Je me suis rendue compte que les personnes qui pouvaient dire aux gens ce qu'iels font de bien ou de mal… manqueraient elleux-mêmes de ce genre de retours. Ce serait inconsciemment le cas pour les personnes dites « grammar naziis »¹, tellement incapables d'agir « correctement » qu'iels projetteraient ce manque de retour dans ce que l'on pourrait considérer comme l'atome du langage, la lettre ; mais aussi pour le « HOA Mastodon ».\
(Pardon ma chienne a marché sur ma touche entrée, je voulais dire que la fameuse analyse de Linguisticae sur le sujet était accusatrice et sociologiquement aberrante, sans rien apprendre d'autre en linguistique que la détermination de la langue par les locutaires. Ce simple commentaire, indigne d'une note de bas de page, renvoie toute question de style – clarté, satisfaction de læ lectaire – à du subjectif, ce qui est ridicule non seulement car le subjectif peut être objectivé, la densité en affordances est évidemment subjective et dépend de l'expérience de læ lectaire, voire de sa maîtrise de certains codes, mais en plus du point de vue du concours de l'ENS, qui semble en faire un critère de sélection.)
(Ce qui distingue unn normalienn d'unn sociologue de Paris 8 ou de l'EHESS, c'est avant tout la clarté et la qualité de son style, la pertinence de ses exemples, en quelques mots la capacité de capter l'intérêt de sæ lectaire, d'enseigner et donc, dans une relative mesure, de commander.)
(Je m'égare mais c'est aussi la différence entre un billet de blog à 300 vues et un billet de blog à 3 vues, pour transmettre des idées il faut donner envie ; « les locutaires font la langue » mais seraient donc légitimes à employer des mots comme « basiquement » ou « gênance » est une idée un peu naïve.)
(Le style est aussi un enjeu de succès sur les récènes ; un style accusateur, qui tend à la stérilité. Publier à l'intention de ce public implique toujours des compromis entre un style universitaire parfois qualifié d'ennuyeux et une personnification de problèmes systémiques, envers lesquels on emploierait des qualificatifs de destruction/dégradation matérielle ; par exemple, « brûler ». Mais je n'ai pas grand-chose de plus à dire sur cette tendance à distribuer les bons et les mauvais points. Ce sont simplement des personnes vivant avec la terreur constante de mal se comporter, des personnes qui pourront rentrer la tête et dire « désoléé » pour avoir pris un ticket de caisse trop vite des mains d'une caissière, et j'ai déjà vu des personnes que j'aimais faire ça. Les stigmatiser est une abjection de plus dans un monde qui tend désormais à la saturation.)
Bref, on a des personnes victimes de maltraitance, scolaire ou autre, constamment inquiètes de mal se comporter, et confrontées à un plafond de verre dans un contexte de productivisme informel, celui de la délicatesse, de la pudeur, de l'intérêt sincère et au bon moment, faisant toute la différence entre unn licenciéé de sociologie au McDo et unn autre au Hardrock Café, qui par empathie, par don de soi, pour transmettre à autrui ce qui leur a manqué, font remarquer à leurs pairs, dans le langage que ce média impose à leurs esprits pauvres en informations et donc dépendants d'infrastructures symboliques, autrement dit influençables, qu'iels devraient mettre des content warnings, ou des descriptions d'images, pour être bien perçuus – quitte à s'oublier et à menacer à demi-mots, par irrationalité, par désespoir, certaines personnes d'entacher leur réputation ; des cas en réalité rarissimes, mais déformés par la popularité de leurs victimes qui reçoivent mécaniquement le plus fréquemment ce genre de messages, des influenceureuses comme Matt Blaze.