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Océane @oceane@peculiar.florist
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J'ai écrit un nouveau billet, et je dois encore en écrire un autre, JPP.

Bref, “Redéfinir certains concepts économiques et féministes” (
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Océane @oceane@peculiar.florist
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“Redéfinir quelques concepts économiques et féministes” (CW marché de l'immobilier, racisme, homophobie, et sexisme populaires) (1/3) J'ai quitté un proche, propriétaire de quelques logements locatifs, sur une dispute, après lui avoir dit que les propriétaires étaient des « parasites sociaux ». Le mot « sociaux » sert bien évidemment à dénoter une relation d'extraction économique entre un groupe social et un autre, les propriétaires ne produisant pas de valeur mais se constituant un revenu passif sur une dizaine de loyers ne devant légalement pas dépasser le tiers d'un salaire donné (mais pas d'un Smig, y compris pour des appartements de 20 m<sup>2</sup>).

La situation est un peu plus compliquée :

- Les propriétaires doivent rembourser des prêts immobiliers, dépendant donc du prix d'achat des appartements, et sont par ailleurs soumis·es à un impôt sur la fortune immobilière, ayant plus ou moins remplacé l'ISF (en partie car les propriétaires immobiliers restent discrèt·es sur leurs patrimoines, ce qui les empêche, comme les paysans parcellaires de Karl Marx, de se constituer en tant que classe sociale organisée, en tant que classe « en soi et pour soi »). Pris·es entre le marteau et l'enclume, iels ne s'auto-financent pas toujours, et la situation est bien évidemment stressante.

- Leur perspective reste de se constituer un revenu passif sur une dizaine de loyers représentant un tiers non pas d'un Smig, mais d'un salaire d'environ 1 500 € par mois (les loyers à Lyon étant d'environ 600 € pour des logements étudiants de 30 m<sup>2</sup>).

- Il reste une différence de condition assez importante entre un petit propriétaire immobilier et un porc comme mon dermato, qui facture 90 € des consultations de 10 minutes et qui n'achète pas des appartements mais des immeubles (ça élimine les problèmes de co-propriété).
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Océane @oceane@peculiar.florist
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“Redéfinir quelques concepts économiques et féministes” (CW marché de l'immobilier, racisme, homophobie, et sexisme populaires) (2/3) La relation entre les locataires et les propriétaires reste donc une relation de parasitage, au sens littéral du terme, dans la mesure où elle n'est qu'extractive, où les propriétaires ne créent pas, ou seulement à titre exceptionnel, de valeur. (La personne à laquelle je pense consacre beaucoup de temps, d'argent, et d'énergie à la décoration et à la rénovation de son patrimoine, mais les appartements que j'ai loués étaient tous des poubelles en comparaison – pensez-vous, mon logement n'a même pas de douche fonctionnelle, et la régie a demandé à la société de recherche de fuite de m'envoyer le devis.) Évidemment, lorsque l'on parle de parasitage social, on a en tête des systèmes de relations impliquant l'État, les milliardaires, les pauvres, et le rôle souvent complice de la classe moyenne et des cadres ; on pourrait définir de la même manière le patriarcat, caractérisé par la complicité des hommes dans l'exploitation domestique et sexuelle des femmes. Plus que cela, je vois les « petits blancs » chers à tout programme de parasitage, du « petit peuple » de Pétain aux électaires de Trump, figure d'Épinal reprise sans vérification ni intégrité journalistique par Le Monde ¹, en passant par « l'homme blanc » de Bruckner ou encore par le poujadisme, comme un groupe tampon, équivalent social des professions intermédiaires, démographiquement minoritaire mais s'assurant de faire rentrer les femmes, les déviances sexuelles, et les immigré·es dans le rang, perméable à des idées et à des pratiques d'extrême-droite : des efforts considérables semblent donc déployés pour maintenir les hommes dans une forme de médiocrité masculine, des modèles masculins déplorables (on parle plus souvent d'Elon Musk que du dernier prix Goncourt) à toute une communication visuelle et spectaculaire (Debord, 1967) (clé de voûte de la modélisation) encourageant, avec de manière plus large les emballages jetables, les publicités de jouets, de voitures, de produits ménagers (couches, autocuiseurs, aspirateurs Dyson tellement masculins), les instituts de sondages, la privatisation de nos infrastructures de communication, etc. aux achats compulsifs, aux comportements débordants et
impulsifs, dont les débordements sur les réseaux sociaux ne font que
représenter leur rôle dans l'échec des pauvres à l'université ou encore dans d'autres formes d'addiction, ou de troubles du comportement. Ne peut-on simplement pas parler de masculinité sous emprise et, inversement, d'émancipation masculine ?

