'hui attaquée : la lutte des classes reste un phénomène social attesté scientifiquement et ça dérange « certaines personnes ». Auteur d'une thèse soutenue à l'ENS, jugée particulièrement brillante, sur « la division du travail social » et donc sur la solidarité au sein de notre pays, fils et petit-fils de rabbins, partisan de la séparation de l'Église et de l'État, Durkheim œuvra à l'émergence d'une « morale laïque », de dispositions solidaires au sein du peuple français. Son horizon apocalyptique était l'anomie, l'absence de toute morale, de toute solidarité, la perte de tout ce qui faisait de la France un pays doté d'une âme et d'une culture.

Et puis, il y eut la Seconde Guerre mondiale, le Plan Marshall, les films Disney, la noyade de notre culture dans la consommation de masse, un bourrage de crâne nataliste et anti-syndical, le dévoiement de toute forme de solidarité masculine (historiquement teintée de syndicalisme ouvrier) par l'extrême-droite et par les incels, et une tentative de dévoiement du féminisme (mais aussi du patriotisme et plus généralement de la gauche), infructueuse mais inachevée, par les infrastructures de communication dites « techno-socialistes », parallèle solide (mais maladroitement formulé) avec le national-socialisme (que je perçois comme une stratégie bourgeoise contre-révolutionnaire).
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Afin de bien le séparer de mes propres idées, seul le concept d'anomie, l'idée que l'absence de toute morale renverrait à la fois à un effondrement de notre solidarité et de notre capacité, démocratique, de produire nos propres règles, me semble attesté scientifiquement.

Mon opinion à ce sujet, développée ci-dessus, est que notre solidarité, notre autonomie est sous attaque, et que lorsque l'on communique de manière violente on contribue à permettre à la classe bourgeoise de décider de nos conditions de travail, de nos allocations, de notre capacité d'éduquer correctement nos enfants, ou encore de défendre ses intérêts de classe en les faisant se maltraiter et en nous faisant les maltraiter.

La communication non-violente n'est peut-être pas
la solution à tous nos problèmes, mais je crois qu'elle en serait le catalyseur, bien plus encore que les logiciels libres (dont je suis pourtant une ardente militante, Peroni m'a encouragée à en faire mon sujet de mémoire).
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