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Océane @oceane@peculiar.florist
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« Le discours de Mahé se distingue en effet par deux traits marquants : l’usage de la métaphore du match comme combat contre la maladie, qui rappelle ainsi constamment l’ancrage sportif du narrateur, mais surtout la normalisation de la pathologie à travers la référence aux « plus malheureux que soi » (le « papy », les « pauvres » pour qui « ça serait pire »), qui est récurrente dans les récits d’AVC chez les classes populaires [33] . » (Darmon, 2019)

Je ne pleure pas, c'est toi qui pleures
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Rien à voir (ce n'est généralement pas une bonne idée) mais j'écoute Lion d'Hollywood Undead et OMG ces riffs, ces paroles, c'est incroyable
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Cela dit en passant, oui, il peut être pertinent d'écouter de la musique, ou même de se connecter à Twitter, avant de travailler. Ou alors, il peut y avoir des éléments de pertinence dans le fait de se connecter à Twitter avant d'étudier, de lire un livre (par exemple, avec parcimonie et avec une modération adéquate les notifications d'approbation peuvent produire un sentiment d'intégration sociale et donc de sacré qui permettrait, justement, de mettre des limites, ce que Twitter nous empêche de faire). Je ne pense pas que ce serait, de manière générale, une bonne idée, mais dans des contextes bien définis, et pour certaines personnes, ça peut l'être.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Ça peut l'être pour moi, qui prends du plaisir à lire, qui n'ai pas de déficit de l'attention (ce que produit justement Twitter), et qui ne vais pas m'évader de mes lectures à travers des fantaisies – en sachant bien sûr qu'écouter de la musique en lisant empêche de se concentrer. Mais je me rends progressivement compte que mon écoute de musique à la bibliothèque n'était pas complètement infondée ; mal renseignée, oui, mais j'avais une intuition juste.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Osons un parallèle : les complotistes ont raison. Iels n'ont pas raison dans les idées qu'iels développent – le monde serait gouverné par une élite mondiale –, mais si l'on analyse le schéma narratif commun aux conspirations, on se rend compte qu'iels cherchent des solutions à des difficultés structurelles, comme des plafonds de verre, ou le chômage structurel, que leur intuition, mal renseignée et mal informée, est que « quelque chose » les dépasserait. Lisez de la sociologie critique les gars.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Évidemment, des sociologues comme Bronner font leur terrain en ligne, et attribuent aux réseaux sociaux la responsabilité des théories du complot – s'ils la démontrent de manière satisfaisante, on peut au moins s'appuyer sur leurs travaux pour avancer que les récènes seraient un facteur parmi d'autres des croyances en une conspiration globale car ils impacteraient plus négativement les personnes exposées à un plafond de verre, je pense notamment aux « transfuges de classe ».
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Océane @oceane@peculiar.florist
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En bref, écouter de la musique ou consulter ses notifications avant de travailler n'est pas complètement déconnant, mais ce n'est pas forcément une bonne idée pour tout le monde, en fonction notamment du rapport au matériau d'étude (en ce qui me concerne, la lecture), et en particulier lorsque c'est un mécanisme de défense face à la souillure anticipée que représente un rapport défaillant au récène. Mais là on parlerait du normal et du pathologique et est-ce que je vais parler du normal et du pathologique ? BIEN SÛR QUE OUI
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Océane @oceane@peculiar.florist
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Selon Émile Durkheim, « une société [serait] à ses membres ce qu'un dieu [serait] à ses fidèles » ; il distingue par ailleurs le sacré du profane, et le normal du pathologique.

Selon Durkheim, le contact entre le sacré et le profane souillerait le premier, et impliquerait donc des rites de purification. Le normal serait par ailleurs un fait social ayant une fonction sociale, et le pathologique n'en ayant pas.

Ensuite,
je n'ai pas lu Durkheim. Je l'ai étudié en cours, mais jamais vraiment lu, parce que j'ai été accro à Twitter pendant 8 ans ptdr. Mais il me semble que si l'on suit cet auteur, le pathologique (ce qui n'a pas de fonction sociale) représenterait du profane, et son contact avec ce qui en a, du sacré, le souillerait.

J'introduis ici la notion d'identité sociale réelle de Goffman, qui définit en creux l'objet d'analyse des interactionnistes : l'identité sociale virtuelle, celle que l'on considère temporairement comme réelle dans le cadre de l'interaction. On ne cherche pas à identifier l'identité sociale réelle des agents ou, en termes bourdieusiens, leurs
habitus (Peroni), au moment d'acheter une baguette de pain et un café court.

Or, qu'est-ce qui n'a pas de fonction sociale sur le web ? Bon, premièrement, le fait même d'avoir une interface différente pour chaque site web, c'est complètement inutile, ça ne permet pas de véhiculer un message de manière plus efficace. Go Gemini, ou alors Gittorrent, je sais pas. Ensuite, on ne publie pas sur les récènes comme un acte militant « normal », c'est-à-dire voué à défendre la santé des communautés concernées par nos publications, mais comme un acte pathologique, spectaculaire au sens de Guy Debord, n'étant voué qu'à augmenter les bénéfices des ayants droit : des publications intellectuellement creuses, mais bien senties comme on en trouve sur ce réseau, que l'on peut partager par anticipation spectaculaire des partages par nos abonnéés, et donc de leur intérêt pour ce que nous partageons.

Publier sur l'internet avec la sincérité d'une adolescente filmant sa première convention avec un Nokia N95, c'est donc exposer son identité sociale réelle (l'« âme » d'Émile Durkheim, notre part sociale) à énormément de profane, c'est donc l'exposer à énormément de souillure. C'est ce qui fait vriller nos adolescentts sur les récènes, et c'est aussi pour cette raison qu'ils deviennent leur propre mécanisme de défense – on y cherche une purification à travers les notifications d'approbation, c'est-à-dire une forme d'affirmation de notre intégration sociale et donc de notre sacralité, d'une manière qui précisément souillera notre âme, notre
habitus, notre identité sociale réelle.

Ces pratiques peuvent aussi s'associer à des écoutes musicales, à la consommation de sucreries (symbole profane et vulgaire d'intégration sociale par excellence),
etc. (J'imagine que les étudiantts des classes supérieures répondent à ce besoin en buvant du thé, substitut naturellement parfumé, voire « épicurien » (Le Palais des Thés) au café.)
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