La tragédie des communs (CW viol, RMS) (1/4)
J'ai fait une description visuelle très détaillée d'une infographie sur Mastodon, sur une musique par ailleurs plutôt sympa, et ça m'a pris près d'une demi-heure mais je me suis vraiment senti bien ; je me suis rappelé l'enthousiasme, la naïveté, l'innocence avec laquelle on envisageait un internet collaboratif dans les années 2000, un web où des profs partageaient des animations flash (qui se souvient de lulu lutin malin ?), où une encyclopédie collaborative venait d'être créée, où l'on partageait un sentiment quasiment religieux de communion envers ses prochain·es, à travers l'internet.
Cet internet n'est pas mort, mais ce sentiment nous a été volé par une série de circonstances fâcheuses : premièrement, l'émergence des réseaux sociaux, qui en étant addictifs nous ont monté·es les un·es contre les autres. Nous ne voulons pas nous en prendre à nos semblables, et lorsque nous le faisons nous le regrettons, nous en venons à craindre de mal nous comporter dans les transports en commun ; je me souviendrai toujours de l'enthousiasme de cette sexagénaire avec laquelle j'avais vaguement discuté dans le tram, lorsque j'étais sortie en lui souhaitant une bonne journée (elle avait sans doute eu peur d'avoir eu un comportement un peu inapproprié ou insistant, ou alors peur de croire en mon interprétation de son comportement comme tel).
Ensuite, la captation de toute notion des “logiciels libres” en tant qu'infrastructure par Richard Stallman et par des ingénieur·es suivant des modèles à peu près analogues, comme l'OSI. Faut-il dire “logiciels libres” ou *“open source”* ? Honnêtement, ça m'est complètement égal, on peut en revanche parler d'infrastructures publiques et privées, ou – plutôt que de réinventer la roue à travers la formidable dissonnance cognitive qu'est l'*EEE* ¹ – de privatisation du web, encore une fois de nos communs numériques en tant que services publics.
¹ *Embrace*, Extend, *Extinguish* : une stratégie développée par Microsoft pour adopter une infrastructure publique, s'y étendre, et enfin l'éteindre. Cette stratégie concerne par exemple l'adoption des emails par Google, avec Gmail, ou encore du web avec Google Chrome et les réseaux sociaux (qui ne sont que des clones du web centralisés et surveillés, les affordances de partage de contenus étant un équivalent particulièrement faible des hyperliens), mais aussi la privatisation de nos services publics par des Présidents issus du secteur privé.
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