Pour moi dont le rapport à l'informatique a été déglingué par les réseaux sociaux et notamment par Twitter, utiliser un clavier mécanique, ortholinéaire, au firmware ouvert me permet de tourner la page. En tant que personne autiste peut-être, ça réduit notamment cet aspect un peu grognon dans le changement de contexte, par exemple lorsque mon chéri sollicite mon attention (sans doute car taper sur un clavier ISO impliquerait le changement de contexte permanent d'une rangée à une autre).
Pour une raison qui m'échappe un peu, mon clavier ortholinéaire me permet aussi de mieux gérer la culpabilité. Je me rends par exemple compte que je donnais aux mendiant·es de mon quartier, ce qui est très bien, mais au-dessus de mes moyens, typiquement lorsque la CAF me doit des arriérés et que mon argent en liquide me vient de ma mère (que je compte bien évidemment rembourser, elle ne s'en rend pas compte mais j'y pense tous les jours). Ce problème de culpabilité me suit depuis plus d'une décennie, entre l'institution scolaire et les réseaux sociaux, et il est bien évident qu'un clavier ortholinéaire ne fait pas tout mais je ne suis pas sûre (1) que je me serais intéressée à Twitter dans ces conditions, avec un bon périphérique d'entrée j'aurais littéralement pu tenir un journal intime et avoir ma licence en trois ans ; je rappelle qu'hier je tapais dans le bus sans que mon ordinateur ne soit allumé car, comme pour la pratique solitaire d'un instrument de musique, travailler la mémoire musculaire me permet sans doute d'être plus réflexive ; (2) que j'aurais par la suite hébergé un prédateur domestique, ce qui m'avait temporairement fait développer des hallucinations auditives.