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Océane @oceane@peculiar.florist
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Pardon, mais j'ai mis à jour mon billet sur ProtonMail en tenant compte de certaines critiques, et je ne me souviens plus de qui me les avait formulées, je me demande si c'était @jovian ?

Du coup le billet tient en une page :
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Océane @oceane@peculiar.florist
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ProtonMail, la dégooglisation en mode facile ! (1/2) ProtonMail n'étant ni recommandable, ni utilisable avant sa version 4.0, cette entreprise accrut l'irrationalité d'une population déjà vulnérable à travers une communication sectaire, ce qui aggrava ses problèmes de santé mentale : dépression, paranoïa, anxiété, etc. Le manque de ressources de cette entreprise partie d'un financement Kickstarter pouvait justifier un modèle extractif, durant une phase de lancement particulièrement longue et douloureuse, mais c'est désormais une alternative crédible à Google, de plus en plus open core quoique toujours centralisée et patronale, disposant de ressources propres et pouvant donc enfin contribuer aux communauté de logiciels libres et open source, de cryptographie, et de journalisme. La version 4.0 de ProtonMail fut ainsi celle où cette entreprise put exprimer ses valeurs.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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ProtonMail, la dégooglisation en mode facile ! (2/2) Cette entreprise commercialise aujourd'hui des services d'emails, de partage de fichiers, de VPN, de gestionnaire de mots de passe, et de calendrier, dans une offre « tout en un » mais abordable. Sans être réellement cyberpunk, ProtonMail représente donc une infrastructure alternative, rentable, à celles des géants du numérique, tandis que la nôtre, celle des logiciels libres et associatifs à petit budget, resterait le privilège d'un milieu associatif dont les ressources – souvent inaccessibles à travers un moteur de recherche comme Google – permettent de naviguer au sein d'une offre hétérogène.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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J'ai aussi écrit « Oh non, un cinquième Fairphone en 10 ans ! »
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Oh non, un cinquième Fairphone en 10 ans ! (1/3) L'annonce de la sortie du dernier Fairphone a provoqué une levée de boucliers dans une partie de la communauté makers/​logiciels libres/​cyberpunk, dans le sens où Mozilla, qui résiste à des conglomérats malfaisants dont on connaît bien l'acronyme, « Gafam », le serait ; c'est regrettable car cette entreprise fait à peu près la même chose, en proposant par exemple un modèle, le Fairphone 4, que l'on pourrait considérer comme « LTS »¹, à la fois car une formule d'abonnement à 14€/mois, avec engagement sur 60 mois, est proposée, sans caution, par l'entreprise elle-même pour les louer, en suivant le modèle de Commown, mais aussi en raison de ses contrats avec la communauté Ubuntu touch afin de maintenir une bonne compatibilité sur le long terme, et donc de résister aux systèmes d'exploitation d'Apple et de Google. Nommez-moi une entreprise de téléphonie qui en fasse autant pour nous sortir du duopole Apple/Android ! (Pine64 fait un excellent travail, mais des téléphones restreints à des distributions Linux, bien que leur compatibilité soit excellente – pensez-vous, une connexion UART à travers le port jack –, coûtant entre 350€/mois et 600€/mois, sans plan d'abonnement direct ou via Commown – un choix qui reste donc coûteux, un peu radical, et en réalité quasiment réservé à un public à la fois doté d'un capital culturel, sur le plan technique qui nous concerne, élevé, et anglophone.)

¹ « Long Time Support », dans le sens où Ubuntu 20.04 l'est…
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Oh non, un cinquième Fairphone en 10 ans ! (2/3) Nous devons soutenir les organisations œuvrant à construire l'infrastructure commune dont dépendent les cyberpunks dans des fictions telles que « Red Strings Club » ou « The Neuromancer » ; plus particulièrement, lorsque nos fictions n'insistent pas sur une esthétique spectaculaire (<a href="#citeproc_bib_item_1">Océane, 2023</a>), elles croient trouver leurs lettres de noblesse dans la mise en scène d'une réalité particulièrement sombre et démoralisante, et c'est un échec pour nous, qui comme les punks originels refusons en bloc de voir la santé de nos proches se dégrader au service d'un projet de domination impéraliste. Les logiciels libres, comme Fairphone, MNT, et d'autres entreprises oscillant entre le matériel ouvert et des conditions de production plus éthiques, représentent une telle infrastructure, se substituant en partie à celle des Gafams, et les libristes, plutôt que les contributaires autodidactes à des logiciels open source parfois ingrats, ressentent un sentiment de communauté, d'appartenance, voire de plénitude numérique dans l'usage de logiciels autonomes et souvent hors-ligne, comme Emacs, ou comme les logiciels du cercle Gnome. Fairphone, je le rappelle, évolue dans un milieu fortement concurrentiel, au sein duquel il faut rester « innovant » pour survivre – ce qui consiste en particulier à l'intégration des derniers processeurs, écrans, et modules de caméra ou de connectivité sans fil en vogue, dans des modèles dits « haut de gamme ». L'innovation réelle se situe bien sûr auprès des logiciels libres et hors des Gafams, mais cette idée semble échapper à un rédacteur du magazine FrAndroid attribuant au Fairphone 3, de mauvaise grâce, un 5/10, dans un test intitulé « Fairphone 3, le prix de la bonne conscience ? »
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Oh non, un cinquième Fairphone en 10 ans ! (3/3) Les critiques de ce nouveau modèle me semblent donc marquées par une ignorance autant des conditions de vente des Fairphone que du projet politique qu'elles prétendent défendre : un cinquième téléphone en dix ans reste plutôt raisonnable pour une entreprise qui, afin de survivre, de rémunérer ses travailleureuses en Chine et ses fournisseureuses de terres rares – qui, fait notable, ne sont pas des seigneurs de guerre –, doit bien continuer à vendre des téléphones, surtout en comparaison avec d'autres entreprises qui, comme Xiaomi, peuvent produire autant de nouveaux modèles en une seule année.