¹ On se rend compte aujourd'hui que les élections ont été volées par la suppression des bulletins de vote dans les quartiers démographiquement noirs, mais putain que l'article était bien écrit…
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Océane @oceane@peculiar.florist
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“Redéfinir quelques concepts économiques et féministes” (CW marché de l'immobilier, racisme, homophobie, et sexisme populaires) (3/3) C'est pour cette raison – le caractère dégradant et accusateur d'un lexique neo-militant envers les hommes, présumés valides et cis – que j'appelle à trouver une alternative à l'expression « toxicité masculine » de toute urgence – mais, encore une fois, le problème n'est peut-être pas tant la manière de nommer un phénomène que notre perspective plus générale sur la masculinité et sur le patriarcat. Au lieu d'appeler les hommes à devenir des « allié·es » et à travailler sur leur « masculinité toxique », ce qui impliquerait, pour tou·te salarié·e n'ayant pas une licence de sociologie, qu'une part intrinsèque à la masculinité et donc aux hommes serait toxique (ce qui s'appelle, en sociologie, une souillure), nous pourrions parler de masculinité modélisée, isolée, ou – quitte à militer en gardant une main libre – de masculinité anome ; et à défaut d'accompagner les hommes vers une forme d'émancipation, de mettre en avant de meilleurs modèles masculins (big up à la sœur ayant fait un fil sur Twitter dans cette optique, elle s'est fait défoncer), au moins d'encourager, de favoriser, et de développer les infrastructures, les médias, la culture allant en ce sens.

Cette constitution d'un jargon ayant tous les aspects d'une oppression inversée donne bel et bien lieu à son interiorisation et à son acceptation des hommes, ou des propriétaires immobiliers, à travers leurs caractéristiques individuelles minoritaires : un homme se percevrait précisément comme toxique ou médiocre car il serait handicapé, racisé, homosexuel refoulé, ou une femme trans dans le placard ; une propriétaire de logements locatifs ne se percevrait pas comme un parasite social mais comme une mauvaise épouse – trop mauvaise cuisinière, trop frigide – ou comme une mauvaise mère… Il ne s'agit pas de défendre le marché locatif et ses actaires mais de défendre l'impossibilité de faire du militantisme de gauche en ayant des pratiques de droite ou d'extrême-droite ; sinon, si nous harcelons des militantes ou des personnes handicapées au nom de Karl Marx et de Louise Michel, notre travail militant restera quand même objectivement un travail militant d'extrême-droite. Il en va de même pour une grande défaite sémantique, l'acceptation de la personnification des concepts de droit d'asile, de chômage structurel, de violences policières, de délinquance, de modèles économiques extractifs, ou de privatisation, et donc de la manière de nommer et de considérer la réalité, même au sein de nos propres organisations, qu'ont défendu les obscurantistes féodaux puis capitalistes.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Cela dit en passant, je vois parfois passer des posts Instagram (désolée hein, ici ça ne passerait pas) sur le réactionnariat musulman, et je comprends que certaines minorités de genre se sentent menacées par certains hommes ; mais si les hommes racisés sortaient des dingueries du niveau des expressions “masculinité toxique” ou “toxicité masculine”, ça ferait la Une de tous les médias bourgeois.
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