Je suis désolée, c'est une opinion problématique, mais mon ex me dit que la recherche est un milieu précaire, que des HSBC vont s'approprier mon travail, qu'une post-doctorante dans son labo gagne un peu plus qu'un Smig et qu'elle passe des coups de fil à 19h, et je RIGOLE.
Mon expérience de la précarité, c'est notamment :
- faire des rapports de bug en tant que bénévole, dans une langue apprise sur Twitter, avec de l'anxiété sociale, et en ayant peur de me faire insulter sur une liste de diffusion publiquement archivée, ou alors
- manger mes cuillères pour les deux prochaines semaines pour me rendre à un congrès local à l'autre bout de la ville, pour présenter un texte défendant l'usage d'outils numériques plus résilients et plus confidentiels, pendant que l'un des fondateur du syndicat, encarté au PRCF, me fera du paternalisme bienveillant pour rester sur Gmail. (Avec de la paranoïa à ce moment-là.) Ou alors voir des camarades au niveau fédéral râler sur Twitter, au sujet de camarades râlant concernant l'usage de Gmail, justement.
Je veux présenter des rapports, me battre pour des financements, être en concurrence avec des personnes travaillant sur mon propre sujet de recherche, pourvu que ça sauve des vies.
Si un connard comme Bourdieu vole mon travail sans me citer, c'est pas bien mais tant mieux, pourvu que ça lui permette de sauver des vies.
Ah oui, c'est aussi résoudre le captcha de Google, qui est extrêmement lent quand il détecte un blocage de son siphonnage de données, pour punir ses utilisataires, à chaque fois que je veux me connecter à Discord, sur le wifi du voisin, depuis un VPN ; le résoudre en réalité trois fois, au moment de recevoir le lien de vérification par email, qui expire au bout de 5 minutes, puis de le renvoyer, et enfin de le valider pour me connecter au « serveur » de mon syndicat étudiant.