Mais je fais quoi si mes profs m'imposent de communiquer avec des logiciels propriétaires, qui représentent --
-- qui plus est, comme Zoom, des risques de cybersécurité ? Qui défendra mes droits ?
\-\- qui plus est, comme Zoom, des risques de cybersécurité ? Qui défendra mes droits ?
Pour moi qui suis autiste et psychotique, les logiciels libres sont une question de santé.
Je me sens déjà isolée dans la défense de mes droits en tant que personne handicapée.
J'en suis à défendre les logiciels libres d'un point de vue féministe, en tant que personne non-binaire transfem.
Alors que je suis bien évidemment une camarade, je suis présente dans les luttes féministes, mais je ne le suis pas moi-même !
Donc hiérarchisation des luttes oblige je ne peux pas simplement dire « les personnes handies ont besoin de logiciels libres »,
ça même les libristes s'en fichent lol. (Cf. l'accessibilité des distributions Linux aux déficientts visuells.)
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Donc quelque part je crois que je projetterais mon isolement en tant que personne handicapée sur mon isolement…
… en tant que libriste. Je sais, je l'ai déjà constaté, que mes problèmes de libriste seront ignorés avec acharnement.
Donc je rappelle que les logiciels libres sont un enjeu féministe, vu que y a que ça qui vous intéresse.
Que quand Thomas passe ses journées sur son téléphone, c'est sa conjointe qui fait le ménage et qui s'occupe des gosses.
Que quand Julie passe son temps sur son téléphone… son conjoint ne fait rien, parce qu'il est lui-même victime d'emprise.
Que Thomas aura d'autant plus de difficultés à s'en sortir s'il sera handicapé mental, ou pauvre.
Que Julie, caissière, aura plus de chances de tomber dans une addiction aux récènes que Julie, journaliste ou publicitaire.
Que les femmes hétérosexuelles et les couples pauvres sont donc plus impactéés par l'emprise numérique…
… ou pardon, que l'emprise numérique fait double peine pour les femmes hétérosexuelles, tandis que…
… les couples pauvres seront plus négativement impactés que les couples de classe aisée.
Que les élèves, les adolescentts handicapéés seront plus impactéés que les adolescentts valides.
Que les récènes sont notamment conçus pour accentuer le plafond de verre (c'est compliqué mais j'expliquerai plus tard).
Et je me sens terriblement isolée. Je me sens coupable d'utiliser des logiciels libres. Qui me font du bien. Dont j'ai besoin.
Une personne maltraitée, paranoïaque, a besoin de logiciels libres sécurisés comme Qubes OS ou Signal.
Utiliser Signal, en tant que personne en bonne santé, est littéralement une pratique de prévention du suicide.
Parce que des personnes paranoïaques auront du mal à utiliser, par exemple, WhatsApp.
Points bonus pour les organisations militantes qui s'organisent sur WhatsApp. Équivalent pré-Covid des militantts anti-masques.
Et j'ai envie de dire qu'au moins la santé des personnes immunodéprimées ne les empêche pas de s'exprimer en ligne.
Celle des personnes paranoïaques leur fait dire et faire n'importe quoi. J'ai vu Aeris par exemple s'acharner sur ces personnes.
En bref, mes droits de personne handicapée, qui sont d'utiliser des logiciels libres, sont ignorés et bafoués.
Je ne veux pas imposer à des camarades d'utiliser Linux Mint, Emacs, ou Krita. Mais leur choix d'utiliser WhatsApp m'impacte.
Je pense quand même avoir le droit de leur dire que ma santé est impliquée (quand ce n'est pas mes études).
Mais comme me l'a dit une prof avec une bienveillance indiscutable, mais alors pas très évidente, la société ne s'adaptera pas à moi.
Mais bon, ma déception par le milieu militant… on est très nombreuxses à vivre avec ça.
Les personnes racisées (maghrébines, noires, juives) ; les personnes handicapées ; les pauvres non-conformes…
Et encore une fois, j'ai cette légère angoisse existentielle quand je suis confrontée, par exemple, à l'absence de pilotes libres…
… sur ma carte wifi, car (1) GNU Guix permet de faire des choses qu'aucun autre système d'exploitation ne permet de faire,
(2) car travaillant sur des enregistrements d'entretiens sociologiques je ne peux pas utiliser de logiciels propriétaires,
par conformité avec le RGPD (ce dont mes profs ne semblent même pas se rendre compte), car
je sais que ces problématiques n'intéressent personne. Que si je ne peux pas travailler par manque de wifi, ce sera de ma faute.
Que je peux dire à une prof que je suis en retard car j'étais enfermée dans les toilettes à cause de la transphobie,
pas que j'étais coincée au lit car j'avais peur de me prendre une masse solide de lumière à la vitesse d'un TGV en me levant.