Références :

Océane, 2023,
« La spectacularisation de l’humain augmenté. »
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Troisième billet sur quatre : « Le libre arbitre »
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Le libre arbitre (1/2) Lorsqu'une pomme pourrit, le problème n'est pas qu'elle serait une « mauvaise pomme » : en d'autres termes, le libre arbitre d'une victime de maltraitance n'est pas le sujet. On trouve chez les populations racisées, handicapées, queer, un taux endémiques de syndromes de stress post-traumatique complexe, de dépression, et de suicides ; si vous n'entendez pas régulièrement parler de ces problèmes de santé, je présumerai donc que vous serez probablement une personne blanche, probablement issue d'une catégorie économiquement intermédiaire ou supérieure, probablement hétérosexuelle et bien portante.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Le libre arbitre (2/2) L'enjeu de toute science, de toute discipline, n'est pas des individus mais des phénomènes tels que la délinquance, la résistance électrique, la prohibition de l'inceste, ou les trajectoires sociales. L'enjeu pour Claude Lévi-Strauss n'a jamais été de savoir si les Indiens prohibant l'inceste étaient de « bons » ou de « mauvais » Indiens, mais plutôt de produire de la connaissance sur les phénomènes observés, par exemple sur la mobilisation du mariage comme ressource économique. L'intérêt de la sociologie pour la délinquance est celui revendiqué par une police désormais entendue comme purement coercitive : la faire baisser, défendre les communautés meurtries par les violences et les dégradations¹. Si l'on comprend ses conditions de formation, on peut agir dessus, on peut donc éviter de nouveaux crimes. Attaquer ce travail revient à défendre la criminalité sous toutes ses formes.

¹ Il suffirait de toute façon d'aller dans certains quartiers populaires pour se rendre compte que les dégradations
volontaires n'en seraient pas la première forme, et que le manque d'entretien des façades, le manque de poubelles, font de la rue, prise en tant qu'objet littéral, un signe d'anomie et un facteur de violences.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Enfin, « Ne parlez plus d'« obésiciels », s'il vous plaît »
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Ne parlez plus d'obésiciels, s'il vous plaît (CW grossophobie) (1/2) C'est un phénomène bien connu : la loi de Moore implique un doublement de la puissance des ordinateurs tous les deux ans. Les entreprises de développement web peuvent donc se permettre de produire des programmes de plus en plus mal codés, de plus en plus gourmands en ressources, de moins en moins fiables : c'est ce qu'on appelle les « obésiciels ». En analogie avec l'obésité comme phénomène social, comme maladie dont l'hyperphagie n'est qu'un symptôme, ces logiciels imposent un achat régulier d'ordinateurs de plus en plus puissants, ce qui n'est évidemment pas pour déplaire à Apple et Microsoft, qui touchent de l'argent à chaque vente d'ordinateur (via des licences OEM pour Microsoft, sur contrat d'exclusivité avec le fabricant). Les obésiciels sont donc un enjeu environnemental, écologique, planétaire. Ils doivent disparaître.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Ne parlez plus d'obésiciels, s'il vous plaît (CW grossophobie) (2/2) Ma première remarque concernera l'emploi d'un nom propre individuel concernant les obésiciels, plutôt qu'un terme comme « le développement d'obésiciels » ou « l'obésicielité ». L'analogie grammaticale ne se fait donc pas avec le problème, social, de l'obésité, mais avec les personnes obèses, dont le manque de fiabilité nuirait à la productivité d'une entreprise et de ses salariéés, et qui consommeraient nos ressources, ce qui en ferait un enjeu climatique, que l'on pourrait résoudre en les faisant disparaître. Le problème social reste d'ailleurs plus généralement celui de la surconsommation, une problématique intimement liée à des logiques de marché et donc à l'opposition traditionnelle entre les logiciels libres, qui sont des communs, et leurs prédateurs propriétaires, qui sont dotés d'une valeur d'échange. Puisque l'analogie avec l'obésité comme phénomène social semble n'être qu'une excuse a posteriori pour continuer à employer un terme oppressif, né sur un obscur forum et propagé sur 4chan, malgré un manque apparent d'alternatives, ne peut-on simplement pas parler d'usines à gaz ?
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Laurence Girault @laurencegirault@pouet.chapril.org
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Ne parlez plus d'obésiciels, s'il vous plaît (CW grossophobie) (2/2) @oceane Je suis d'accord que le mot obésiciel est problématique, perso je préfère utiliser inflagiciel. Mais le problème décrit n'est-il pas plutôt le manque d'optimisation, ajouter des couches aux couches sans enlever ce qui est obsolète, sans refactoriser.
À mon sens des logiciels libres peuvent l'être aussi, comme WordPress.
Pour moi parler de logiciel propriétaire/privateur on se place sur le droit/philo que la qualité
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Océane @oceane@peculiar.florist
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@laurencegirault Effectivement, « inflagiciel » est une bonne alternative, et je vous rejoins sur l'importance de mettre l'accent sur la qualité technique, sans forcément l'associer à des questions de licence. On pourrait par ailleurs simplement parler de surconsommation (je vais mettre mon billet à jour :p). Mais le problème de la surconsommation justement reste un problème social, qui me paraît intimement lié aux logiques de l'informatique propriétaire.
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