C'est un post intéressant. Je pourrais lire des trucs plus intéressants ailleurs, là, maintenant, en posant mon ordi et en ouvrant un livre, mais bref :
Je suis étudiante en sociologie et je ne parle pas de consumérisme. Ce terme n'est que le mot « consommation » avec un suffixe en « isme », qui désigne bien une dimension quasiment dogmatique, voire religieuse (comme le bouddhisme, le catholicisme, etc.).
Il m'apparaît comme la stigmatisation du phénomène suivant :
Les pauvres ont peur de manquer. Les pauvres ont littéralement (ce n'est pas une figure de style) une angoisse existentielle de manquer de temps et de biens de consommation, notamment car leur santé mentale peut littéralement être en jeu ; la réponse en ce qui concerne, pour tout le monde, un mal-être existentiel, même passager, concernant par exemple le fait qu'on est fatigué·e, qu'on a du retard sur son travail, qu'il fait froid et qu'il pleut, peut être de poser son vélo et de prendre les transports en commun, voire (dans des cas qui personnellement ne me semblent pas nécessaires à mon mode de vie, car j'habite à 30 minutes en transports de mon université) la voiture.
De même, il me semble (et il y a de la documentation à ce sujet que je n'ai pas lue, car je suis une feignasse) que certaines classes populaires peuvent ne pas se faire de « curry végé » mais, à la place, des steaks surgelés car iels ont du mal à gérer leur argent car iels ont peur de manquer d'argent, et donc iels dépensent leur argent dans des produits ultra-transformés et iels ont donc du mal à gérer leur argent (c'est un cercle vicieux), et donc iels se dirigent vers l'alimentation la plus instantanément satisfaisante, facile à préparer, etc. (les TCA suivent une logique similaire, on dit ce qu'on veut mais voir son entourage se réserver certaines formes d'alimentation, ça n'aide pas).
C'est aussi un problème avec les récènes, des adolescent·es victimes de maltraitance scolaire (on pourrait parler de « harcèlement scolaire » mais je refuse d'évacuer l'administration du pays, et notamment le budget de l'Éducation nationale, et de réduire ce problème à des élèves qui, eux-mêmes maltraité·es, font du mal à d'autres élèves) peuvent avoir un sentiment d'insuffisance existentielle, de responsabilité face à la maltraitance vécue, et peuvent donc entrer très facilement dans une nouvelle relation d'emprise avec les ayants-droit de ces formes de communication pathologique (au sens d'Émile Durkheim : qui n'ont pas de fonction sociale).
1/2