Le 8 décembre 2023, j'ai écrit avec enthousiasme un billet dont j'ai désormais honte : « ProtonMail, la dégooglisation en mode facile ! ». J'ai honte de ce billet car ProtonMail est une secte, et car j'ai alors promu, et normalisé une secte dont j'ai fait partie.
ProtonMail s'enorgueillit de sa communauté, qui n'a fait que travailler gratuitement pour cette entreprise, et la financer alors que ses produits étaient invendables. Il s'agit de personnes malades mentales, ayant vécu des situations de maltraitance, et ayant sombré dans une forme de paranoïa, entretenue par ProtonMail.
Mon point de vue dans ce billet était grosso modo que ProtonMail n'était objectivement plus la même organisation après la publication de sa version 4.0, car son produit n'était plus le même et qu'elle pouvait passer à un autre modèle économique. Elle était alors lavée de son historique de prédation et de maltraitance, car ça m'apparaissait comme un « mal nécessaire » : je considérais que notre responsabilité à gauche était notamment de gagner de l'argent (et pas, par exemple, de nous syndiquer et de faire grève afin que nos associations cessent de pallier le manque d'investissements publics dans la recherche et contre la pauvreté).
J'ai honte de ce billet.
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Me souvenir de mon investissement dans cette secte m'horrifie et me rend particulièrement stressée. J'aurai du mal à trouver le sommeil. Ce billet est ironique et hypocrite de ma part, qui ai bien conscience que la présence abjecte de témoins de Jéhovah dans l'espace public ne vise qu'à normaliser leur secte auprès du grand public.
La vérité est qu'une personne dont une part importante de l'existence ne semble avoir pour seule vocation que son exploitation ne pourra que la défendre ou la refuser intégralement. C'est à ce titre qu'il faut comprendre les « et ça y est, ça recommence » de parents abusifs et eux-mêmes maltraités étant enfants, ou la minimisation des VSS par des femmes en ayant elles-mêmes été victimes, ou le style d'éducation rigide des ouvriers, qui assigne à leurs enfants leurs propres places dans leur appareil productif d'exploitation.
Je ne saurais suffisamment exprimer ma honte envers mon audience, auprès de laquelle j'ai recommandé cette entreprise prédatrice et manipulatrice. La norme cryptographique OpenPGP doit disparaître, et les personnes qui la promeuvent ou qui développent dessus devraient partager mon sentiment. Je ne saurais faire amende honorable de manière satisfaisante, mais je continuerai à devenir une meilleure personne et à utiliser tous les moyens à ma disposition pour tenter de l'en protéger.
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