Je me rends compte avec étonnement que même en ligne, il n'y a pas de communautés au sein desquelles des personnes ignorantes de sujets sensibles pourraient en discuter avec bonne foi, quitte à tenir des propos maladroits, pour se déconstruire justement. Je ne sais pas exactement pourquoi les internautes se sentiraient en droit de s'agonir d'injures ou en verraient la nécessité. La différence entre malveillance et incapacité d'être bienveillant·e est peut-être virtuelle, et peut-être que les conséquences immédiates, en puissance sont à peu près les mêmes, mais du point de vue des perspectives des membres de notre classe sociale elle est énorme.
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Ma vie serait très différente si un modérateur de Mageia ne m'avait pas pourrie pour avoir eu du mal à débuguer un problème de BIOS/UEFI, et honnêtement, en tant que femme trans autiste, je n'ai pas le luxe de me couper des personnes ayant précisément eu ce comportement à mon égard (« t'es un mec cis comme les autres », m'a dit une femme trans à qui j'avais fait part d'un rêve dans lequel je sortais du placard auprès de ma mère, quelques années avant mon CO). Je n'ai pas le luxe d'en vouloir personnellement aux camarades refusant d'utilier des logiciels qui m'auraient été accessibles alors que j'étais paranoiaque, ce qui peut suggérer un biais à faire des injonctions à la pédagogie, d'une manière qui, je ne l'espère pas, servirait des dynamiques de domination. Mais je pense que l'on présumerait bien trop souvent la mauvaise foi de nos interlocutaires.
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